INTENSITÉ DES SONS
iiiuiliqiié par la même force tliminiie dans la même proportion.
Dans les colonnes ou tuyaux cylindriques, les tranches successives sont égales : l'intensité des sons devrait donc rester la même, quelle que fut la distance. Cependant les récentes expériences de M. Regnault prouvent qu'il y a en réalité une diminution d'intensité qui croît avec la distance et qui provient en grande ])artie de la réaction des parois du tuyau qui limitent la colonne d'air. Toutefois, à de courtes distances, l'affaiblissement du son est peu prononcé. M. Biot, dans les expériences qu'il fit pour déterminer la vitesse du son dans les corps solides, constata ce fait que le son transmis par l'air dans les tuyaux des aqueducs de Paris n'était pas sensiblement affaibli à une distance de près d'un kilomètre. « La voix la plus basse, dit M. Biot, était entendue à cette distance, de manière à distinguer parfaitement les paroles et à établir une conversation suivie. Je voulus déterminer le ton auquel la voix cessait d'être sensible, je ne pus y parvenir. Les mots dits aussi bas que quand on parle à l'oreille, étaient reçus et appréciés ; de sorte que, pour ne pas s'entendre, il n'y aurait eu absolument qu'un moyen, celui de ne pas parler du tout. » Disons en passant que, pour faire avec succès des expériences de ce genre, il faut choisir les instants de la nuit les plus calmes, ainsi que M. Biot le recommandait lui-même, ])ar exemple entre une heure et deux heures du matin. « Dans le jour, mille bruits confus agitent l'air extérieur, font résoimer les tuyaux, et empêchent de distinguer, ou même détruisent les faibles ébranlements produits par une voix basse à l'extrémité de la colonne d'air. Aussi, dans ces circonstances, les bruits les plus forts ne sont quelquefois pas entendus. »
Cette propriété des canaux cylindriques explique certains effets d'acoustique offerts par les salles ou les voûtes de divers monuments. Les arêtes des voûtes ou des murs forment des rigoles où le son se propage avec une grande facilité et sans perdre de son intensité première. On voit à Paris deux salles de ce genre : l'une de forme carrée et voûtée, située au Conser-
vatoire des arls et métiers ; l'autre, de forme hexagonale, à l'Observatoire de Paris. Dans l'une et l'autre, les angles, en se rejoignant par la Yoûte, déterminent des sortes de rigoles éminemment propres à conduire le son sans l'affaiblir. Aussi deux personnes peuvent causer à voix basse, d'un angle à l'autre,
Fig. 294. — (Inille dclln Favcllii, m Oirillr de Dcnys.
sans que les auditeurs placés entre eux saisissent rien de leur conversation. Dans l'église vSaint-Paul de Londres, le dôme présente une disposition analogue; on cite encore la galerie de Gloccsler, l'église catliéth-alc de Gii'genti en Sicile et la fameuse grotte de Syracuse, coniuie aujourd'hui sous le nom de Grotta délia Favella , et dans l'antiquité sous cehn irOrcille de Dcnijs.