FLAMMES SONORES OU CHANTANTES
ronflement sonore qui prend à un certain degré le caractère d'un son musical .
« Si l'on passe rapidement dans l'air, dit Tyndall, une bougie brûlant tranquillement, on obtient une bande de lumière dentelée, tandis qu'un son presque musical, entendu en même temps, annonce le caractère rbythmique du mouvement. Si d'un autre côté on souffle sur la flamme d'une bougie sans l'éteindre, le bruit produit par son agitation indique aussi une agitation rbythmique. »
Tout cela était connu; mais les sons qui accompagnent les flammes n'ont commencé à être étudiés scientifiquement que depuis l'expérience à laquelle on a donné le nom dliarmonica diimique : c'est la production d'un son musical par le dégagement d'un jet d'hydrogène enflammé qu'on recouvre d'un tube d'une certaine longueiu^ (fig. 524). D'après Tyndall, c'est au docteur Higgins qu'est due la première observation, en 1777, de ce singulier phénomène. Depuis, Chladni, de la Rive, Faraday, Whcatstone, Rijke, Sondhaus, Kundt, et enfin Schaffgotsch et Tyndall , ont fait sur ce sujet des recherches dont nous allons donner un résumé sommaire.
Prenons d'abord l'expérience fondamentale, celle qui consiste à introduire une flamme à l'intérieur d'un tube de verre long et large, par exemple, de façon qu'on puisse voir les mouvements subis par le jet gazeux. Aussitôt que la flamme, jusqu'alors calme, immobile, a pénétré à l'intérieur du tube, on la voit diminuer de longueur, puis reprendre sa dimension première, se rétrécir de nouveau, et ces mouvements d'oscillation deviennent de plus en plus rapides. Tout à coup, un son continu, d'une intensité soutenue, d'un caractère nettement musical, se fait entendre'. Alors la flamme semble être redevenue aussi tranquille qu'avant son introduction dans le tube.
1. Avec l'appareil de Rijke (fig. 525), on obtient dans nn tube de verre un son dont l'origine a une certaine analogie avec celle du son d'une flamme rbantanfe. Ce son se produit quand on a porté au rouge une sorte de fin treillis métallique fixé dans le tube au tiers de sa hauteur, et qu'on a retiré la flamme d'alcool à l'aide de laquelle l'élévation de température a été produite. Quand le treillis se refroidit, le son s'éteint.
On dirait qu'après avoir, par ses vibrations propres, donné naissance aux vibrations de la colonne d'air, elle a cessé ellemême son mouvement. Mais il n'en est rien ; en réalité, elle vibre toujours : seulement la rapidité de ses oscillations est telle, que l'œil ne perçoit qu'une sensation continue. On prouve aisément qu'il en est ainsi. Le moyen le plus simple est de regarder la flamme, soit à l'œil nu, soit avec une lorgnette, en donnant à la tête un mouvement de va-et-vient horizontal. On peut aussi examiner l'image de la flamme à l'aide d'un miroir tournant (selon la méthode de Wheatstone). Dans les deux cas, si la
Fig. 524. — Flamme Fig. 52Ô. — Ai>pareil
chantante. de Hijke.
flamme était immobile et conservait une longueur constante, l'œil aurait la sensation d'une bande lumineuse continue, de même hauteur que la flamme; c'est ainsi qu'elle apparaît dans lui air tranquille. 11 n'en est pas de même lorsque le son retentit dans le tube ; alors on voit une série de flammes séparées par des intervalles obscurs, puis, dans ces intervalles mêmes, des flammes plus petites et plus pâles. « Chaque image, dit Tyndall, se compose d'une pointe jaune portée par une base du bleu le plus riche. » Il est donc évident que les vibrations du gaz se manifestent par une série d'extinctions et de ravivements de la flamme, ou du nioins, si l'extinction n'est pas