VIBRATIONS DES VERGES ET DES PLAQUES
premier est plus grave que le secoud : les vibrations sont, dans celui-ci, deux fois plus nombreuses.
Si l'on fait vibrer des verges de longueurs différentes, de même section et de même substance, fixées de la même manière, rexpérience montre que les sons sont d'autant plus aigus que les tiges sont plus courtes. Les nombres de vibrations de ces sons varient en proportion inverse des longueurs. Les vibrations des verges sont donc soumises aux mêmes lois que celles des tuyaux sonores, et l'on trouve que, si les verges libres aux deux bouts sont assimilables aux tuyaux ouverts, les verges fixées par un bout correspondent aux tuyaux fermés. Comme un tuyau, une même verge fait entendre, outre le son
Fig. Ô40. — Vil)rations longitudinales des verges.
grave fondamental, des sons harmoniques dont les séries ascendantes suivent aussi les mêmes lois que les sons des tuyaux ouverts et fermés.
Les phénomènes qui résultent des vibrations sonores dans les corps de formes variées seraient inépuisables. Bornons-nous encore à signaler ceux qui se produisent dans les plaques et dans les membranes.
Si l'on découpe clans des feuilles minces de bois ou de métal bien homogène des plaques carrées, circulaires ou polygonales, puis qu'on les fixe solidement à un pied par leur centre de figure, on parvient à faire rendre à ces plaques des sons extrêmement variés, en frottant leurs bords avec un archet, et en appuyant un ou deux doigts sur tels ou tels points de leur contour (lig. 542). (^liladni et Savart, dont les noms se retrouvent
dans toutes les recherches modernes qui ont eu le son pour objet, ont multiplié les expériences sur les plaques de formes, d'épaisseurs et de surfaces diverses. Le phénomène sur lequel ils ont le plus appelé l'attention, c'est le partage de la surface des plaques en parties vibrantes et en parties immobiles. Ces dei-
Fif^. 5il. — Chladni.
nièrcs, n'étant autre chose qu'une série continue de nœuds, ont été nommées pour cela lignes nodales.
Pour reconnaître et étudier les positions et les formes de ces lignes, ces deux savants saupoudraient la surface de sable sec et fin. Aussitôt que la plaque entre en vibration, les particules de sable se mettent en mouvement. Elles fuient toutes les parties vibrantes, et se réfugient tout le long des lignes nodales, en dessinant de la sorte tous leurs contours.