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LOIS DES VITESSES ET DES ESPACTS

Le mouvement accéléré, ou de progression, des corps qui tombent, a dû être i-econnu de tout temps à la simple observation. Avec une hauteur de chute un peu grande et des corps un peu lourds, l'œil peut suffire à constater l'accroissement de vitesse, qui se manifeste d'ailleurs aussi par la violence du choc, violence d'autant plus grande que ces corps tombent de plus haut. En effet, l'intensité du choc de deux corps de même masse serait la même pour toute hauteur de chute, si la vitesse restait constante.

On trouve, dans Aristote, une mention formelle de cette accélération : « De même, dit-il, que le corps entraîné plus bas qu'un autre par sa vitesse acquiert de la vitesse par son propre poids ; » et ailleurs : « La terre (élément) est animée d'un mouvement d'autant plus rapide, qu'elle se rapproche davantage du centre » (De Cœlo, I, viii, 15.)

Mais suivant quelle loi la vitesse s'accroît-elle? Voilà ce que les Anciens ignoraient et ne pouvaient connaître, n'ayant fait aucune expérience, pris aucune mesure précise. Aristote laisse entendre que la vitesse dépend des masses, comme l'indiquent les mots cités plus haut, « acquiert de la vitesse par son propre poids. » Avant Galilée, on enseignait dans les écoles, au nom des doctrines péripatéticiennes, que « la vitesse des corps qui

tombent librement est proportionnelle à l'espace parcouru » Par exemple, la vitesse de chute, quand le corps a parcouru 20 pieds, serait 20 fois aussi grande que celle acquise après le premier pied parcouru, double de celle qu'il avait après avoir parcouru 10 pieds, etc. C'était une pure hypothèse, non vériliée bien entendu. Du temps de Galilée, qui la combattait, cette jué-

Fi;;. 7)7>. — Galilée.

tendue loi était communément appelée loi de Baliani, du nom de son défenseur le plus autorisé. (V. Hoefer, Histoire de la physique.)

C'est encore Galilée qui découvrit la loi véritable. 11 est intéressant de savoir comment il y est parvenu. Nous avons dit par quelles expériences il s'assura d'abord que les inégalités de chute des corps sont dues à la résistance de l'air, non aux différences

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