LA PESANTEUR DANS LES LIQUIDES
jetée d'une certaine hauteur tombe sur le sol sous une forme pulvérulente, due, comme nous l'avons déjà dit, à la résistance de l'air. Du reste, il y a une grande différence, sous ce rapport, entre les divers liquides. Les uns sont visqueux, et leurs molécules ne se déplacent qu'avec lenteur, mettant un certain temps à prendre la forme des vases qui les renferment : telles sont les résines, tel est le soufre à certaines tempéi-atures. Les corps mous forment ainsi comme une transition entre les solides et les liquides'. D'autres corps, les étliers, les alcools, possèdent un très haut degré de liquidité, et même passent avec la plus grande facilité à l'état de vapeur. Enfin, il en est un certain
Fig. 50. — Forme sphérique Fig. 51. — Cohésion dos molécules : gouttelettes
des gouttes do rosée. de mercure.
nombre, comme l'eau, dont le degré de liquidité est moyen entre ces deux extrêmes. Nous verrons plus loin que la chaleur ou la pression ont sur ces divers états une influence très importante. Quoi qu'il en soit de ces différences, les phénomènes que nous allons passer en revue se manifestent dans tous les corps liquides , à des degrés qni varient avec leur liquidité plus ou moins parfaite.
\. La cohésion des molécules qui forment les corps solides peut être vaincue par une pression suffisante. Des expériences d'un grand intérêt, dues ii M. Tresca, ont mis en évidence ce fait, en apparence paradoxal, que les solides les plus durs, les plus denses, peuvent, sans changer d'état, s'écouler à la manière des liquides, quand on l ^s soiunet à de très fortes pressions.