LE PENDULE RÉGULATEUR DBS HORLOGES
On sait que, dans les instruments d'horlogerie, le moteur , est tantôt un poids qui, en descendant sous l'influence de la pesanteur, déroule la corde par laquelle il est suspendu, et fait ainsi tourner l'axe d'une roue dentée d'une manière continue ; tantôt c'est un ressort d'acier qui se détend peu à peu et dont un mécanisme spécial rend l'action à peu près Uniforme ; en se détendant, ce ressort fait également mouvoir d'une manière continue la roue dentée qui transmet son mouvement à tous les autres rouages de l'instrument.
Dans un cas comme dans l'autre, la difficulté était d'établir un mouvement parfaitement régulier et uniforme, malgré toutes les causes d'altération et les résistances variables offertes par le jeu d'un nombre de pièces assez grand.
On y est parvenu de diverses manières, en transformant le mouvement continu imprimé aux rouages par le moteur en un mouvement oscillatoire ou périodique, à l'aide du régulateur. Le plus simple, et en même temps le plus précis des régulateurs des horloges, est le pendule. Voici comment Huygens en a conçu et réalisé l'application.
R est une roue dentée, à dents obliques (fig. 169), à laquelle le poids moteur M de l'horloge communique le mouvement, qu'elle transmet ensuite au système de pignons et de roues dentées constituant le mécanisme particulier de l'instrument. Dans la figure , nous avons supprimé, pour plus de simplicité, les rouages intermédiaires.
PP' est le pendule ou régulateur du mouvement. Ses oscillations se transmettent par l'intermédiaire de la fourchette ou pièce mobile F et de l'arbre ED à la pièce ABC, à laquelle sa forme a fait donner le nom d'ancre. ABC oscille donc de la même manière que le pendule luimême. Et comme ses deux extrémités A, C, se recourbent de façon à venir s'engager entre les dents de la roue R, pendant que l'une des dents s'appuie sur la face supérieure
d'une des extrémités de l'ancre, le mouvement de la roue est suspendu. A chaque oscillation de l'ancre, une dent de la roue ainsi arrêtée se dégage et le mouYement reprend son cours ; de sorte que ce mouvement , qui serait continu s'il était dû à la seule action du poids moteur, est devenu périodique, la durée de chaque période étant celle d'une des oscillations du pendule. Comme ces oscillations sont isochrones, il en est de même du mouvement de la roue dentée et de celui de tous les autres rouages. Mais la disposition des pièces A et C est telle (fig. 170 et 172), qu'à chaque pé-
Fig. 169. — Mécanisme du pendule Fig. 170. — Échappement à ancre, régulateur.
riode la dent de la roue, qui presse sur l'une d'elles pour s'échapper, communique de son mouvement à l'ancre, puis au pendule, dont les amplitudes restent ainsi constantes, et dont les oscillations ne s'arrêteraient que si le moteur, poids ou ressort, venait à cesser d'agir.
Quant à la durée des oscillations du pendule, elle dépend, comme on sait, de sa longueur, et cette longueur se détermine , dans chaque horloge, d'après la liaison qui existe entre l'aiguille des minutes et la roue de rencontre, nommée aussi roue à rochet ou 7'oue d'échajjpement.