DIPTÈRES
nous permet ainsi de présumer qu’à cette époque ces animaux existaient déjà.
Les Tipulides ne manquaient pas non plus : nous en avons reçu deux espèces d’Oeningen et une du Locle (fig. 320).
Les Bibionites étaient une des familles les plus nombreuses, et donnèrent la plus grande partie des Diptères tertiaires. Les 28 espèces d’Oeningen proviennent de cinq genres dont trois : Bibiopsis, Protomyia et Myidium, sont éteints. Le Protomyia speciosa Hr., représenté par la fig. 312, appartient à un des genres les plus remarquables d’Oeningen; il fournit 9 espèces dont 3 ont été également trouvées en Croatie ; nous voyons par là que l’aire tertiaire de ces Insectes était très-considérable.
Les Bibio étaient encore plus communs: Oeningen en donne 16 espèces; les uns sont noirs, les autres de couleur claire et tachetés de points plus foncés. Leurs larves ont probablement vécu dans le bois pourri et dans l’humus des forêts riches en matières organiques. Ce sont des Mouches d’une taille considérable qui se distinguent par leurs ailes larges, par leurs antennes courtes mais de 8 à 12 articles, et par la grosseur des pattes antérieures. — Quelques espèces rappellent des formes de l’Europe et de l’Amérique du Nord : par exemple le B. mœstus Hr. rappelle le B. I’omonæ L. ; d’autres appartiennent, paralt-il, à des types éteints, ainsi le B. elongatus Hr. (fig. 311).
Tandis que le genre Bibio possède une grande area et se trouve représenté dans la faune actuelle par 18 espèces européennes et 1 1 américaines, le genre Plecia est restreint à l’Amérique du Sud et au Cap. Ce dernier nous fournit à Oeningen une fort belle espèce, le PI. hilaris Hr. (fig. 313), avec le corps d’un brun clair.
Ainsi que nous l’avons fait observer plus haut, les Brachycères sont peu nombreux dans notre faune. Ils forment cependant quatre groupes et cinq familles, mais toutes avec peu d’espèces.
Les Xilopliages nous en donnent deux, mais incertaines; les Alsiliens, trois, dont deux du genre Asilus ; ce sont des Mouches qui guettent les
LA FAUNE MOLLASSIQUE.
autres Insectes à la manière des Chats, leur sautent dessus en les entourant de leurs pattes velues, et les transpercent avec leur suçoir.
Les Tabanides nous sont parvenues avec une espèce: l’Hexatoma? œningensis Hr. (fig. 321). Quant aux Svrphides, elles fournissent deux espèces qui, de même que les espèces vivantes, se reconnaissent à leur abdomen élégamment ruhanné (fig. 314 et 315).
Les Mouches proprement dites nous donnent: l’Echinomiya antiqua Hr. dont la larve a probablement vécu (comme l’E. echinata Meig.) en parasite dans les chenilles de Lépidoptères, puis une petite Anthomya et quelques espèces à ailes tachetées voisines des Psiles. La figure 323 reproduit une larve ayant probablement appartenu à un Diptère extraordinairement gros ; elle est dépourvue de pieds et a une très-petite tête, trois anneaux thoraciques et neuf abdominaux bien distincts qui portent du côté supérieur de fines stries ondulées.