ALII'ACHA
Laisse-moi t'embrasser avant de mourir. Pardonne <à ton père si, en mourant, il t'entraîne dans sa mort : c'est le seul moyen de sauver ton honneur.
MEIRIMA.
Oh! ne ni"embrasse pas! Maudis-moi : perce-moi de ton yatagan.
Li: DiiA.Mr. MoiiF.it.Ni: i;\ skiihik. 160
JIVAN cvtrc^ II' sitbrc à la main.
(Jù esl-elle?
AI.II'ACII \.
Jivaii! toi vivant... parini les heydouks?
JIVAN.
T(»i ici !
AI.ll'ACIIA
Prêt à mourir plutôt ([uc «le te laisser arriver jus(|u'à elle.
MEIRIMA.
.livan. je te prie pour mon père; je confie sa vie ù la générosité.
JIVAN.
Vieillarii, tu avais ordonné île me mettre à mort. J'aurais le droit de ne pas épargner ta vie; mais, puisqu'elle me prie pour toi, tu es aussi en sûreté sous celte tente que sous le toit de la maison.
AI.IPACIIA.
.Je ne demande pas la vie. Je veu.x mourir ici en défendant l'honneur de ma tille.
MEIRIMA.
Ne vous querellez pas à mon sujet. Je vais mourir.... je me suis empoisonnée.
En vain l'ainaiit et le père éperdus appidlnil du secours, il est trop lard : Meirima meurt en pardonnant à Jivan et en le priant de laisser la vie à Alipai lia. Jivan \riil se tuer, mais son père le retient et lui ordonne de vivre pour sa patrie. Arainliaelia vient d'arriver avec ses vaillants compagnons. Alipaclia, désespéré de la mort de sa fille et des revers des .Mu--u!nians. se perce de son poignard, et le drame se termine aux cris de Vive la Serbie une et libre! C'est l'impression suprême qu'cm- }>iirle le spectateur. Derrière Jivan et Meirima il est un personnage toujours présent et qui est le véritable héros du drame : la i)atrie aujourd'hui opprimée, demain peut-être triomphante.