CLIMATS ARTIFICIELS
Les tiges étaient devenues rampantes et étalées sur le sol ou plus petites et plus grosses, les entrenœuds rapprochés, les feuilles beaucoup moins grandes et plus épaisses (lig. 221, A), souvent avec l’apparition de cette substance rouge qu’on observe chez les végétaux dans les hautes montagnes; les fleurs étaient relativement plus grandes et plus colorées. En outre, ces exemplaires offraient les particularités anatomiques des plantes
Fig. 221 et 222. — A. Germandrée cultivée alternativement dan. l’étuve à glace pendant, la nuit, et dehors, en plein soleil, pendant le jou. (d’après Gaston Bonnier). — B. Germandrée cultivée dans les conditions naturelles du climat parisien (d’après Gaston Bonnier).
alpines, et l’assimilation chlorophyllienne y était exaltée par rapport à celle des échantillons témoins qui avaient été laissés dans les conditions naturelles du climat de la région parisienne.
Les figures 221 et 222 représentent, par exemple, deux pieds comparables de Germandrée. Le pre-
MODIFICATIONS PAH LE CLIMAT
mier (fig. 221, A) était soumis aux alternances de température ; le second (fig. 221, B) était placé dans des conditions naturelles. C’est donc bien l’alternance diurne des températures qui provoque surtout les caractères alpins.
En ce qui concerne les plantes arctiques, je citerai les expériences suivantes par lesquelles j’ai fait croître des espèces alpines dans des conditions artificielles se rapprochant, autant que possible, de celles que présente le climat des terres glaciales boréales.
Plusieurs espèces alpines, telles que le Saxifrage à feuilles opposées ( Saxifraga opposilifolia)
Fig. 223. — Coupe transversale d’une feuille de Saxifrage à feuilles opposées, recueillie dans les Alpes françaises (vue au microscope) [d'après Gaston Bonnier],
(fig. 216, 217, 223 et 224) ou le Silène à tiges courtes ( Silene acaulis) [fig. 214 et 215], ont été prises dans » la région alpine alors qu’elles étaient encore sous la neige. Ces plantes mises en pots furent installées à Paris au Pavillon d’Electricité qui se trouve dans le sous-sol des Halles Centrales. Là, ces végétaux ont été exposés jour et nuit à la lumière électrique continue. Les rayons ultra-violets de cette lumière avaient été supprimés par le passage des radiations au travers de lames de verre; la lumière reçue