APPARITION DE LA VIE SUR LA TERRE
Rudge a trouvé d’abord que moins le radium projeté dans la gélatine est pur, plus il se produit de radiobes. Bien plus, s’il n’y a plus que les impuretés du radium, sans radium mais avec baryum, les radiobes se forment en quantité. C’est donc le baryum et non le radium qui les produirait.
D'autre part, si l’on projette un sel soluble de baryum dans de la gélatine exempte de sulfate en solution dans de l’eau distillée, il ne se forme plus de radiobes. Si on metde l’eau ordinaire (contenant toujours des sulfates), les radiobes se produisent; si l’eau est distillée, mais que la gélatine contienne des sulfates il se fait des radiobes.
En dernière analyse, ces radiobes, ces soidisant microbes obtenus par génération spontanée sont tout simplement les éléments d’un précipité de sulfate de baryte, sulfate insoluble qui se produit, comme on sait, parla réaction chimique entre le sel soluble de baryum et l’acide sulfurique.
Les éobes de Raphaël Dubois , réétudiés par lui, sont allés rejoindre dans le tombeau les radiobes de Burke et les plantes artificielles de Leduc.
Ce dernier dit que la célèbre expérience de Pasteur sur les microbes ne pouvant se développer sur du foin stérilisé ne prouve rien contre la génération spontanée.
Il n’y a pas une expérience de Pasteur, il y en a un nombre énorme, et toutes les cultures pures faites par les procédés Pasteur sont autant de fois cette expérience reproduite sous toutes les formes avec tous les milieux de culture et avec tous les êtres possibles. Il y a donc maintenant des milliers d’expériences de toutes sortes, prouvant chaque fois la non-existence actuelle de la génération spontanée. Et il n’y a pas d’autre moyen de prou-
LA GÉNÉRATION SPONTANÉE
ver un fait négatif. On pourra toujours soutenir que dans une dix-millionième expérience réalisée dans d’autres conditions, les êtres se développent spontanément dans un milieu privé de germes. En attendant, on est bien obligé d’admettre que ce phénomène n’est pas connu.
Si la génération spontanée existait dans les conditions connues des organismes et des cultures, ce ne serait vraiment pas la peine que les biologistes et les médecins prissent tant de précautions pour établir des cultures privées de germe, et il serait bien inutile aux chirurgiens de faire emploi des aseptiques qui permettent si facilement aujourd’hui les opérations.
Pour les hétérogénistes, la nécessité de la génération spontanée à la surface du globe semble pouvoir être démontrée par a -f- b.
Le raisonnement semble bien simple. Le voici : A un moment donné, la Terre était un liquide en fusion, aucun être vivant ne pouvait s’y trouver. Il s’y trouve aujourd’hui des êtres vivants; donc, ces derniers ont été formés par génération spontanée sur le globe aux dépens de la matière brute.
On n’a donc pas le droit de supposer à la vie une origine plus lointaine? On dira encore que c’est reculer le problème?
Supposons qu’au lieu de chercher l’origine des êtres vivants on cherche l’origine de la matière qui compose le globe terrestre; alors, si l’on prétend que cette matière vient d'autre part, d’une nébuleuse qui, en se condensant, a donné naissance au système solaire et en particulier à la Terre, on recule le problème au lieu de le résoudre! Pour le résoudre rationnellement, il faudrait donc admettre