‹ Le monde vu par les artistesChapitre 10 sur 59 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

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Iles de la Polynésie. — NouTClle-ZélaDde. — Les petiles lies.

les de la Polynésie. —On désigne, sous le nom de Polynésie, les lies très nombreuses, et formant plusieurs archipels, qui occupent l'océan Pacifique entre l'Australie et l'Amérique. La race qui peuple ces lies paraît originaire d'Asie : elle n'est pas inintelligente, et montre même un certain goût dans la construction de ses pirogues et de ses armes.

Le vice-amiral Jurien de la GraTière dit, en parlant des Polynésiens : « Leurs grands esquifs volent réellement sur l'eau ; ils s'y balancent avec une sûreté, une aisance, que n'ont jamais connues les vaisseaux de l'antiquité... Frappée obliquement, leur voile conserve son action et perd à peine quelque chose de sa puissance. » Ces pirogues sont d'une forme gracieuse et quelquefois décorées de sculptures qui ne manquent pas d'élégance. La population des îles de la Polynésie décroit chaque jour et menace même de disparaître tout à fait dans une période peu éloignée. La Polynésie occupe une immense étendue de mer ; mais, à l'exception de la Nouvelle-Zélande, elle ne se compose guère que d'ilôts très nombreux et réunis en archipels.

NouTeUe-Zélande. — La Nouvelle-Zélande est aujourd'hui une colonie anglaise déjà florissante et appelée à un grand avenir. Elle a pour sa capitale Auckland {70,000 bah.). Les villes principales sont Olago (98,000 hab.) et Wellington {35,000 bah.). Les naturels du pays, qui ont combattu les Anglais avec une vigueur extrême, sont réduits

aujourd'hui à ua nombre infime. Nos collections ethnographiques du Louvre et du Musée d'artillerie renferment quelques échantillons de leur industrie. Les talismans en jade (fig. 129) qu'ils portent suspendus à leur cou rappellent les petits objets du même genre fabriqués en Cochinchine. Le musée renferme aussi quelques instruments de musique, entre autres une flûte qui se termine à une extrémité par une tête d'oiseau (fig. 130-131). Les cabanes des Nouveaux-Zélandais, ainsi que

Fig. n9. — Talisman. Fig. 130. — Flûte. Fig. VM. — Fragment do la flûte.

leurs pirogues, accusent un certain goût décoratif qu'on trouve rarement chez les sauvages. Celles des chefs sont pourvues d'un toit qui fait une saillie assez prononcée, et qui est quelquefois enrichi d'ornements délicats. Les colons de la Nouvelle-Zélande refoulent peu à peu les naturels qui restent, et avant peu d'années le pays ne sera plus habité que par des hommes de race européenne.

Les petites lies. — Nous désignons sous ce titre tous les petits groupes d'Iles polynésiennes répandues sur l'océan Pacifique et qu'il ne nous est pas possible d'examiner en détail. Les Français ont plusieurs établissements dans ces Iles : le plus important est Papéiti^ dans Tile d'Otahiti, qui fait partie de l'archipel de la Société. Les lies de Taïti, dont les habitants sont de haute taille, bien découplés et très peu colorés, aujourd'hui chrétiens, autrefois adorateurs du dieu Faroa, né dans une coquille et créateur de la grande terre, le pays des Taïtiens; les lies Tonga, dont les habitants, très industrieux, sont de race malaise ; les iles Samoa ; les iles Marquises, dont les naturels ont un tatouage des plus compliqués ; sont toutes volcaniques, pourvues de vallées fertiles et entourées de ceintures de coraux.

Les iles Sandwich forment un des deux grands groupes de la Polynésie. Toutes sont plus ou moins volcaniques et présentent des silhouettes extrêmement pittoresques. Leur capitale est Honolulu, où réside le roi, qui gouverne assisté par un conseil composé de chefs. Le climat des

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Sandwich est sain, la terre très fertile. On a fait la remarque, lorsqu'on a découvert ces îles, que les gardes du roi, que l'on y trouva alors jouissant de toutes les prérogatives de la royauté et entouré de sa cour, avaient

Idoles dc9 Iles Sandwich.

descasquesrappelantparleur forme ceux des guerriers grecs. Le musée du Louvre possède un de ces casques. Des idoles (Gg. 132 et 133) nous permettent aussi de constater celte analogie. Encore à l'heure qu'il est, maintenant que les lies Sandwich ont été conquises à la civilisation, le roi de ce pays a toujours dans sa suite, en souvenir du passé, quatre héros

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Fig. iSt. — GJants de l'Ile de Plquei.

vêtus du casque et du manteau traditionnels. Ce manteau est fait eatièrement de plumes comme le casque.

LaMicronésie reoferme l'archipel Bonin, les lies Mariannes, toutes volcaniques ; les Carolines, moitié volcaniques, moitié formées de récifs

madréporiques, enfin les Marshall et les Gilbert, purement madréporiques.

A l'extrémité orientale de l'archipel polynésien, on trouve la petite île de Pâques, complètement isolée au milieu des mers et éloignée

Fig. 135. — Géant do l'Ile de Pim

de quatre à cinq cents lieues de toute terre habitée. Cook le premier a signalé, dans cette île volcanique, des géants sculptés d'un caractère bizarre dont l'allure rappelle les antiques idoles de Chypre et de la Phénicie, mais qui ne peuvent se rattacher à aucune tradition MDnue (fig. 134 et 135).

D'après A. Pinart, ces statues auraient été taillées k même le rocher.

OGÉANIE.

et l'atelier où elles se confectionnaient serait le sommet d'un volcan dans lequel le savant voyageur en a tu quarante, dont quelques-uires étaient restées en cours d'exécution. La roche que l'on choisissait pour les tailler était située sur un plan incliné, de telle façon qu'on pût les faire glisser

Fig. 136. — Géant TU de taee.

Tig. 137. — Géant tu de doi.

jusqu'à l'emplacement qui leur était destiné. I^s figures 136 et 137 montrent la manière dont ces images étaient coupées par derrière, après que le visage avait été taillé dans le rocher.

L'une des statues qui ont été mesurées donne les dimensions suivantes: hauteur du front, 2 mètres, — longueur du nez, 3°',40; — longueur du nez aux lèvres, 0",75; — hauteur du menton, 2 mètres; — corps, 12 mètres. On a également trouvé dans l'île de Pâques des restes de constructions assez vastes, des chambres sépulcrales, et des planches de bois sur lesquelles sont gravés des signes hiéroglyphiques appartenant à une langue inconnue.

Ouels sont les auteurs de ces inscriptions, et surtout de ces bizarres et gigantesques images, dont on peut voir un modèle au musée anthropologique, depuis que l'une d'elles a été rapportée à Paris? L'île de Pâques contient à peine deux cents habitants, et son exiguité, aussi bien que la stérilité de son sol, empêchent de croire qu'elle ait jamais pu être bien peuplée. Ses habitants sont des sauvages, incapables d'avoir taillé ces statues dans les montagnes, et qui n'ont d'ailleurs aucun souvenir du temps où elles ont pu être faites. Le problème des géants de l'Ile de Pâques est extrêmement curieux, non seulement pour l'histoire de l'art, mais encore pour les études sur les migrations des races.

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