‹ Le monde vu par les artistesChapitre 12 sur 59 · AMÉRIQUE DD NORD · texte numérisé non relu

AMÉRIQUE DD NORD

La baie d'Hudson pénètre profondément dans les terres du côté de l'océan Atlantique et forme Timmense presqu'île du Labrador, dont le sol est stérile et à peu près inhabité. A l'extrémité méridionale du Labrador est File de Terre-Neuve, arec le grand banc où se rendent les pêcheurs de morues. Les Français ont près de là les petites iles de Saint-Pierre et Miquelon, seul reste de nos anciennes colonies dans ces parages et où sont établies nos pêcheries. La Nouvelle-Ecosse, province située au sud de l'embouchure du fleuve Saint-Laurent, présente pour nous un intérêt particulier, parce qu'elle est en grande partie peuplée par les familles des anciens colons français (fig. 139).

Québec , ancienne capitale du Canada français (60,000 hab.), présente au premier abord un aspect grandiose et imposant. Les rivages du fleuve Saint-Laurent, bordés de rochers escarpés, laissent voir, au milieu des restes d'anciennes forêts, de riches cultures et de jolies habitations. La ville haute est bâtie sur un cap élevé de 115 mètres, et la ville basse, beaucoup mieux construite, s'étend au pied de la montagne et le long de la rivière. Québec est une Tille très-forte, mais qui n'a pas de monuments intéressants.

Montréal (107,000 hab.), ville anglaise, est située sur la côte orientale d'une île formée par le fleuve, à sa jonction avec l'Ottawa. Cette ville possède quelques édifices, entre autres la grande église catholique, une des plus vastes du nouveau monde.

Ottawa (21,000 hab.), capitale de toute la confédération, est située sur la rivière du même nom. Le parlement, édifice très vaste et de construction récente, présente quelques parties remarquabfes. Mais ce que les touristes vont surtout voir à Ottawa, c'est la chute de la Chaudière, une des plus imposantes de l'Amérique, et dont la célébrité égale presque celle du Niagara.

On a pu voir, à l'Exposition de 1878, de nombreuses photographies représentant les différents aspects des villes du Canada, ainsi que les monuments qui les décorent. Les rues, qui sont généralement très larges et tirées à angle droit, sont garnies de belles boutiques et présentent au premier abord un aspect opulent et grandiose. Les monuments, souvent très vastes et quelquefois somptueux, manquent en général d'originalité. L'exposition canadienne du Champ-de-Mars a été 1res remarquée pour ses produits agricoles, mais le public français a été frappé de sa pauvreté sous le rapport des arts. Non seulement la peinture et la sculpture étaient pour ainsi dire absentes, mais les industries d'art n^étaient guère mieux représentées. L'instruction est très répandue au

Canada, mais elle est ud peu exclusive, et ou semble uégli^r par trop

les choses du goût. 11 en est ud peu de même dans toute l'Amérique;

mais ce n'est là qu'un état transitoire, et on aimerait voir poindre, chez la race active et intelligente des Canadiens, l'ambition ' d'être appelés un jour les Athéniens du nouveau monde.

La région qui s'étend par delà les grands lacs est celle où se déploie surtout la grande activité des défricbeurs. Tout est à faire dans ce pays, et il y a dans cet abatage de forêts un élément pittoresque dont nous n'avons aucune idée en Europe, et dont un artiste saurait assurément tirer parti.

La contrée qui s'étend à l'ouest contre les montagnes Rodieuses est encore couverte de tribus indiennes qui s'étendent également sur te sol de la Colombie anglaise du côté de l'océan Pacifique. Ces Indiens offrent cela de parUculier qu'on a trouvé cbez eux les éléments d'une

JV^ sculpture, très grossière il est vrai, mais dont les tribus

1 1 F j du Missouri n'offrent pas l'équivalent. Ce sont des séries i^j^eï-v - Je têtes superposées et toutes pourvues d'un nez d'une Fig. HO. — Idole dimension formidable, qui les fait ressembler à de vraies ^ ' caricatures. Il n'y a pourtant aucune intention comique chez les pauvres sculpteurs indiens qui ont taillé ces images colossales dans le bois, et qui paraissent avoir eu l'idée de rappeler par ce monument le souvenir de quelque événement qui a illustré leur tribu, ou d'honorer quelque divinité inconnue (fig. 140).

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