‹ Le mondecamelotte comedievaudeville en trois actesChapitre 8 sur 52 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

ADHÉMAR, SÉRAPHIN, entrant par la di oite.

séraphin , boitant et s'appuyant sur le bras d .1 dite mur. Atol oh! là là !... pas si vite , si ça vous est égal.

ADHEMAR. Appuy-z-vons sur moi... Consi-!

derez-moi comme uno béquille... Croyez-vous avoir quelque ch« se de cassé? ** bérapiun- Je ne pense pas... les articulations ' jouent.

ADiiÉMAR. Sorpejeu I mon très-cher! quel saut vous avez fait !... le saut du Niagara ne lui est pas comparable.

sk ha f h iv. Qui ça, Niagara? un de vos amis? ADIIEMAR. Ah ! ah! ah! très-joli!

sera ni in, riant aussi. Ho ! hc hé! (A part.) Je crois que j’ai dit une bôtiac. (Haut.) Je ne vous on veux pas, mon très-bon , mais vous êtes cause de ma culbulo.

adhémar. Moi ! comment ça?

séraphin. Je trottais tranquillement sur mon alezan moucheté, lorsque vous mo distancez avec votre jument pelure d’oignon ; il parait qu'en passant, elle aura fait do l’œil à mon cheval...

ADiiÉMAR. Vous croyez que Jenny Lind...

siituruiN. Elle s'appelle Jenny Lind ? Uigre! ça ne m'étonne plus... Bref ! Vas-y-gaiemcnl, t'Ysl le nom de mon cheval, provoqué par votre Jenny, s'élance sur ses traces, sans doute pour lui hennir quelques galanteries, lorsque la coquette lui cnvo.e une ruade en plein poitrail... Vas-y -gaiement s’effraie, se dérobé, et pairatai!... je tombe...

ADHÉMAR. Pile?

séraphin. Non, face... j’aurais préféré pile, mais on tombe comme on peut... Vous descendez courtoisement de cheval, vous opérez mon sauvetage, ot j'en suis quitte pour un peu de poussière.

ADHÉMAR. Enchanté do celte occasion qui me procure celle de votre connaissance.

sëiiapiiin. Si on m'avait laisse le clioii, j’en aurais mieux aine une autre; mais je n’on suis pas moins ravi., A qui ai-je l'honneur de parler ?

* Leduc, le caclier, lu garçon,

" Séraphin. A'ibémar.

* * Ailliémtr, Séraphin,

adhévar. Adhèmar, marquis de la Roche- Aiguë.., Voici nia carte. (H ta lui donne.)

séraphin, fui en offrant une autre. Voici la mienne.

ADiiKMAit, après avoir lu. Ah ! ah! ah! parfait !

séraphin. Quoi "donc?

adhémar, lisant la carte. Narcisse, coiffeur. séraphin, à part. Etourdi que jo suis!

(Haut, riant très-fort.) Ah! ah! ah! c’est trop drôle! ah ! ah! ahf je vous ai donné la carie do mon coiffeur. (Lui en donnant une autre.) Voici ma vraie carte... Séraphin Chardonneret, capitaliste. . j'ai des capitaux considérables engagés à la bourse... jo boursicote , je coulisse, je reporte.

adhémar. Aujourd'hui, la noblesse et In finance se donnent la main... Voici la mienne!... vous m'allez, snrpejcu !... vous tombez bien, j'aime ça (Il rit.) hc ! lie! ho !

adhénar. Vous ôtes seul à Saint-dcrni jîii ?

séraphin. Absolument seul! El vous?

adhémar. Moi >le mémo; et si vous te trouvez bon , mon bien bon , nous ferons uno société en participation pour exploiter celte • journée.

séraphin. De grand cœur, sous la raison sociale Adhémar, Séraphin cl compagnie... je vous avertis que j’apporte, pour mise de fonds, un appétit féroce.

adhémar. Tant mieux ! Ah! je bénis notre rencontre. J’ai quitte depuis peu mon manoir de Bretagne, cl je n'ai pas tout à lait l’expérience de la grand'vitlc, comme on dit... elle a des joyctiseics qui me sont oucoru incon • nues.

séraphin. Depuis longtemps elle n’a plus de mystères pour moi.

Nourri dans te tdrail, j’en connais ton» le» tours.

ADHÉMAR. Ah! ah! ahl adorable!... Eb bien! mon très-bon, consentez à m'initier à ces mystères... j’ai tout ce qu’il faut pour faire ligure à Paris... quelque esprit, un peu

do physique , et beaucoup de fortune

Soyez mn pelote de ficelle dans co labyrinthe. séraphin, fui donnant la main. Volontiers.

El pui.qur j» rmcoatrv on ami ai fidèle,

Ma fortune va prrndre uue face nouvelle.

Paroles de M. Racine.

adhémar. Oh! dites donc, vous me ferez voir l'individu qui t'a appelé polisson?

séraphin. C’est un de mes aiuis.

adhémar. Vrai?... nous avons de la littérature, à ce qu’il parati?

séraphin. Mais un peu, un tantinet !

adhémar. Bravo!... mais si vous l’avez pour agréable, nous allons, céans, nous mettre en quête de quelque line aventure... Où!

vous ne me connaissez pas ! ... j’ai un curnr de phosphore, Toyez-vous! et dès qu’une allumette... jo veux dire dès qu'une femme s’en approche... ça prend feu!

séraphin. Diavulo !

AtUlfMAB.

Air : C'est ce qui me désole.

Cnfin voua voyez, mon très-bon,

Un baril de poudre!

bErapuin.

*ré nom!

AoniMAR.

Le regard d’une belle,

Loilaiumo ma cervelle!

SÉRAPMIM.

Mai* il cal tout h Lit gentil,

AMÉMAR.

Pour faire ea rtrr te baril,

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