ME 70 RUE
Auparavant, on essayait de classer ces éléments dans les grands mononucléaires qui sont proches des lymphocytes — et les formes de transition, que l’on considérait comme des formes intermédiaires, dans les granulocytes. L’existence de cette forme intermédiaire est aujourc’hui absolument repoussée et ces deux expressions devraient disparaître complètement de la littérature médicale.
Le monocyte est la plus grande cellule du sang normal; il atteint des dimensions allant jusqu’à 20 #“. Son protoplasma est relativement important, teinté en grisbleuté caractéristique. Dans les bonnes préparations, on observe une fine granulation azurophile; la cellule a souvent un aspect poussiéreux. Dans les cas pathologiques ces granulations peuvent être difficiles à voir mais dans d’autres frottis les granulations sont plus rares et plus distinctes; de sorte que dans les cas normaux, la différenciation avec les granulations des lymphocytes est plus difficile. Le monocyte est la seule cellule du sang qui parfois, même dans les cas normaux ou dans les états pathologiques montre des vacuoles alors que dans toutes les autres cellules la vacuolisation est la traduction d'une altération plus profonde.
Le noyau n’est presque jamais rond; il peut avoir toutes les formes, depuis l’encoche légère jusqu’à la véritable segmentation.
Dans les cas les plus nets, on trouve une profonde encoche ou lobulation du noyau. Celui-ci est occupé par un réseau chromatinien lâche, qui montre parfois aux points d’intersection des épaissements. En vieillissant la structure chromatinienne devient plus grossière mais jamais autant que chez les polynucléaires et les lymphocytes. Une partie des monocytes donne à un faible degré une réaction des oxydases positive.
F. MAS Y MAGRO (Etude sur le Monocyte. Le Sang, 1936, n° 9.)
Chez l’homme et les mammifères le monocyte du sang normal est une cellule dont le diamètre atteint 16 à 24 “ environ. Le cytoplasma relativement abondant et faiblement basophile montre des structures, soit réticulaires lâches, soit granuleuses, quelquefois sous l’aspect de granulations discrètes en bleu pâle et pas très nom-
breuses.
Les granulations azurophiles s’offrent sous l’aspect de grains ou de poussières, quelquefois d’îilots oxyphiles. Chez l’homme normal la plupart des monocytes sont azurophiles, 92 % environ. Il s’agit souvent de granulations fines, parsemées çà et là sur la surface du cytoplasma, quelquefois tassées en bordure de la cellule ou, c’est plus rare, autour du noyau. A l’état pathologique, le monocyte du type humain peut montrer de nombreuses granulations azurophiles et quelquefois elles deviennent grosses ou hypertrophiques, fortement colorées en rouge pourpre foncé comme la granulation azurophile de Pappenheim ou, par contre, elles peuvent manquer.
Le noyau est rond ou ovale, souvent polymorphe (ansiforme, en U, etc.….). Il montre une structure filamenteuse caractéristique que l’on peut comparer à une toile d’araignée parsemée çà et là de petits blocs de chromatine, présentant des formes irrégulières, rondes ou triangulaires, qui offrent des dispositions intéressantes en ce qui concerne leur distribution sur la surface du noyau : en effet ceux qui se placent dans le contour nucléaire sont souvent triangulaires et laissent entre eux
des espaces pâles ou presque achromatiques, alors que
les blocs intérieurs souvent irréguliers et peu nombreux ne montrent aucune disposition spéciale, En outre, il ÿ a de nombreux filaments que l’on aperçoit plus ou moins, s'insérant sur ces blocs : c’est ce qui donne au noyau du monocyÿte l’aspect caractéristique en toile d’araignée. La structure filamenteuse nucléaire peut devenir presque inapparente et alors les blocs chromatiniens apparaissent sur un fond nucléaire à structure alvéolaire irrégulière. À l’état pathologique, et même dans les monocytoses expérimentales, les blocs de chromatine peuvent devenir plus nombreux et densés, prenant des formes rondes, alors que la structure filamenteuse du noyau a une tendance à s’effacer et même à disparaître ct alors on aperçoit entre eux une structure alvéolaire.
En ce qui concerne la réaction des peroxydases des monocytes, et même des granulocytes, nos expériences
nous autorisent à établir deux aspects : granuleux et diffus. d
A. TZANCK ET A. DREYFUSS (Hématologie du praticien, Paris 1938.)
MONOCYTES ADULTES
Le cytoplasma est franchement gris, couleur de poussière. On y distingue d'innombrables et fines granulations azurophiles à la limite de la visibilité et qui, fait important, sont d’autant plus nombreuses qu’on prolonge plus longtemps la coloration à l’azur de méthylène. Le noyau est maintenant un peu différent (de celui des monoblastes décrit plus haut). Il a toujours cet aspect de praline que nous lui avons décrit, mais la structure en est plus grossière, les mottes chromatiniennes plus denses. Surtout il perd cette forme arrondie que nous
ee
lui avons reconnue, il tend à s’incurver il devient réniforme, parfois plus irrégulièrement polylobé et dans certains cas, à vrai dire à la limite de la pathologie, il se divise en 2 ou 3 segments reliés par de minces tractus, tout comme le noyau d’un polynucléaire. On ne voit plus de nucléoles avec les colorations habituelles, Mais en utilisant les colorants vitaux on en distinguerait encore dans la majorité des cas. Un point intéressant est le fait que le cytoplasma du monocyte renferme presque constamment des granulations donnant la réaction des oxydases, même quand on ne peut mettre en évidence de granulations azurophiles. La réaction des peroxydases est habituellement positive aussi. Très souvent on note des vacuoles dans le cytoplasma monocytaire. Ces vacuoles contiennent assez fréquemment des substances graisseuses mises en évidence par le Soudan II. Dans quelques cas, on voit des inclusions soit formées de débris de globules rouges soit de pigments, comme dans l’anémie palustre, mais ce caractère n’est pas absolument spécial au monocyte, contrairement au premier.
STORTI (Diagnostica differenziale delle emopatie. 1939, Milano.)
Les monocytes sont les plus volumineux des globüles blancs et sont caractérisés par leur noyau généralement ovale, ou encore réniforme ou incurvé en fer à cheval, un réseau chromatinien très délicat, un protoplasma faiblement basophile. À l’intérieur de celui-ci on observe souvent de très fines granulations azurophiles. Avec les colorations vitales on met en évidence, habituellement en regard de l’incurvation nucléaire, des granulations en rosace, caractéristiques des monocytes.