‹ Le MonocyteChapitre 30 sur 62 · FORME · texte numérisé non relu

FORME

La polymorphie nucléaire du monocyte a retenu l’attention de la quasi-unanimité des auteurs.

En schématisant à l’extrême, on peut admettre deux variétés de noyaux : les uns qui sont à peu près réguliers, ronds ou ovales, et qu’il faut considérer comme appartenant au sang normal] ; les autres, qui n’ont plus aucune régularité et qui peuvent affecter les formes les plus diverses, les plus bizarres, et qui permirent à Erhlich d’individualiser une variété cellulaire propre : les «formes de transition >». On sait aujourd’hui que, leurs contours nucléaires mis à part, ces dernières ne diffèrent en rien des monocytes à contours réguliers et qu’il n’y a plus lieu de les individualiser. On trouve en effet tous les intermédiaires entre les deux formes, le noyau semblant perdre sa

régularité de façon très progressive. D’ailleurs, même

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lorsqu'il est rond, il est rare que les contours du noyau ne présentent pourtant quelques fines dentelures, soit en un point seulement, soit sur toute la périphérie ou qu’en un point ne saille une légère proéminence, une sorte de petit appendice. À partir de cette forme sphérique, régulière ou non, on observe des modifications, d’abord à peine sensibles et qui vont aller aux formes ovalaires et piriformes, plus fréquentes que les formes sphériques. Ce qu’on remarque souvent dans ces cas, ce sont de larges dépressions du contour nucléaire, des sortes d’enfoncement de surface qui peuvent occuper la moitié de la périphérie. Rappelons que ce sont ces seules formes à noyaux ronds ou ovales qu'Ehrlich appelait «grands mononucléaires ».

Ces dépressions sont le premier stade de la lobulation. Un degré de plus, en effet, et on a affaire à ces encoches nucléaires si caractéristiques du monocyte. Encoches qui peuvent être plus ou moins profondes et à partir desquelles le noyau va contracter des aspects d’abord réniformes, puis en U, en V ou en fer à cheval. Parfois, les deux branches vont se rejoindre et réaliser ces figures de « pains en couronne» dont parle P. Chevallier., Tous les intermédiaires sont d’ailleurs visibles, en particulier des formes en $S qui sont assez fréquentes. Parfois, des figures plus bizarres sont réalisées : formes en Y, des images de trident, etc. Parfois, le noyau prend un aspect allongé, rectangulaire ou boudiné qui peut être assez régulier. Ou bien, apparaît, sur chaque bord,

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une série d’encoches qui se font face et qui vont réaliser un aspect annelé ou crénelé. Dans d’autres cas, on observe des formes en sablier ou en bissac, dont les deux lobes sont le plus souvent inégaux, la partie intermédiaire étant elle-même plus ou moins épaisse et plus ou moins allongée., Elle s’étire parfois considérablement, se réduit à une mince branche et peut même arriver à disparaître complètement, réalisant alors ces aspects fragmentés, bi-nucléés. Naegeli admet qu’on ne rencontre jamais plus de deux lobes.

Enfin, dans toutes ces variétés, on note, presque toujours associée à cette polymorphie d'ensemble, une irrégularité des contours qui sont dentelés et où alternent de fins éperons et de fines incisures. Rappelons que c’est dans les sangs normaux qu’on rencontre les formes à noyaux arrondis ou ovales, mais il existe toujours, même dans ces cas, une certaine quaniité de formes à noyaux lobés et irréguliers — et vice-versa dans les sangs pathologiques. Zibordi, en 1925, a insisté sur la fréquence des monocytes à noyaux polymorphes, même dans les sangs absolument normaux, particulièrement chez l'enfant. On a, de plus, prétendu voir dans la lobulation du noyau un signe de maturation, de vieillissement de la cellule. Ce fait est nié par Di Guglielmo et s’il est admis en partie par Naegeli, cet auteur n’en fait pas un signe absolu et il préfère, pour déterminer l’âge du noyau, s'appuyer sur les caractères de la structure plus ou moins fine ou grossière du réseau chromati-

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