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des monocytes sont presque toujours plus petites et assez souvent d'aspect poussiéreux; elles sont généralement plus foncées, quelquefois noires. Elles sont, comme l'avait signalé Hittmair, plus nombreuses au niveau de la concavité du noyau, plus rares, parsemées çà et là dans le reste du cytoplasme, « isolées ou groupées en diplocoques » (Mas y Magro). D’après les statistiques de l’auteur, 15 % des monocytes auraient plusieurs granules; 25 %, 35 à 40 granules; 30 %, 8 à 24 granules; 30 %, 2 à 7 granules. Au total, 86 % des monocytes humains auraient une réaction des peroxydases à forme granuleuse positive; 93 %, une réaction diffuse positive. On voit donc que ces chiffres rejoignent ceux de Naegeli et que, malgré les réserves de W. Schultz et E. Krüger (1938), on peut faire des réactions oxydasiques et peroxydasiques un caractère propre et quasi constant des monocytes. Ce caractère permet dans bien des cas de les différencier nettement des autres cellules mononuclées du sang, des lymphocytes en particulier.
Un autre objet de controverse a été de savoir quel était le substratum des réactions oxydasiques et peroxydasiques et si les granulations monocytaires
en étaient ou non le support.
Rosenthal, en 1917, écrivait: « L'apparition de grains d’oxydases dans une cellule mononuclée est en rapport avec l’existence de granulations, sinon de granulations neutrophiles ou éosinophiles, du moins
de grains azurophiles. »
Par la suite, d’autres auteurs affirmaient que les réactions des oxydases se produisaient bien au niveau des granulations leucocytaires, mais ils envisageaient essentiellement les granulations des polynucléaires (Schultze et Winckler, Loele, Graham et Miss Maud Manten, N. Fiessinger).
Bétancès, toutefois, s'appuyant sur les travaux de Martinotti, prétendit ensuite que les granulations oxydasiques étaient indépendantes des granulations leucocytaires. Sapegnon partageait cette opinion et lappuyait sur trois arguments : 1° le nombre des deux espèces de granulations n’est pas le même ; 2° elles n’ont pas la même grosseur; 3° leur distribution n’est pas uniforme.
N. Fiessinger, avec P. Mathieu, a répondu à ces arguments de la façon suivante :
1° La réaction des oxydases n’est pas due à une teinture mais à une précipitation. Il se produit, comme avec les imprégnations argentiques, une altération morphologique des éléments, causes de cette précipitation. Leur épaisseur augmente nettement.
2° Cette précipitation se produit non seulement au niveau des granulations, mais aussi à leur voisinage. On le voit très nettement soit lorsque la réaction est prolongée, soit lorsqu'elle est faite entre lame et lamelle, en présence du réactif lui-même. Cette précipitation avoisinante semble donc augmenter le nombre des grains colorés.
Ces causes d’erreur dépendent uniquement des
détails techniques. Il faut que la réaction soit courte,
assez pour que les foyers d’oxydation s’entourent immédiatement de la réaction colorante, pas assez pour que cette réaction se produise à distance.
En 1932, Naegeli affirme que le principe même de la réaction des oxydases était la coloration des granulations leucocytaires (et monocytaires en particulier) et que la finesse de cette réaction chez le mono- cyte s’expliquait justement par la finesse de ses granulations. Et, de même qu’il existe un faible pourcentage de monocytes dépourvus de granulations, on observerait de même un pourcentage identique de monocytes à réaction des oxydases négative.’
Tzanck, toutefois, remarque que, même dans les cas où l’on ne peut mettrè en évidence de granulations dans le monocyte, « la réaction des peroxydases est habituellement positive »..
Pour Mas y Magro enfin, il ne fait aucun doute que ce sont bien les granulations monocytaires qui sont le support des réactions oxydasiques et peroxydasiques.
Rappelons encore que Sehrt et Goldman semblent avoir établi que la réaction des oxydases et celle des peroxydases ne seraient autre que la coloration des lipoïdes cytoplasmiques. Le fait, en tous cas, est admis par Naegeli.
D’autres auteurs ont cherché à établir la nature chimique de la peroxydase monocytaire. Shiba, Abe et Suzuki, au Japon, ont montré qu’il s'agissait d’une hydroperoxydase analogue à la peroxydase du lait et