ACTE I, SCÈNE XII
XA SOMNAMBUtE.
Ah! là lia!
Elle indique la fenêtre.
— Sur la place ! cet échafaud ! ce fer en haut qui brille au soleil ! . . . C'est pour le tuer ! ^. . il est fou ! et ils vont le tuer ! . . .
Tout le monde 8C précipite vers la fenêtre et pousse un cri d'horrcnr. SIMON , revenant de la fenêtre ^ a Bàlthazar.
Il' est yrai ! comment ! mais ce n*est pas possible 1 tout k rheure encore il n'y avait rien ! aucune éxecution ne peut avoir lieu sans votre autorisation ! . . .
BALTflAZAR.
Eh bien 1
SUMOV.
Il faut que vous en donniez Tordre !
BALTHAZAR
Il est donné.
si MOV.
Grand Dieu ! tout à Theure. .. ce papier ! c'était donc !...
La foule quiue la fenêtre et revient prëcipitammcrit sur Tavant-scène.
TOUS
Le voici ! le voici \
SIMON , daiia le plus {;raBd troubla.
Balthazar ! par votre enfant dont je suis le par-
rain! par votre mariage que j'ai fait ! par Léon-^ tine qui est là vous priant avec moi ! Léontine , dont j'ai été le tuteur !.. il me faut la vie de cet homme ! je la veux !
BALTHAZAR
Vous aussi, vous ajoutez foi à de pareilles fo*
lies 1
SIMON
Eh bien, oui j j'y crois 1 je le crois innocent... je suis sur de le guérir. . . de le sauver !.. un signe ! un mouchoir à cette fenêtre 1 et tout est arrêté. . . il en est temps encore !
LEONTINE.
Grâce, par pitié!
CLAUDET
Mon ami !
Tous , revenant du fond.
Grâce ! grâce 1 !
BALTHAZAR, entooré.
Non , je vous le répète : lorsque le jury a prononcé sur le sort d'un homme , que son arrêt est rendu, son pourvoi rejeté, il ny a plus pour lui de pitié dans le monde! il n'y a que Dieu et le bourreau !
La femme do condamné pouise an cri , arrache son enfant des bras de la somoa^mbolc et sort par le fond. On voit Balihazar, dont \e$ traits fi07jt raides et contractés, employer ses forces pour étouffer son émotion. Sa femme , en proie à un tremblement convulsff » appuie sa tête contre le sein de son mari j «on visage est tourné vers le public. — On entend un bruit lourd sur la place.