LES SYNDICATS PACIFISTES
O pleine lune de Juillet,
je t’avoue que toutes mes cellules
jouissent de tes rayons
frais, ingénus el couleur de bonheur
absolu.
Tous les parfums des fleurs, des fruits
et des foins tamisés par tes franges de lumière
se fondent avec mes sens qui soupirent :
« Fi de la guerre!... Laisse-nous dormir! Tendresse, harmonie, fusion, sommeil et mort!...
Ce sont, vois-tu, des cellules passéistes
fatiguées de la lutte et qui aspirent à mourir...
Cellules agonisantes qui tombez de sommeil
et de sournoise volupté,
voilà pour vous quelque chose de puant,
d’immonde, d’hostile et de nauséabond,
qui vous redressera! Allons! Courage!
Chacun à son poste, camarades!
Voyez-vous sous mes pieds, monter à gros bouillons, cette grasse fumée gluante qui va donner l’assaut à la lune fragile et souiller
ses mains diaphanes toutes gemmées de larmes pures?
Je me balance sur trois fabriques d’engrais azotés
iél
et de noir animal. Les voyez-vous?.,.
Je vous aime, fortes usines accroupies sur des leviers et des bascules invisibles, qui poussez toujours plus haut les grands ballots d'une fumée massive 1... Mais oui, crachez donc à pleine bouche contre cette lune têtue et maniaque, qui veut vous imposer ses travestis égyptiens! Ah! Ah!...
Ces vieilles peaux d’obélisques
dont elle a couvert vos cheminées... Pouah !
C’est bien aux pyramides que la lune vient d’arracher ces manteaux bleus, qu'elle drape sur vos monceaux de gadoue et d’ossements à l’odeur puissante, chaude et acharnée!. .. Tu veux les embellir de nostalgie poignante,