‹ Le monoplan du PapeChapitre 19 sur 40 · LES SYNDICATS PACIFISTES · texte numérisé non relu

LES SYNDICATS PACIFISTES

O pleine lune de Juillet,

je t’avoue que toutes mes cellules

jouissent de tes rayons

frais, ingénus el couleur de bonheur

absolu.

Tous les parfums des fleurs, des fruits

et des foins tamisés par tes franges de lumière

se fondent avec mes sens qui soupirent :

« Fi de la guerre!... Laisse-nous dormir! Tendresse, harmonie, fusion, sommeil et mort!...

Ce sont, vois-tu, des cellules passéistes

fatiguées de la lutte et qui aspirent à mourir...

Cellules agonisantes qui tombez de sommeil

et de sournoise volupté,

voilà pour vous quelque chose de puant,

d’immonde, d’hostile et de nauséabond,

qui vous redressera! Allons! Courage!

Chacun à son poste, camarades!

Voyez-vous sous mes pieds, monter à gros bouillons, cette grasse fumée gluante qui va donner l’assaut à la lune fragile et souiller

ses mains diaphanes toutes gemmées de larmes pures?

Je me balance sur trois fabriques d’engrais azotés

iél

et de noir animal. Les voyez-vous?.,.

Je vous aime, fortes usines accroupies sur des leviers et des bascules invisibles, qui poussez toujours plus haut les grands ballots d'une fumée massive 1... Mais oui, crachez donc à pleine bouche contre cette lune têtue et maniaque, qui veut vous imposer ses travestis égyptiens! Ah! Ah!...

Ces vieilles peaux d’obélisques

dont elle a couvert vos cheminées... Pouah !

C’est bien aux pyramides que la lune vient d’arracher ces manteaux bleus, qu'elle drape sur vos monceaux de gadoue et d’ossements à l’odeur puissante, chaude et acharnée!. .. Tu veux les embellir de nostalgie poignante,

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