Les voyageurs exigent des buvettes
Cessons donc une bonne fois de parler comme l'on marche et réfléchissons un peu!
Porrquoi avaler ces chameaux, nés et engraissés dans les buvettes et qui sentent le vieux Gin à dix arvents à là ronde ?
Ces “six” arguments en faveur des buvettes et tous les autres sont un fouilli de mensonges et d'âneries monumentales battant monnaie sur lignorance et les plus sots préjugés.
Enfin!!! vrai tant que vous voudrez que ce commerce jette 815.000,000 de piastres par année an Revenu Fédéral... quand rien que pour les procès engendrés parle “seul alcool”,ça coûte $821,000,000 de piastres par année à ce même Fédéral.
Donc tout de suite 86,000,000, de déficit pour le pays. Sans compter des millions pour mille autres misères, fruits naturels de la boisson: orphelinats, hôpitaux, asiles, prisons, pénitenciers, bagnes, polices, avocats, juges, médecins, etc etc.
Le Revenu Provincial reçoit près de $1,000.000 par année du commerce des iqueurs, c’est vrai, mais le Trésor provincial verse chaque année, rien qu’à l’asile de St-Jean de Dieu, tout près d’un quart de million.($#246,650.00). Et combien à l’immense asile de Beauport, et à celui de Verdun, et combien aux asiles protestants de langue anglaise ?.…
Et la buvette est la grande pourvoyeuse des asiles. Donc à cause de la boisson, le fameux million de revenu est passablement ébréché, si toutefois il suffit.
Et, ici encore, point n’est besoin de recourir aux prisons, bagnes, pénitenciers etc, etc,
ee =
Petit calcul...
Toujours la bétise de donner un “bœuf” pour recevoir un œuf”... bien gâté, hélas!
Le Revenu municipal reçoit quelque chose du commerce des liqueurs, c’est certain.
Mais que signifie cette sére interminable de “comptes” (qui tuent le commerce) chez les marchands ayant des buvettes dans leur voisinage ?
Des crédits, encore des crédits... 850.00, 8100.00, 8200.00, 8300.00. Ce sont, en général, les vieux comptes de ceux qui dépensent chaque année en boisson (argent comptant toujours) 850.00, #100.00, 8200.00 et plus.
Je défie les marchands honnêtes, sobres et loyaux de me contredire!
Si ces geus ne buvaient pas, les marchands et tous les fournisseurs reçevraient cet argent. qu'ils portent chez les buvetiers.
Et encore bien plus, tous les chefs de familles, plus ou moins buveurs ne se priveraient pas comme ils le font, eux et leur famille, d’une multitude de choses quasi nécessaires”.
Qu'ils cessent de bo're et alors ils habillent femmes, filles, garçons, petits et grands; achètent vêtements de toutes sortes, bottines et chapeaux, souliers et casques, les pièces du logis se meublent de mille choses plus belles les unes que les autres etc.
Ils cessent d’être locataires Pour devenir propriétaires, les ruines cessent, on agrandit, on rebâtit, on augmente les bestiaux et tout le roulant,
on améliore sa position, on cultive beaucoup mieux. etc etc...
Et alors toutes ces familles misérables achètent un peu partout pour 8200.00 à 8500.00 de plus chaannée, au lieu que de tout laisser aller à la ruine et de ne pouvoir payer taxes.
Combien de milliers de piastres perdus aux Trois-Rivières rien que par les buveurs, plus qu’arrièrés pour les taxes ? ds
Alors, qu’on porte au moins $8300,000.00 :aux buvetiers et que ces gens ertassent ‘omptes‘sur comptes chez les marchands, chez les épiciers, chez les bouchers, chez les boulangers, chez les forgerons, chez les tailleurs, chez les chapelières, chez les pharmaciens, chez les avocats, chez les médecins, chez les n taires, chez les curés, (services, baptêmes, mariages, sépultures j as payés.) ?
Que l’un de ces misérables cesse de boire, il paye ses comptes, il habille sa famille, il relève ses affaires, ses propriétés se multiplient, ik paye ses vieilles taxes,et ses nouvelles augmentent en proportion de sa propre augmentation, il cesse de vivre aux dépens des autres (St-Vincent de Paul).
1 verse enfin au trésor commun et beeucoup plus que dans sa misère,
Or, c’est une affaire incontestable, (nous en avons cent et mille preuves) quand les buvettes disparaissent, qu’un grand nombre d'hommes cessent totalelement de boire, beaucoup d’autres boivent beaucoup moins.
Alors les banques doublent leur montant d’affaires (quelquefois dans douze mois), le commerce prend un essor inespéré dans toutes les branches :
(excepté dans celle des liqueurs), la St-Vincent n’a plus plus qu’accidentellement de rares pauvres à soutenir, etc, etc, etc.
‘on le remarque bien, !es preuves fourmillent c’est l'hintoire de tous les villages, paroissses, petites villes où les licences ont été complètement abolies.
Des noms? J’en ai cinquante au bout de ma plume.
Qu'on me cite un seul endr oit où l’abolition des licences, (dans la province ou ailleurs), n’a pas été, je ne dis pas seulement une amélioration sensible, mais un progrès éclatant à tout point de vue!
Qu'on soit donc, journal ier, cu!tivateur, marchand, rentier, voyageur, homme de profession, député, ministre ou magistrat, si l’on ignore tout et qu’on soit ihcapable de réflexion, incapable même d'ouvrir un peu les yeux, au moins qu’on se taise et cesse de remâcher des mensonges et des erreurs cent fois refutés.
‘Pas de licences ” on aura le” commerce illégitime.”
Mais les licences empêchent-elles vraiment la vente à la cachette ?
J'aimerais qu’on me nommäât une municipalité avec “licence” et sans “ce honteux trafic,” car depuis près de 9 ans je parcours la province et je n’ai pas encore fait cette rare trouvaille d’une municipalité avec licence et sans ‘commerce illégal”. Et combien de buvettes ne font presque pas autre chose! Si souvent le buvetier, nous avoue candidement n'avoir jamais jeté les
anse
- nn benne étre à
eux sur la loi des licences qu’on viole d’un bout à ‘autre de l’année, jour et nuit, semaine et dimanche. C’est ainsi qu’à l'ombre des hôtels, aux Trois- Rivières, il y a plus d’individus faisant le commerce sans “licence” qu’avec “licence”.
Bien plus, la buvette facilite et abrite magnifiquement le commerce à 2 cachette.
Car alors les excès de boisson sont toujours à la charge du buvetier… Au contraire, s’il n’y a pas de licence... l’épouse,la mère,le fils,la sœur ont bientôt découvert la cachette, le sentier maudit, “la sentine” enfin d’où un malheureux parent revient fréquemment avec de la boisson ou sous l’influence de de la boisson; le voleur, l'hypocrite est vite pincé, au moins découvert si on veut le mettre à la raison. Tandis que s’il y a une buvette, la pensée ne viendra même pas que c’est ailleurs que l’on s’enivre et s’empoisonne. Ainsi, “le commerce illégal” bien abrité à l’ombre des buvettes est pa:‘)is des années avant qu’on ne le soupçonne.
puis, comme c’est déshonorant d’aller en de pareilles sociétés, les gens honnêtes n’y vont pas. Non, il faut même avoir l'étiquette de voyou bien en vue pour y être admis; et encoreavec quelles précautions! Et par crainte on ne voudrait pas vendre aux gens comme il faut,ce serait dangereux. La vente est donc modérée quant à la quantité et quant au nombre... Quelques voyous prudents. autant qu° possible, bien entendu...
Les voyageurs exigent des ‘“buvettes.
Mais les vo: eurs, c’est tout le monde qui voyage: les hommes d’affaires, les voyageurs de commerce, les professionnels et les autres.
Qu'on me nomme donc un avocat, un médecin, un magistrat, un juge, un député, un misistre un homme d’une notoire respectabilité (et lescommis voyageurs eux-mêmes sont presque tous respectables et dignes aujourd’hui), qui osent se présenter au bar de n'importe quelle buvette, pour y prendre une consommaiion (prendre un coup), jamais! Ni Pour or, ni pour argent, ni pour un vote.
bar est aujourd’hui pour eux tous un endroit où ils ne veulent pas être vus.
Qu'un seul hôtelier me norme des hommes d'une certaine respectabilité parmi les clients de leur bar.. J’en ferai un tab'-au d’honneur ?
La liste ne sera pas longue.
Que de fois, en particulier, n’ai-je pas entendu pester les commis voyageurs contre la buvette, les dépenses qu’elle occasionne et pour combien d’autres raisons ?
Mais on ne fait pas que de parler,on agit, puisque au Sanatorium DeBlois auxTrois-Rivières, (sans réclame), les voyageurs payent plus cher que dans la plupart des hôtels avec licences; là,il n’y a que des eaux minérales,une bonne table, pourtant on s’y entasse:.. il faudrait à M. DeBlois 50 chambres de plus et encore... IÎlne fournit pas à agrandir et toujours insuffisant est son logement. Un plus grand nombre de voyageurs ne se présentent pas chez lui sachant qu’i n’y a pas de place. D’autres, pour économiser, endurent le voisinage du bar, mais à contre cœur.
Enfin on en fait la preuve éclatante que'que part que les voyageurs n’exigent par les buvet es.
Dans une municipalité avec deux éternelles buvettes, on promettait voilà deux ans, aux deux buvetiers le renouvellement de leur licence, s'ils obtenaient la moitié des signatures des 300 ou 400 visiteurs de la saison. Je crois que ces deux messieurs ont fait leur possible, personne n‘en doute.
Ils ont obtenu... ‘0 signatures. Pas une de de plus.
L’argument des voyageurs n’est pas très fort comme vous voyez.
Quelles sont donc les vraies raisons de l’existence des buvettes ?
Que l’on me pardonne, si je donne lesseulesraisons que j'ai pu réunir et que je crois jusqu'ici les seules vraies:
La puissance de l'or.
La puissance des préjugés ou la bêtise humaine.
L'ignorance du devoir d'état pour beaucoup
Les plus chers intérê s du diable.
Cher Jean Baptiste Laviolette, réponds-moi à tête reposée et dis tout franchement, est-ce que tout cela n’est pas l’exacte vérité ?