MONT-ROGNON
ARomagnat (1,715 hab.), on remarque (à g. de ia route , en-deçà du village) le château moderne de Bezance, entouré d'un beau parc, qui appartient à \I. de Chazelle. A l'extrémité opposée du village se dressent les tourelles d'un autre château, dont le propriétaire est M. Bonabot.
Le Mont-Rognon, Mons Rugosus (573 mèt.), qui ,6 dresse à 1 kil. 1/2 l'O, de Romagnat, et dont [es flancs sont couverts de débris volcaniques, porte ï son sommet une tour lézardée, reste du château élevé, à la fm du xii*' s., par Robert, premier dauphin d'Auvergne, comte de Clermont et de Montferrand, fils de Guillaume VII. Le château du Mont-Rognon passa plus tard dans la maison de Bourbon; Catherine de Médicis le posséda en 1554; en 1634, Louis XIII ordonna sa démolition.
L'ascension du puy sur lequel se dresse la tour est facile. De ce point la vue plonge au N. sur Beaumont, à l'O. sur Ceyrat, au S. sur les hameaux de Clémensat, Saulzet, Opmes, et enfin à l'E. sur Romagnat.
On peut aller du Mont-Rognon à Gergovie en descendant par Clémensat et les gorges d'Opmes, et en suivant la route carrossable ouverte pour Napoléon III, qui visita Gergovie en 1862; la montée est longue et rude, mais la route est constamment ombragée de noyers séculaires.
L'itinéraire le plus direct du Mont-Rognon à Gergovie consiste à revenir à Romagnat, à suivre , pendant un instant, la route d'Opmes et à s'engager ensuite à g. dans un chemin sur lequel débouche un sentier de piétons conduisant en 25 min. sur le plateau de Gergovie, où s'élevait jadis la capitale des Arvernes, qui résista victorieusement aux cohortes romaines de César.
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L'emplacement de Gergovie, longtemps contesté, est bien réellement situé sur la montagne qui a conservé le même nom. La ville devait occuper tout le plateau, sorte de parallélogramme rectangle de près de 1,500 mèt. de TE. à l'O., et de 600 du N. au S. « Aucune construction, dit M. Thibaud {Guide en Auvergne)^ ne s'élève au-dessus du sol. La culture a tout envahi, sauf plusieurs chemins, pavés en beaucoup d'endroits, et se dirigeant tous parallèlement aux petits côtés du rectangle. De chaque côté de ces chemins s'élèvent des amas considérables de pierres basaltiques, au milieu desquelles sont éparpillés de nombreux fragments de poteries ; ce sont évidemment les rues de l'ancienne ville et les^ restes des édifices qui les bordaient. » Des fouilles exécutées à différentes reprises, et particulièrement celles de 1755 et de 1861, ont fait découvrir un escalier à vis, un puits de .4 mèt. creusé dans le basalte, une vaste cave, des fragments de marbre, des chevilles de fer, des fers de lance, des fragments de bronze et de fer, des débris d'ustensiles domestiques, des poteries en terre rouge [terra campana) ; des médailles gauloises en or, en argent et en bronze, et enfin des flèches et des framées en silex; ces divers objets se trouvent au musée de Clermont. Au point de vue géologique, Gergovie n'est pas moins curieuse ; on y trouve, en produits volcaniques, des travertins, des grès, des pépérites, des fossiles d'animaux et de végétaux.
Gergovie était fortifiée à la manière gauloise, par des assises de pierres et de poutres. Lorsque César l'attaqua, ses habitants la défendirent vaillamment, tandis que Vercingétorix, campé aux alentours avec son armée, i-epoussait chaque jour les Romains dans leurs lignes. Lorsque Vercingétorix vaincu fut obligé de se réfugier dans Alésia, les habitants de Gergovie abandonnèrent leur ville pour aller peupler Nemetum (Clermont). Les ruines de cette ville subsistaient encore au xiic s., comme le constate une charte de 1149, par laquelle Guillaume V, comte de Clermont, donnait à l'abbaye de Saint- André, située entre Clermont et Chamalières, Gergovie et ses ruines : veterem masuram anl.iquœ Gcrgohiœ.
De Gergovie, on peut revenir à Clermont-Ferrand en descendant à Opmes, qui possède un donjon carré, xeste d'une construction féodale servant d'habita-
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tion particulière. De ce liam. à Chcmonat (d ,092 hab.), il n'y a que 2 kil. On y arrive en quelques min. en descendant au fond de la vallée. Glianonat a été le siège d'une commander ie de Malte, dont la construction remonte aux xv^ et xvi*^ s. Les bâtiments subsistent en majeure partie : le château du prieur est presque intact; plus bas, au-dessous d'un jardin, est la maison capitulaire, remarquable pai- ses trois étages de grandes fenêtres à meneaux. Sur les bords de l'Auzon est le prieuré proprement dit appelé cour de Saint-Jean ; l'entrée en est formée par un porche monumental à mâchicoulis ; les quatre ou cinq petites habitations qui bordent la cour (portes sculptées et blasonnées) sont habitées; de gracieux escaliers à spirale donnent accès dans les anciennes cellules (voûtes en arête avec festons de trctles en pendentifs), dont l'une, que l'on désigne sous le nom de chambre de Delille, a été habitée sans doute par ce poète. Aux alentours, on remarque des restes de glacis, de poternes et, çà et là, des tours debout au milieu des ruines.
Le vallon de Chanonat est agréable et pittoresque. En amont du bourg, sur le bord de l'Auzon, qui tombe en jolies cascades, est le château de la Bâtisse, qui possède une chapelle romane, dont les deux portails sont décorés de sculptures élégantes. — • Une excellente route (4 kil.) conduit de Chanonat à la Roche-Blanche (1,418 hab.), v. situé dans le fond de la vallée de l'Auzon, au pied d'un escarpement calcaire, percé de nombreuses excavations ayant servi d'habitation , et surmonté d'une tour dite tour Jullia. Cette tour, qui n'est plus aujourd'hui qu'un vulgaire colombier , a été élevée sur l'emplacement d'un château important assiégé et pris par les Anglais dans le cours du xiv° s.; la