‹ Le Mont-Dore et les eaux minérales d'Auvergne [electronic resource]Chapitre 53 sur 160 · H8 DE NÎMES AU MONT-DORE · texte numérisé non relu

H8 DE NÎMES AU MONT-DORE

On remarque enfin à Brioude d'anciennes maisons, dont quelques-unes ont conservé des fragments du xiii^ s. et même du xu^ (place de la Fénerie) ; de jolies fontaines du xiii° s. et un établissement hydrotliérapique.

On peut visiter, aux environs de cette ville, Vieille- Brioude (1,564- hab.), à 3 kil. 800 mèt., sur la route du Puy. Cette petite ville, sauf son église romane et son pont jeté à une grande hauteur sur l'Allier, n'a rien d'intéressant. On y a découvert quelques vestiges romains.

En quittant Brioude, le chemin de fer, s'éloignant de l'Allier, laisse à g. Paulhac (491 hab.; tour féodale; château restauré au xV^ s.) et Beaiimont (339 hab.). Bientôt apparaissent, à dr., les hameaux de la Roche et de Boiirnoncle, qui forment ensemble une commune de 955 hab., oii se voient des châteaux ruinés.

245 kil. Arvant* (buffet), dépendant de Vergongheon (1,214 hab.) situé près du ruisseau de la Leuge que longe le chemin de fer. — On laisse, à g. la ligne d'Aurillac.

En face, au delà de l'Allier, est Vézezoux (472 hab.). Se rapprochant de l'Allier, on aperçoit des deux côtés de la voie les cheminées des puits d'extraction de houille, et l'on dépasse, à g., Sainte-Florlnc (2,181 hab.).

251 kil. Brassac, 2,127 hab., a donné son nom à un bassin houiller vaste de 34 kil. carrés; ce bassin, compris entre l'Allier à l'E. et les montagnes qui bordent le lit de l'Alagnon à TO., produit annuellement 160,000 tonnes de combustible.

Peu après la vallée s'élargit. Sur la rive dr. do la rivière se montrent Jumeaux, ch.-l. de cant. de 1,303 hab. (mine de baryte sulfatée; pont suspendu

BRASSAC. — AUZAT.

sur l'Allier), et Auzat-sur-Allier (l,o98 liab. ; restes d'un château) ; sur l'autre rive, Colombelle, relié à Auzat par un pont suspendu, possède les houillères les plus importantes de la vallée de l'Allier. — On franchit l'Alagnon.

2o7 kil. Le Saut-du-Loup, ham. de Beaulieu, v. situé à 1,500 mèt. au S., derrière un coteau. — Tournant brusquement à l'E., on aperçoit, sur la rive dr. de l'Allier, Or sonnette (283 hab.), puis on franchit la Couze de Vodable. A g., ruines du château de Chalus.

261 kil. Le Breuil (601 hab.), en face de Nonette (632 hab.), v. bâti de l'autre côté de l'Allier, sur une montagne conique.

A 2 kil. 1/2 au S.-O., Saint-Germain- Lembron, ch.-l. de cant. de 2,098 hab.

On franchit le ruisseau de l'Embronel. A dr., de l'autre côté de l'Allier, château de Beaurecueil, au N. duquel est celui de Grange; à g.. Broc (923 hab. ; église collégiale; beaux restes d'un château). — A dr., Pradeaux (616 hab.).

270 kil. Issoire, et 47 kil. d'Issoire au (317 kl!.) Mont-Dore, V. p. 102 et suiv.

LE MUISÏ-DORE.

Le Mont-Dore [nions Durianus et non pas mons Aureiis; nous invoquons ici l'autorité de Sidoine Apollinaire) est-il le CnleJites Baise, qu'on place aussi à Chaudesaigues, ou VAqicis calidis, qui peut également être Vichy? Ces questions ne sont pas encore résolues. Toujours est-il que les Gaulois ont utilisé les eaux thermales du Mont- Dore.

Les Romains, maîtres de l'Auvergne, ne négligèrent pas ces eaux, et l'époque gallo-romaine fut pour le Mont-Dore une époque de prospérité, de laquelle datent les thermes et le Panthéon dans lequel on venait demander la santé aux dieux, ou remercier les dieux d'avoir recouvré la santé. L'établissement thermal et le Panthéon disparurent au v« s., lors de l'invasion des Vandales, ou au vue, lors de la guerre d'extermination faite par Pépin à Waïfre, duc d'Aquitaine. Pendant plusieurs siècles, les historiens cessent de parler des bains du Mont-Dore ; mais, ce qui est remarquable, c'est qu'ime partie du village a conservé jusqu'à nos jours le nom de Panthéon.

La terre des bains a longtemps appartenu aux La Tour d'Auvergne. Guillaume de La Tour, évéque de Rodez, plaide, en 1453, avec Antoinette de La Tour, femme de Jacques de Bourbon, au sujet de cette propriété, Antoine de La Tour la possédait en 1540 ; Martin de La Tour, baron de Murat-le-Quaire, en 1607; Jacques de La Tour, son fils, en 1667. Elle passe à Jean, puis à Maurice Godefroy, marié en 1693 avec Madeleine de Bouchu. De ce mariage naquit Marie-Jeanne de La Tour, qui fut mariée à Nicolas-Louis de La Roche-Aymon, tué en 1721. Ils ne laissèrent qu'une fille.

En 1605, les bains étaient déjà fréquentés ; mais en 1787 ils attirèrent l'attention de l'intendant de Chazerat; on commença une route, et l'on améliora les bâtiments

qui entouraient les fontaines minérales. Ces travaux, abandonnés pendant la Révolution, ne furent repris qu'en 1806.

A cette époque, M. Ramond, préfet du département du Puy-de-Dôme, comprenant toute l'importance que pouvaient acquérir les eaux thermales du Mont-Dore, fit dresser le plan d'im établissement par MM. Cournon et Ledru. Les constructions commencèrent à s'élever seulement en 1817 : elles furent en grande partie terminées en 1823 ; mais, depuis, elles ont été augmentées à diverses reprises.

Le Mont-Dore*, com. du canton de Rochefort, aiTond. de Clermont- Ferrand , département du PuY-de-Dôme, est un bourg de 1,308 hab., adossé au plateau du puy l'Angle. Il se compose de 250 maisons environ, dont le plus grand nombre sont converties en hôtels bordant la rue principale et la place Michel-Bertrand. A Textrémité de la rue qui fait face à l'établissement, s'ouvre une promenade oblongue, ornée , au milieu , d'une belle fontaine en fonte de fer; à dr. de la fontaine est un café-rotonde ; à g. ont été réunis les débris antiques des thermes et du Panthéon, dont nous avons parlé ci-dessus : sur une de ces pierres, on remarque des bas-reliefs représentant des symboles se rapportant à l'histoire romaine.

Le parc, attenant à cette promenade, longe la rive dr. de la Uordogne ; on le traverse pour atteindre le pont suspendu qui relie la promenade à la rive g., et permet de rejoindre , un peu plus loin, la route de la Tour. Cette route, franchissant la Dordogne sur un pont en pierre, à l'extrémité méridionale du bourg, passe devant le café de Pari.*= et, tournant à dr., gravit les pentes boisées du pla teau du Capucin.

Sauf l'établissement thermal et la promenade, il

ÉTABLISSEMENT THERMAL

n'y a rien à signaler de remarquable dans le bourg. L'église a été nouvellement reconstruite.

L'établissement thermal, placé à l,OoO mèt. audessus du niveau de la mer, est dominé au N.-E. par les montagnes de V Angle (1,750 mèt.), et au S.-E. par le pic du Capucin (F. p. 134.) Sa longue façade principale, tournée vers l'O., présente un rez-de-chaussée surmonté d'un étage, percés l'un et l'autre de sept ouvertures en arcade.

Cet édifice, d'un aspect sévère , a été construit avec un trachyte grisâtre , dont la carrière est située sur l'autre rive de la Dordogne ; la toiture , faite en prévision des éboulements de la montagne de l'Angle, est en pierres de même nature. Il comprend, au rez-de-chaussée : un promenoir où sont installés les buvettes des sources de la Madeleine et de Ramond ; le bureau de l'administration et la pharmacie ; la salle des bains à prix réduits; les piscines, les douches pour les indigents. La galerie du Nord, située au N. de la façade de l'établissement, renferme 20 cabinets de bains avec douches , deux douches ascendantes , quatre douches nasales pour les hommes. La galerie du Midi, à l'autre extrémité de l'édifice, renferme 14 cabinets de bains avec douches, et une salle dont la destination n'a pas encore été fixée.

Un vaste escalier conduit du promenoir au premier étage , où sont le Casino (salles de théâtre , de jeu, salon de lecture et bavette) , les logements affectés au médecin inspecteur, au concessionnaire, et enfin la grande salle de bains, contenant 18 cabinets avec douches..

Au fond de la grande salle , un escalier de quelques marches conduit au deuxième étage, qui comprend la partie de l'établissement connue sous le

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