LES REMPARTS I2D
l'œuvre de Louis d'Estouteville, remaniée extérieurement par Gabriel du Puy.
A l'intérieur, deux salles voûtées sont superposées. Celle au rez-de-chaussée est percée de canonières et des cheminées d'aération ont été ménagées dans la voûte. La salle inférieure servait de magasin de poudre.
Le rempart descend de la tour Claudine jusqu'à l'échauguette Nord et se retourne à angle droit pour rejoindre la tour Nord.
Celle-ci, construite au xive siècle eut son crénelage refait au xve, lorsque Robert Jolivet exhaussant les remparts les couronna de mâchicoulis. L'intérieur fut profondément modifié pendant la guerre de Cent ans afin de maintenir la défense en mesure de résister victorieusement aux attaques. D'ailleurs, sa situation même rendait inexpugnable la tour Nord et vraiment son aspect sur le haut du rocher est bien fait pour décourager toute tentative contre elle.
Faisant à nouveau un angle droit, le rempart descend en suivant la pente de la montagne jusqu'à la tour Boucle, et ce n'est pas la partie la moins pittoresque des fortifications que ces courtines qui, par ressauts successifs, atteignent enfin les grèves.
La tour Boucle, autrefois tour de la Reine, est un éperon très fort venant flanquer la base du rocher au point où les remparts cessent d'être en pente pour former horizontalement l'enceinte de la ville. Construite pour l'emploi de l'artillerie à feu, cette tour est une exception au Mont-Saint-
Michel, elle présente un intéressant exemple de l'architecture militaire sous Charles VII.
Tout contre la tour Boucle une poterne était disposée, défendue par un mâchicoulis plus bas et par la tour Cholet, transformée en demi-lune. Près de cette tour peu saillante où Robert Jolivet avait pratiqué l'entrée de la ville, on voit dans le rempart un bas-relief représentant un lion assis tenant les armoiries de cet abbé.
Puis les courtines se développent, flanquées successivement : de la tour Basse, ancienne tour circulaire, transformée au xvne siècle en batterie barbette. De la tour Béatrix, aujourd'hui tour de la Liberté, qui a conservé plus complètement sa silhouette, on y lit distinctement l'appui de la toiture dont elle était recouverte, ainsi, d'ailleurs, que toutes les tours de l'enceinte fortiQée.
La tour de l'Arcade, ou tour neuve, témoigne d'une construction hâtive. Elle fut élevée rapidement, presque sous les yeux de l'ennemi, et fait partie d'un système de défense comprenant la tourelle du guet et la maison de l'arcade. Enfin, par un court rempart, elle est reliée à la tour du Roi et à la porte de la ville.
La porte du Roi est une belle construction du xve siècle, elle comporte, à rez de chaussée, une large porte en tiers-point fermée par deux vantaux doublés d'une herse encore en partie engagée dans ses rainures et protégée en outre par un pont-levis se rabattant sur un fossé aujourd'hui comblé. Une poterne défendue par un autre pont-levis et une sim-