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LA VILLE

Depuis cinquante ans, la ville du Mont-Saint Michel a perdu à peu près toutes les vieilles constructions qui en faisaient le charme. Des maisons de briques ont remplacé les spirituels pans de bois des hôtelleries du moyen âge. Nous avons vu le Boulevard complètement méconnaissable et rendu parfaitement invisible par l'envahissement des hôtels modernes. Nous ne dirons rien des immeubles établis sur la terrasse de la Pilette, ni delà construction voisine, singulière caricature de

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l'art gothique. C'est le résultat des besoins nouveaux paraît-il et nous devons le subir.

Passé la Porte du Roi, la charmante maison de l'arcade s'offre aux yeux des visiteurs avec son encorbellement hardi, flanquée de la tourelle du guet. Plus loin, c'est l'hôtellerie de la lycorne, établie avec désinvolture au-dessus de la rue, de jolis épis de plomb terminent les lucarnes et l'essente de bois de châtaignier donne à cette pittoresque construction un aspect exquis.

C'est ensuite, à gauche, l'hôtellerie de la sirène : les pans de bois ont disparu sous un enduit, mais les poutres moulurées sont encore visibles et vénérables.

Toujours en montant la rue, on trouve çà et là quelques épaves du passé :

A gauche, c'est une ravissante construction du xvie siècle qui nous montre une loge de marchand d'images : deux arcades de granit supportent la façade. En face est le cheval blanc dont le revêtement de chaux cache la menuiserie.

Toujours en montant cette rue, qui malgré de trop nombreuses mutilations reste si pittoresque on arrive à l'église paroissiale. De la construction du xie siècle, il ne reste rien que des piliers remaniés au xve siècle. C'est une église à deux nefs inégales, séparées par deux arcades. Dans le fond, vers l'Ouest, une tribune a été établie à mi-hauteur sur le rocher en pente. L'abside du xve siècle remaniée au xvie est placée au-dessus d'une venelle et repose sur un passage voûté en berceau

LA VTLLE

brisé: elle est à trois pans et ne présente rien de bien spécial pour l'archéologue. Une tour carrée,

Photo Neurdein.

Maison de l'Arcade

couverte par une toiture à deux pentes achève l'ensemble de ce petit édifice.

Intérieurement plusieurs dalles funéraires peuvent retenir l'attention, entre autres celles de Vincent Rogierie, maçon auteur de la tour de l'église abbatiale, que l'on a démolie pour lui substituer le clocher actuel.

Une peinture du xvi° siècle est située dans l'ébrasement de gauche de la fenêtre placée à l'extrémité de la nef méridionale. Elle "représente Marie- Magdeleine aux pied du Christ; sur un phylactère on peut encore lire « noli me tangere ».

Deux statues delà fin du xve siècle sont près de cette fenêtre. L'une représente sainte Anne et la Vierge, l'autre une Vierge debout tenant l'enfant Jésus dans ses bras.

Enfin dans le mur Sud une gisante est placée dans un enfeu, c'est un beau morceau de sculpture du xve siècle. Malheureusement la figure a été mutilée à la révolution.

Des fonts baptismaux du xine siècle sont placés dans le bas de l'église.

A la sacristie, on peut voir une très belle tête de Christ du xvie siècle, elle provient d'une pieta donnée par l'abbé André Laure à l'église abbatiale. Une croix du xv° siècle est située au milieu du cimetière à côté de l'église paroissiale.

En reprenant la rue, on passe devant une maison où l'on prétend que Thiphaine Raguenel, femme de Bertrand du Guesclin résida pendant quelque temps ; nous croyons plutôt que l'épouse du célèbre capitaine habita une autre maison située sur l'ancien rempart près de la tour Boucle, on peut voir

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