TABLEAU II, SCÈNE III
GRIFFON
Une centaine.
CROUSTILLAC
N'exagérons pas... mettons moitié... Il y a donc à la Martinique, cinquante riches qui s'ennuient commedes marteaux de porte, et qui seraient ravis de rencontrer et de garder auprès d'eux des hommes d'esprit et de joyeuse humeur... suis-jc de ces gens-là... oui ou non?
GUIFFON.
Assurément.
CROUSTILLAC
Eh ! donc, j'accorde a chacun de ces malheureux six mois de ma présence; c'est donc vingt-cinq ans d'une bonne et excellente vie, bien assurée, et si le bon Dieu veut que je pousse plus loin, je puis recommencer une nouvelle série avec les enfans de mes premiers hôtes.
GRIFFON
Voilà Un projet...
CROUSTILLAC
J'en ai dix autres comme cela... lequel choisirai-je ? la nuit porte conseil.
GRIFFON
Vous avez raison, nous en sommes convenus, pas de cérémonie... Holà!... {Monsieur par ait,) de la lumière, il allume des bougies.
CROUSTILLAC
M. Simplement, veux-tu me montrer ma chambre? (Monsieur passe devant lui.) Bonsoir donc, mon hôte.
GRIFFON
Bonne nuit, chevalier.
CROUSTILLAC, avaut d'entrer dans sa chambre. C'est dommage pourtant... Ah bah !
SGEM£ III.
GRIFFON, MONSIEUR, ietiant un bougeoir.
GRIFFON
Il me semble que cet abandon de son projet n'est
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pas sincère... sous celte insouciante gaîté cacherait il une ruse? une trahison? Ces rumeurs répétées à voix basse, et dont je me suis alarmé, auraient-elles suggéré à ia cour de France ou d'Angleterre, la pensée d'envoyer ici un émissaire, un espion?... et cet homme.., {A Monsieur,) La porte de cette chambre.., (Montrant celle de Croustillac.) ferme-t-elle bien?