TABLEAU IV, SCÈNE IV
CROUSTiLLAC, exaspéré.
Mes maîtres ! je n'aime pas qu'on me rie an nez.
arrache-l'ame.
Oh ! oh! riiomme aux bas roses !..,
CROUSTILLAC, Se mettant en garde.
Mordions îsi vous n'avez pas plus peur d'un homme que d'un taureau, en garde!
MET-A-MORT, à Arrache-l'àmc.
Vn mot, et je Pécorche.
arrache-l'ame.
Ne bouge pas, je me charge de hii.
CROUSTILLAC
En garde, mise'rable ! ou je te marque au visage. arrache-l'ame. // se met en garde avec son fusil et pare. Allez toujours ; vousavez îa pointe; moi,j'ai la crosse.
CROUSTILLAC, ferraillant.
Enfer!
arrache-l'ame, toujours riant.
C'est dommage, ce coup droit était bien fourni... Allons, la plaisanterie a assez duré... {Il le désarme, et lève la crosse de son fusil.) Ta vie est à moi ! Je te brise la îêle d'un coup de crosse.
CROUSTILLAC, se prenant la tête des deux mains. Et vous aurez trois fois raison, car je suis un triple traître.
arrache-l'ame.
Comment?
CROUSTILLAC
J'avais faim, vous m'avez donné à manger; soif, vous m'avez donné à boire; vou3 étiez sans épée, et je vous ai attaqué coînme une bête enragée; brisez-moi la tête, mordious!
arrache-l'ame, à part.
Non, ce n'est là ni un espion ni un traître.. J'«i bien envie... pourquoi non? Jecéderais à un désir d'Anj!^è\e,,.{Hauty allant à Croustillnc.) Y oyons ^louchez là; bonne est l'amitié qui commence par une bataille.
CROUSTifLAC, hésitant.
Franchise pour (raiicliise! Avant de vous donner la main, il faut que je vous déclare une chose. arrachei/ame.
Quoi?
CR0USTILLAC.
J'aime la Barbe-Bleue, et je suis décidé à tout faire pour parvenir jusqu'à elle et pour lui plaire. arrache-l'ame.
Soil! touchez là, frère.
CROUSTILLAC
Comment! malgré ce que je vous ai dit?