CHATEAU-CH1NON
T. a ville s'étage en gradins, abritée des vents d'Ouesl par les collines granitiques
du Haut-Morvan.
blis au sommet de la colline qui la domine, Chàteau-Chinon a joué jusqu'au milieu du xixe siècle le rôle de capitale du Haut-Morvan. L'élévation de ses habitations, son commerce florissant, sa situation •centrale, justifiaient en partie le dicton :
Prix pour prix,
Cliàteau-Chinon vaut bien Paris,
Maison pour maison,
Paris vaut moins que Chàteau-Chinon '.
Ces considérations ont décidé les décrets qui, aux débuts de la la Révolution, lui ont transféré, au détriment de Moulins-Engilbert, les avantages de chef-lieu administratif et judiciaire2. Les beaux temps de cette prospérité sont passés. Chàteau-Chinon est une des vingt-sept villes de France dont la population était moindre en 1881 (2Ôi3 habitants) qu'en i85i (3i2i)3. En 1901, elle ne comptait plus que 2 33o habitants.
D'ordinaire, les villages vivent du sol même qui les entoure ; au contraire les villes ne tirent pas du milieu immédiat le propre de leur existence : ce sont des ressources plus lointaines qui font leur prospérité*. Chàteau-Chinon composée de populations exclusivement rurales est restée fidèle à la terre au milieu des grands progrès industriels qui ont porté les derniers coups à son industrie rudimentaire. Surtout, elle est demeurée trop longtemps isolée des grandes voies de transport qui ont influé sur la vie de la dernière des chaumières. Ni la bifurcation de la ligne de Tannay, construite trop tard, et qui aboutit à un cul-de-sac, ni le chemin de fer économique de Nevers à Autun, ne purent arracher la ville de sa torpeur. Autun a pris sa place économique dans les grandes transactions de bétail, Arleuf et Anost sont plus suivies comme marchés de détail, Monlsauche lui fait concurrence pour le commerce des bois (pi. XX).
Les trois autres villes du Morvan ont moins décliné. Avallon et Saulieu0 ont été des premières à profiter des avantages des réseaux routiers et ferrés. Situées sur 1 ancienne voie d Agrippa, points de départ de la colonisation chrétienne, plus lard tourne-brides des postes et des diligences sur les grandes routes de Paris à Lyon, ces deux villes ont acquis sur le chemin de fer d Autun à Paris une place