CHAPITRE XII LA POPULATION
I. Variations de la densité dépopulation: répartition des groupements; variations de la population ; caractères démographiques. — II. Les mouvements humains , l'émigration ; l'immigration.
Longtemps demeurée hors de toute civilisation, la race morvandelle s'est développée en elle-même presque sans mélange, sans apport des pays voisins. Comme en Bretagne, l'isolement a renforcé l'influence des actions physiques. Le type anthropologique est demeuré l'un des plus purs qui soit en France ' . A l'intérieur, la forêt et la structure zonaire de la contrée ont eu une influence prépondérante sur la répartition et la densité des populations. Les groupements ne sont pas disséminés au hasard. Ils sont plus espacés quand une même formation occupe à elle seule une grande étendue, même si le substratum est calcaire ; ils sont plus resserrés quand la composition du sol présente de fréquentes variations 2. Malgré des conditions défavorables pour une population essentiellement rurale, le nombre des habitants a augmenté constamment, dépassant la limite des capacités culturales, jusqu'au moment où les progrès agronomiques ont modifié l'économie agricole. La civilisation, en pénétrant à l'intérieur du massif ancien avec le nouveau réseau routier, a modifié les bases de la démographie morvandelle. Au milieu du xixe siècle, les habitants se sont efforcés de trouver au dehors les ressources nécessaires à une existence meilleure. La densité des groupements a diminué dans de fortes proportions.
i. Hervé et Hovclacque : 162, passim et abbé Parât : ij8, p. 33 h i5. 2. Barrois : ouvr. cité, p. io5 et 107.
I. — LES VARIATIONS DE LA DENSITÉ DE POPULATION La répartition des groupements.
La densité de la population du massif ancien est de l\\ habitants par kilomètre carré, chiffre légèrement inférieur à la densité des départements dont il fait partie administrativement : la Côte-d'Or (£2), l'Yonne (45), la Nièvre (45), Saône-et-Loire (A7). Cependant les communes morvandelles de ce dernier déparlement ne dépassent pas la densité moyenne. Seule, la commune d'Etang-sur-Arroux participe par ses habitants, ouvriers d'usines, à la vie des centres miniers des environs. Sa densité atteint le chiffre de 117 (fig. 3g).
La densité moyenne (4i) est assez homogène. En dehors d'Etangsur-Arroux, huit communes seulement dépassent la densité moyenne de la France. Ce sont les groupements voisins des marges : Blanot (76), Luzy (81), Précy-sous-Thil (88), Pontaubert (97), Toutry (186): la seule commune industrielle du Morvan : Rouvray (72) ; la capitale d'un plat pays: Saulieu (112); une sous-préfecture: Avallon (22/4). Les autres centres administratifs ne sont guère plus peuplés qu'une commune quelconque. La capitale du Haut-Morvan, formée de deu\ communes, Château-Chinon ville et Chàteau-Chinon campagne, ne dépasse pas 61. Les chefs-lieux de canton : Lormes (52), S;iint-Léger-sous-Beuvray (5i), Quarré-les-Tombes (/|6), Lucenayl'Evêque (%']), Monlsauche (34), Liernais (.3 1) diffèrent peu de la densité moyenne du Morvan.
Les minima sont concentrés sur la Zone bordière des placages calcaires, plus accessibles à la moyenne et à la grande exploitation ; ce sont: Bar-le-Régulier(a6), Saint-Aignan et Barnay (2/1 ), Vic-sons-Tliil (23), Villargoix (22), La Motte-Ternant et Thoisy-la-Bcrchèrc (21), Brazey-en-Morvan (8). Cependant, Petite-Verrière sur les tufs porjiIin ritiqu > et la granulite est également un minimum, qu'il faut attribuer à la capacité forestière delà commune (52 pour 100 de la surface totale), abstraction faite de ses bois. Petite- Verrière aurait une densité de \->. habitants au kilomètre carré.
La foret a une influence réductrice sur les populations1. Les
1. Otto Schluchter: <li<' Siedelungen in nordôstlichen Thuringen; Berlin, II. Costenoble, [Qo3, p. \ok-
chiffres de densité augmenteraient rapidement dans les communes
I 1 de O a 25 hab/tants au Ai/o/nètre carré
I \ de 26 à 50 d?
de 5/ à 75 d?
p/us de 75 d?
Fie;. 3g. — Densité de la population morvandelle. (Echelle : 1/600 000e.)
du Haut-Morvan si l'on exceptait les étendues boisées : ils varieraient
très peu dans les communes voisines des marges où le défrichement a livré de bonne heure le sol à la culture.