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38 LA STRÏ CTl RE Dl SOL
mémo spectacle. On cherche en vain le Morvan. Ce soi-disanl massif montagneux apparaît comme une plaine montant en pente douce vers le Sud el venanl mourir au Nord au pied des escarpements calcaires qui se dressent comme une véritable forteresse1. Celle région granito-gneissique plaie ou simplement onduleuse n'offre d'aspect montagneux que dans les profondes el 1res sinueuses gorges creusées par ses rivières. Gel état d'usure avancée se traduit par des sommets surbaissés et arrondis en dômes, par des versants dont les pentes sont adoucies grâce à Y amoncellemenl séculaire des débris de montagne. C'est par l'inégale dureté des roches que se fait la différence des modelés.
Dans les gneiss, les vallées sont pins larges que dans le granité, mais les mamelonnements sont pins nombreux, les croupes moins largement élalées. Les nombreux vallons secs à fond plal où sont installées les ouches (les meilleures des terres morvandelles) et qui entourent des collines aux formes 1res douces, montrent l'usure avancée de la surface sons l'action de l'érosion. L'eau n'csl jamais 1res éloignée du sol; les arènes peu épaisses onl laissé filtrer la nappe aquifère qui se retrouve sur le substratum ancien. La terre csl 1res élastique. Si l'on snil ces vallonnements très marqués, on esl étonné de n'y rencontrer le plus souvent aucun ruisselet. Leur forme très large esl en contraste profond avec leur hydrographie. Vers l'aval, ils se terminent brusquement, souvenl perpendiculairement sur le collecteur principal, Cure on Gousin. Ce sont les traits de l'ancienne topographie secondaire. Ils sont particulièrement remarquables de chaque côté de la route d Wallon à Lormes. Les vieilles formes du gneiss sont surmontées, dans leur partie occidentale, de placages pliocènes (fig. A).
Le granité doit ;i son mode de décomposition des contours encore plus arrondis (pi. N ).La roche estfort ail ('rallie et il n'est pas rare de rencontrerdes blocs, semblables aux « chirons » de la Vendée, isolés au milieu de I arène jaunâtre, produil de leur désagrégation. Quand on les trouve le long des ruisseaux (vallée de l'Alêne) dévêtus delà couche poussiéreuse <pii constitue leur gangue, arrondis par les eaux, ou !<• long des pentes (route de Château-Chinonà Arlenf), incomplètement
dépouillés par les pluies de leur couche arcnaccc, on pourrait le-
prendre pour des blocs erratiques si on ne les avail \ns dans la carrière, les uns en place, les autres déjà détachés. L'origine de ces
blocs n e>l jamais 1res loin en ainonl sur les coleanx qui les i . De Mai tonne : 35, p. \<>~-
..**- — (ê//ées sëcAes.
i ;-■-; •-;. I Saâ/es et cai/Joux rou/ès flunaù/es
f/acages p/iocenes représentés.surtout t-y.''A c/ans/e Sud, par des cai//ot/x rou/és et
par /es s/'/ex 6/o/ids et ca/cédonieux.
Fie. k- — Les vallées sèches du Bas-Morvan
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surplombent et d'où ils ont roulé. Celle facilité de désagrégation explique L'absence presque complète des formes anguleuses, des escarpements abrupts que présentent ordinairement les roches granitiques nouvellement mises à jour. Les formes de la granulite offrent une surface d abrasion plus fraîche que le granité. Les pentes des vallées \ soûl plus raides ; la gorge du Cousin en aval d' Wallon porte justement le nom de Petite Suisse1. Les eaux onl souvent laissé en évidence des lianes aux pentes hardies, des roches plus franchement découpées, prises à tort pour des dolmens (la Pierrequi-vire, la Roche-aux-Fées) et même pour des menhirs quand les monolithes se dressent verticalement (la Roche-du-Chien, le Fort- Chevresse; cf.pl. 111). Cependant, àpart ces exceptions qui se localisent dans les -orges très profondes des rivières, le ruissellement des eaux pliocènes a adouci singulièrement la surlace du Bas-Morvan. Au Sud des Terres-Plaines, la formation de limons argileux, de sables siliceux et degraviers avec lits caillouteux de silex blonds ou calcédonieux, de chailles jurassiques, s'étend par îlots jusqu'au pied du Haut-Morvan. On les a constatés jusqu'à l'Huis-Clialelain (58o mètres) et Vermol (620 mètres) près de Dhun-les-Places. A vrai dire, .-i ces altitudes, cette série géologique n'est guère représentée que par des cailloux roulés et par les silex blonds de la craie épars parmi les champs. Mais, plus on avance vers le Nord, plus les sédiments sont épais, au point de déterminer au milieu des prés de la pénéplaine gneissique une série de placages assez, loris pour supporter des hois de chênes (bois de la Bouchoise, bois de Serée, bois de Kudaillon, hois de Ghassigny)2. Les eaux pliocènes qui rabotaient toute la pénéplaine du Bas-Morvan à l'Ouest du Trinquelain ont profondément modifié la surlace du substratum. La décomposition de la roche en place a donné des arènes très importantes et qui atteignent à Lautreville et à Montmardelin des épaisseurs de cinq cl <i\ mètres. Ces phénomènes ont singulièrement facilité la