LES OFFICIERS ET LES VOLONTAIRES
Toujours !
LE GÉNÉRAL
Alors, j'ai le droit de vous donner des ordres... Ecoutezmoi... Je le veux, je vous en prie, au nom du bonheur de la France.
Ain : De la ScntùicUe.
Ne semez pas le desordre en nos camps j Un vain espoir maintenant vous égare :
L'ennemi veille , enfans, serrez vos rangs , Et désormais que rien ne vous sépare.
Vous saurez, tous me comprendre , je crois , De commanclcr , vous m'aviez juge digne ;
Du devoir , écoutant la voix ,
Amis f soyez soumis aux lois ;
Voilà ma idernièrc consigne , Ma consigne.
GEORGES , tristement.
Nous nous soumettons, mon général... Nous avons vptre exemple, nous y serons fidèles...
LE GÉNÉRAL
C'est bien... Colonel Duvernet, que je vous embrasse.... {A Georges). Mon ami, j'aurais voulu récompenser ton courage..., mais je puis te laisser un souvenir.... Tiens..., prends cette arme...^ c'est un sabre d'honneur... C'est assez te dire qu'il ne doit jamais servir contre la France.... Eh bien , vous pleurez tous.... Pourquoi?....
Air : Muse des Bois.
Moment cruel, ah! tu n'es pas sans charmes j Par mes amis je me vois regretté :
Drapeau chéri que j'arrose de larmes , Nul ne dira que je t'ai déserté.
Avec orgueil je puis montrer ma vie.
Je suis proscrit, oui, mais je pars vainqueur, Et votre chef, en quittant la patrie , N'a rien perdu, car il garde l'honneur.
Recevez mes adieux pour toute l'armée. (Otant ses épaulettes et ses insignes). Rendez au général en chef ces insignes qui ne m'appartiennent plus.
LANDRIAU.
Cré coquin ! il les avait pourtant bien gagnés.
» LE GÉNÉRAL
Dites bien à ceux de mes compagnons d'armes qui ne peuvent m'entendre... que proscrit , errant sur le sol étranger, dussé-je implorer la pitié sur ma route, jamais je n'armerai mon bras contre mon pays; jamais je n'oublierai que je suis né citoyen français.
Air : Voyez-vous dans la plaine.
Amis, séchez vos larmes, Je vais quitter ces lieux.
TOUS
Amis , versons des larmes , Il va quitter ces lieux.
LE GÉNÉRAL
Braves compagnons darmci , * Recevez mes adieux.
TOLS. Adieu !
LE GÉNÉRAL
Pour la liberté chérie Ils vont prodiguer leur rie^ Et moi je n'y serai pas.
Ah ! sur la terre étrangère Que mon âme sera fière Des succès de nos soldats.
TOUS
Pour notre défense
Ilcomhattit, Enfans de la France, Gloire au Proscrit !
( Tous les soldats présentent les armes, les officiers baissent leurs épées, le tambour bat aux champs. Le lieutenant-général fait un derrder seste d'adieu. La toile tombe. )
riN.
IMPRIMERIE DE CH. DEZAUCHE I\uc du Faubourg-Montmartre , ]\° 1 1 .