SCENE VI
JOSÉPHINE, seule.
Les voilà parties, je suis sûre maintenant que personne ne viendra contrarier mes projets... C'est donc aujourd hui que je vais la voir ! à son insu, car elle est loin de nie croire ici; lorsqu'elle nie croit absente de la Malniaison, quel motif a pu la décider à venir visiter ce parc sous un nom suppose ? {Elle s'assied sous le bosquet.) Un attrait de curiosité, un caprice... que sais-je ?.. et l'empereur ni'en fait prévenir, et il veut que je la voie... que je lui parle... Lui parler... lorsqu'elle me fuit. .. non... Mais moi aussi je suis curieuse,
je veux c.Oiitenipler ses traits on dit qu'elle est belle, o..
toutes les reines le sont ! Ah I si elle savait que dernièrement à Bagatelle... j'ai vu son fils, que je l'ai endîrassé... l'empereur était là et il nous regardait en souriant... il paraissait ému .. j'ai sur-
Fris un de ses regards qui semblait me dire : Cet enfant si tu me avais donne!.. [Elle tire un portrait de son sein et semble le contempler aifcc plaisir.) Le voilà, il a des traits de son père!.. Quel changement dans ma destinée I {Elle se lèt^e et laisse le portrait sur la table.) Je ne suis plus son épouse, et je me rappelle ee jour où tout ce qu'il y a de grand , de glorieux dans l'empire était prosterné devant moi... et lui , il plaça ma couronne sur ma tête, le pontife me bénit et je fus sacrée... car je fus sacrée et elle ne l'est pas...
Air : Muse des bois.
Pendant douze ans près du héros que j'aime , Je trouvais moins un maître qu'un époux, Je i>artageais sa puissance suprême :
Que mes devoirs alors m'ont été doux ! Je tempérais l'orgueil de la victoire De ses arrêts je calmais la rigueur j A. mon époux la France dut la gloire, A moi par fois elle dut le bonheur.