‹ Le moulin du frau: Avant-propos d'Alcide DusolierChapitre 3 sur 6 · IV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

IV AVANT-PROPOS

justesse de vision des plus rares — et mise en valeur par une prose singulièrement expressive, mais qui, par bonheur, n'a aucun rapport avec le style tendu, compliqué, surchargé, dontles professionnels du pittoresque font un usage si fatigant. Elle est au contraire aisée, courante, toute spontanée... Et comme elle convient, comme elle s'adapte aux choses et aux personnages représentés !

Personnages ? Ce n'est pas le mot. Un « personnage » est toujours plus ou moins de convention, et je vous répète que nous avons affaire ici à la nature seule. Vous n'y trouverez donc point de personnages, vous y verrez uniquement les gens du terroir périgourdin, chacun avec son allure propre, ses traits, ses façons et ses dires, si fidèlement reproduits qu'on s'écrie à toute minute : Mon Dieu, que c'est vrai, comme c'est cela ! — Et, notez-le bien, car ce n'est pas la moindre originalité de ce livre si particulier, jamais ils ne sont amenés de force dans le récit, ils y paraissent, ils y passent à leur heure, vous les y rencontrez comme on les rencontre dans la vie... Et si vous ne les reconnaissez pas à première vue, c'est que vous y mettrez de la mauvaise volonté, tant ils sont d'une ressem- Llance criante ! Tenez, les voici, « messieurs » et paysans :

Les meuniers du Frau, les Nogaret, laborieux

et rangés, mais de cœur généreux, accueillants aux porte-besace, serviables aux voisins dans la gêne, et qui, républicains fiers de leur quatorze quartiers de meunerie, ne s'en laissent pas plus imposer par là grosse importance des bourgeois tout neufs que par les grands airs des hobereaux en bottes molles et en casquette à deux becs; — M. Silain de Puygolfier, type du gentillâtre insouciant et dissipateur, chasseur de lièvres et de bergères, buveur, joueur, perdant aux cartes l'argent de la paire de bœufs qu'il vient de vendre sur le foirail ; sa fille, «la demoiselle », qui vieillit au logis, délaissée et charmante, regardant avec une mélancolie résignée les métairies, attachées de temps immémorial au castel.de famille, s'en aller une à une aux mains des marchands de biens ; — le petit tailleur sec et taciturne qui, après avoir ruminé toute la semaine l'article socialiste de la Ruche en tirant Taiguille sur son établi, s'évertue inutilenient, dans les veillées d'hiver où Ion énoise^ à catéchiser la tablée des métayères et des bouviers, lesquels réservent leur attention eflParée à des histoires de l'autre monde: la chasse volante, le loup-garou, la bicheblanche, contées en tremblant par legarçon-meunier Gustou ; — Nancy, la bâtarde de Phospice; la bonne Mondine, servante chez les Nogaret ; le facteur Brizon ; le rebouteux Labrugère ; et le curé,

»gL

^- -- ^'"^^^^^ta le maréchal, elles

, . - a^'ir^ of maierai. «t lesi charbon-

.— .^T — ^ ^^^^?«*^T>^^ 5C.I.1 les hauts four-

. j . -: «li* ^i iiL.z. «i=:l»rasant la nappe

uZ l7^^~jtziJ=^ ^ ^^ ^-^.•^«*c«nr ?car ils y sont

c^s 1..^ ^;:- x^-- ^ ' ^i^*.cr le vif, défini tîve- ,.,., ^ . ,*, - .- jj^^-LT^^ 5:ê^«^ on par le maître -:e:»:f ' - - r'^*^- . ^ *-fi*a faii>e, je ne puis

>.5> .*î ^' -^ ^ - "^ '"^* ^'^ r^^tre, qu'on ne t- ^^^<^,^^ :»:.:: - ^'^ -^'* --^^^^^ les travaux et les

^^3^ io> - r. ^•^•^^^^'^^^ ^•^t«irqm ne sera i^> ^..-jV. < - . ^ ^ .^i-^^-^^c-ume. vous ne le - -W ,i<\ V : ' * . 'Vir Ju tout enUer, d une : -. -J ,,; ^ .U 1-- — ' rv-ir^i souventes fois, je ::s -^^.- /^ --^ ^^r-.o,:!^ «^mpatrioles. que ^ ^^îvir^: :^ ^^ r^-^^nent dans la grandie, u . < > ^ 11 - ^ .^ -"- -- "^"""^ *^ '^'^^TCt violent du ^vs >. où v't: r^-^-^^^^ ^^ '^ ^«l pour y -lir do..v^eI, --^ ^J--^^ ^ Côté de vos an-

^»» • 'îuWle joie r^-x^^ *'"'""' ^^ /^n^isiens, quel hantemont n«-ar<.>-'-'^^ ^'^ ' " ^^' ^^ ««"^ ^»i«^st.,lles„He I>-'=^ -^-^«"/^ »a bibliothèque, s Ja ranîréo des ^»»"^. p ^""^^ **« ïa «rain.

^' '* q- Je le pï.--*^'^- fel ^^r''^^'''' ^^ -- »"»«nder pour lui o*»'^ '«bures solides et

AVANT- PROPOS Vil

cossues d'auti'efois, une reliure en veau fin, couleur des armoires de noyer aux veines foncées qui décorent nos fermes etuos manoirs périgourdins : je veux à ce livre un vêtement durable comme lui.

Alcide DUSOLIER,

Page 1