SCENE XIII
JENNY
Je ne puis croire encore...
Vous avez tort, mademoiselle, car il a promis de revenir lui-même tout-à-l'heure, avant que vous ne partiez.
JENNY, vivement.
Il sait donc que je part?
JULIEN
Certainement! je lui ai dit que M. Henry vous emmenait en France pour vous épouser.
JENNY
Dieu!
JULIEN
C'est cette confiance qui l'a décidé.
JENNY
Malheureux ! elle va le rendre plus implacable encore !
BERTHAUT
Que dites-vous ?
JENNY
M. Berthaut, il n'y a qu'un instant cet homme vient de m'ofîrir sa main.
JULIEN
Lui î
JENNY
Blessé de mes refus, il a juré de se venger.
Ah ! il me trompait donc !
JENNY
Maintenant qu'il sait tout, il cherchera Henry, il le provoquera...
JULIEN
Et mon lieutenant qui est si brave, rien ne l'arrêtera.
JENNT.
Oh ! il ne faut pas qu'ils se rencontrent. Henry est retourné à bord, allons le rejoindre sur-le-champ...
L'orage redouble.
JULIEN, remontant.
Venez, venez.
BERrnxvT , passant à Jenny.
Mais permettez ; l'orage augmente ; il serait dangereux de traverser la rade en ce moment.
JENISY.
N'importe ! un instant de retard peut être fatal. Venez, M™e Morand.
JULIEN
C'est dit... je vais vous conduire dans le canot qui est là amarré au quai; parlons!...
Au moment où ils vont pour sortir, Vincent paraît au fond SCENE XIV.
M^o MORAND, JENNY, BERTHAUT, VINCENT,
Pardon! pardon!...
TOUS
M. Vincent!
VINCENT
Vous ne pouvez vous embarquer, M"« Laroche.
JENNY
Comment?
VINCENT
Voici la défense du gouverneur.
BERTHAUT
Et de quel droit, monsieur?
VINCENT
Du droit que lui donnent les ordonnances de s'opposer à la suite de tout débiteur...