‹ Le mouton [microforme] (volume 2)Chapitre 3 sur 30 · DE LA BERGERIE · texte numérisé non relu

DE LA BERGERIE

La bergerie est le bâtiment destiné à pro« téger les bêtes ovines contre l’intempérie des saisons. Elle doit être assez vaste pour contenir à l’aise les auimaux qu’on veut y renfermer, assez aérée pour que la chaleur ne sy maintienne point à un degré trop élevé, et convenablement ventilée pour que les gaz ne puissent jamais y séjourner ; en:

fin elle doit être meublée de rateliers et d’auges propres à recevoir la nourriture du

troupeau. |

Pour des montons en bonne santé, la chaleur est beaucoup plus à craindre que le froid ; c’est une vérité que l’on ne doit point se lasser de signaler en voyant com bien est enraciné chez une foule de cultivas. teur le préjugé contraire. Les cultivateurs

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éhtansent leurs bêtes dans des bergeries hét'métiquement fermées, et dont ils enlèvent les fumiers qu’une fois l’année afin d’en augmenter la chaleur. Entrez dans ces étables, une vapeur épaisse et humide vous étouffe, les gaz délétères attaquent vos yeux par des picotements aigus et veus suffoquent ; vous êtes forcés d'aller chercher à la porte l’air qui vous manque. Les étables fermées sont le plis mauvais loge:

ment que l’on puisse donner aux moutons, La vapeur qui sort de leur corps, et celle du fumier infectent l’air et mettent ces ani: maux en sueur. Ils s’affaiblissent dans ces étables trop chaudes et mialsaines ; ils y contractent des maladies et leur laine y perd. sa force. Lorsqne les bêtes sortent de V’étable, l’a'r du dehors les saisit, arrête sn: bitement leur transpiration et les met en danger. Je pense qu'il ne faut pas attribuer à d’autres causes les rhnmes et la morve dort les bêtes à laine sont souvent affectées : je recommande donc de faire en sorte qtie la température des bergeries ns diffère guère, de la température extéiieure.

Les éleveurs instruits, sont bien convaincus

que plus nne borg'rie à d'onvertnres, mieux les moutons sy matntienneut en bonne santé, pourvu toutefois qu’ils soient à l’abri de l'humidité, de la bise et des raz'ons directs du soleil.

Examinons maintenant quel doit être J’ameublement d’une bergerie, Généralement on n’a pas encore adopté l'usage des rateliers et des auges pour distribuer aux moutons leur nourriture ; on la dispose par terre sur le fumier infecté et humide d’urine, une grande partie cst foulée aux pieds et les animaux délicats n’y veulent plus toucher : ce qui occasionne uvre grande peite, surtout quand le fourrage est précieux. Aussi partout où l’on attache du prix au bon entretien des moutons, les auges et les rateliers sont considérés comme indispensables. Leur prix est peu de chose, la façon en étant facile et les bois nécessaires de peu de valeur. Le ratelier le plus amélioré est le ratelier combiné de Casgrain, patenté. On place ce ratelier an milieu de la bergerie.

Il est fait de manière à ce qu'aucune parcelle de fuin ne tomb: sur les moutons. Des petits enclos, doivent @trce faits de manière

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à être mis au besoin, afin de pouvoir séparer d'avec le troupeau, les brebis et leurs petits, quand ceux-ci demandent des soins particuliers. Il importe grandement de voir à ce que les montous en sortant de Ja bergerie ne se bousculent pas, comme cela arrive partout ailleurs, quelque soit la position et les dimensions des portes de sortie, Tout le monde sait que cette précipitation est la cause de fréquents accidents : les animaux les plus faibles sont blessés, les brebis 8° nt quelquefois tellement pressées qu’elles en avortent, Un moyen bien simple de parer à tous ces dangers, c’est que le seuil de la porte soit élevé au-dessus du sol, de quinze pouces, il ne peut être franchi qu’en traversant un petit pont sans rampes qui ne livre passage qu’à deux moutons à la fois ; la sortie devient, à la vérité, plus longue par cette méthode, mais elle est certainement plus sûre.

Je crois qu’il peut être avantageux d’utiliser le comble d’une bergerie en y mettant le fourrage, comm» on le fait pour tous les autres bâtiments de la ferme ; pourvu que lon donne issue aux vapurs par une

Yertilation bien établie,

Après toutes les précantious qe nous et:

igeons pour le renouvellement du bon ait dans les bergeries, il est facile de com:

prendre qne nons ne saurions anprouver, les éleveurs qui laissent accnmuler pendant plusieurs mois le fumier sous leurs moutons, Nous les engageons donc fortement à faire rortir le fumier le plus souvent possible de la bergerie et à l’entreténir d’une bonne li: tière fraîche et abondondante les moutons s’en trouveront mieux, et leur fumier frais sera plus protitable comme engrais.

Il ne me reste plus qu’à indiquer par quels procédés on pent désinfecter une bert gerie qui à longtemps été ronmise à nn état d'infection que l’on veut faire cesser. Il fant d'abord enlevet toutes les immordices qui la souillent ; laver tout l’ameubléement à grande éau, blanchir les murailles intérieures à la chaux, et enfin détruire les gi# par l'actian des chlorures que l’on trouve chez tous les pharmaciens. Le prix d'achat de ce chlorure est peu de chose, et voici comment on l’emploi: les moutons étant aux champs, et Île fumier étant enlevé, nn

fait fondre une livre de chlorure de chanx dans un baquet rempli d'eau. Quand Ia dissolution est complète, on en arrose le bas des murs et différents eulroits de la hergerie.

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