TRAITEMENT DES BREBIS ET DES AGNEAUX
Le moyen de retirer le plus de profit d’un troupeau de moutons doit être la première occupation de l’éleveur. On doit choisir une race qui puisse donner en même temps beaucoup de viande et de laine et qui soit d’une constitution robuste. Les diverses races qui présentent ces qualités à des degrés plus ou moins différents sont le shropshiredown, le southdown, le hampshiredown, l’oxforddown, le lincoln, le border leicester et le cotswold.
Lorsque l’on veut perfectionner un troupeau de bêtes de prix, il faut employer une marque qui permette de reconnaître Chaque bête individuellement et la suivre dans toutes les phases de son existence. Je suggérerai un système de numérotage
ui affecte un rang d'ordre à tous les animaux du troupeau.
elui que j'ai adopté est de M. C. H. Dana, de London, Ontario. C’est un anneau plat que vous mettez à l'oreille de la bête. Sur demande, votre nom et le numéro y sont inscrits. Vous tenez un registre matricule contenant divers renseignements, avec des notes sur la santé de tous les individus, et des observations sur la sortie de la bergerie, sqit par la mort, soit par lx sonte. C’est à l’aide de cet ordre établi dans la bergerie que
l'on peut éclairer sa route, reconnaître si l'on a suivi la bonne voie ou si l’on s’est fourvoyé.
L'amélioration la plus facile se produit à l'aide du métissage dont j'ai parlé plus haut, surtout. en ce qui concerne la toison,
Sur le registre matricule on doit mentionner le caractère et le produit de l'animal.
ne brebis qui donne un bel agneau gros et vigoureux et qui est bonne nourrice doit être considérée d’une grande valeur et doit être gardée dans le troupeau aussi longtemps qu’elle donnera de beaux produits.
Le berger devra se rendre farnilier aux moutons, et en leur donnant du sel ou du grain dans la main, ou dans un plat, il les rendra par ce moyen très dociles.
Il vaut mieux qu’une brebis soit seulement en bon ordre plutôt que trop grusse, mais une brebis qui est maigre ne pr'oduira qu’un chétif agneau ; de même qu’une brebis trop grasse produira un agneau faible. Une nourriture plus abondante est nécessaire pendant l’hiver et doit être donnée, en commençant, en petite quantité. On a vu plus haut quelle est la nourriture qui convient le mieux aux brebis en hiver.
Le foin, les pesats de pois, les fourrages de lentilles, fauchés verts, la paille d'avoine, la betterave et le chou de Siam haché, mêlés avec du foin coupé sont une nourriture suffisante pour garder les moutons en très bon ordre.
Les soins que demande la brebis pendant la gestation ont tous pour but d'amener à bon terme un agneau en bon état et de préparer la mère à l’allaitement. On doit éloigner tous les accidents qui lui causeraient une émotion un peu vive et veiller à ce que lerégime qu'on fait suivre ne s'oppose point au résultat que l’on espère. Le berger fera tout ce qui dépendra de lui pour éviter que les bêtes ne se poussent et ne se serrent comme cela a souvent lieu ; il usera des même précautions à la sortie de la bergerie, car plus elle s’opérera lentement, moins le flanc de la brebis sera froissé. La séparation des béliers est nécessairo, Car les coups de tête qu’ils lancent à droite et à gauche peuvent causer de graves accidents. Cette dangereuse période a ordinairement une durée de cent cinquante jours ; l'approche de l’agnelage s'annonce vingt à trente jours d'avance par un écoulement d’abord peu sensible, qui va toujours en augmentant, par le gonflement des parties sexuelles : le pis se forme alors. Quand ce dernier symptôme se manifeste sur une brebis, il faut la veiller et la secourir, soit par une saignée si l’agnelage est contrarié par un excès de force, soit par un breuvage fortifiant si la brebis est trop faible pour expulser le fœtus. L'’agneau dans sa position normale, se présente les pieds de devant au-dessous
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et un peu au-devant du museau. Lorsque l'agneau se présente de manière qu’il ne peut être expulsé, il faut le repousser avec les doigts, ayant eu soin de se huiler les mains avec de l'huile d'olive auparavant. Il faudra.le ramener dans une telle position que les pieds se présentent d’abord avec la tête couchée dessus et non renvoyée en arrière. Si le délivre retarde trop à venir on pourra le tirer doucement avec la main. Si la brebis est faible, on lui fera prendre dans une cuillère un peu de gruau saupoudré avec du gingembre. Ce sont les brebis maigres qui souffrent le plus dans l’agnelage : celles qui sont en bon état, ou même grasses ne rencontrent que très rarement de ces difficultés. Il arrive quelquefois qu'une brebis est malade et qu’elle jette son petit mort, par suite d’un avortement. Alors, il faut séparer cetie brebis d'avec le troupeau et la bien nourrir ; généralement elle se rétablit en deux ou trois jours. Mais si l'agneau est en putréfaction, la brebis maigrit à vue d'œil et meurt ordinairement,
Quelquefois la délivrance est entravée par le cordon ombilical qui retient la jambe autour de laquelle il est enroulé ; dans ce | cas on casse le cordon et l’on ramène la jambe dans la position | qu’elle doit occuper.
| Quand on est obligé de leur aider il faut le faire avec beaucoup de précautions et n’y pas aller brusquement. On doit avoir soin de la mère quand elle a mis bas, jusqu'à ce qu'elle | | soit parfaitement rétablie. — Si une brebis perd ses croîts ôtezlui du lait chaque jour, pendant plusieurs jours, et mêlez un peu d’alun dans son sel.
L'agneau nouveau-né doit être placé près de sa mère, pour qu'elle l’essuie en le léchant ; si elle n’était pas disposée à remplir cette fonction, le berger devrait l'y encourager en répandant sur le nouvel animal du sel, ou du son ; si elle s’y refuse, il faut essuyer l'agneau avec du foin.
Lorsque le temps de l’agnelage approche, il est bon de séparer, si on le peut, les bêtes qui ne sont pas pleines, et mettre les brebis qui annoncent un agnelage prochain, dans un enclos séparé. attention que l’on devra prendre surtout le soir.
Renfermez la brebis dans un petit enclos, au premier symptôme de la maladie, et donnez-lui du gruau chaud, de la graine de lin et de l’avoine moulue. Si elle envoie une matière noire, l'agneau est certainement mort. Alors, il faut l’ôter. On doit laver le vagin avec de l’eau chaude, et le doigt graissé avec de l'extrait de belladone devra être introduit dans le passage toutes les trois heures. jusqu’à ce qu'il soit assez dilaté pour expulser l’agneau. On devra donner deux fois par jour deux cuillerées à table de la médecine suivante: calomel, huit grains; de la
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tisane de graine de lin, une demi-chopine. On devra lui ad- Il ministrer en même temps, alternativement, le quart d’une 11 chopine du remède suivant : sel d'Epsom, huit onces ; nitrate de potasse, une demi-once; carbonate de soude, deux onces, et une chopine d’eau.
Aussitôt que l'agneau est arrivé il faut de toute nécessité lui faire avaler le premier lait de sa mère, qui lui est absolument nécessaire jrour vider les intestins.
Il peut arriver deux choses: ou que l'agneau d’une brebis, 1 trop malade en mettant bas ou après avoir mis bas, s'éloigne fl de sa mère, en tête une autre, ou reste abandonné au milieu du À troupeau, ou bien que la brebis souffrante soit tétée par un fl autre qui profite de sa faiblesse, de manière que le sien, après être né, ne trouve plus rien au pis: c’est à quoi on parera en mettant dans un enclos les brebis qui doivent agneler la nuit, il
Cette séparation est nécessaire lorsque quelques brebis font j leurs agneaux plus tard que les autres ; alors on a à craindre qu'un agneau fort ne frustre le nouveau-né du lait de sa mère. ’ Il n’est pas rare encore de voir un agneau téter une brebis qui | vient de mettre bas en passant entre ses jambes de derrière. |
Les senteurs de l’agnelage dont il s'imprègne, trompent la brebis qui l’adopte, ou seul ou concurremment avec le sien. C’est au moment de la naissance d’un agneau qu'il importe de veiller ; quand il a pris de la force, il se tire d'affaire soit en s'adressant toujours à sa mère, soit en tétant d'autres brebis dont les agneaux tètent aussi d'autres mères que les leurs.
Ordinairement la mère ne se refuse point à se laisser téter et l’agneau lui-même n’a pas besoin d’être longtemps enseigné par le berger pour s’allaiter comme il convient.
Quand une brebis n'a point de lait, ou vient à mourir en agnelant, ou peu après, on doit donner son agneau à une autre qui a perdu je sien ou qui peut en allaiter deux ; on emploie ordinairement un artifice bien connu pour tromper la mère et lui faire croire que l'animal qu’on lui présente lui appartient l réellement. On frotte l'agneau délaissé avec la peau de celui De: qui appartenait réellement à la brebis, ou bien on profite de k nuit pour le coucher entre les pattes de sa mère adoptive qui JE le lendemain se persuade que le petit lui appartient. Ki
Lorsque l’on ne possède pas de brebis dont la mamelle soit disponible, on nourrit l'agneau avec du lait qu’on lui fait boire, soit dans une bouteille munie d’un biberon, soit dans un plat, ce qui est plus commode. On abaisse la tête de l’agneau sur le plat, on lui passe un doigt dans la bouche, et croyant tenir le lé mamelon de sa mère, il aspire le lait avec plaisir; quelques 4 jours après on lui retire les doigts peu à peu; ils’accoutume à l
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boire seul, sans qu'on ait besoin de le tenir, Cet allaitement artificiel a besoin de quelques précautions nécessitées par la différence alimentaire qui existe entre le lait de brebis et le lait do vache, Il est prudent de mêler au lait une certaine quantité d’eau, et de le présenter toujours à peu près à la même température qu’il aurait en sortant de la mamelle. Néanmoins, le jeune agneau éprouve souvent des coliques qui dégénèrent fréquemment en diarrhée. Il est nécessaire alors d'ajouter au breuvage quelque substance légèrement astringente. L'on recommande comme un bon spécifique l'emploi de la tormentille, en infusion à raison d’une once environ par pinte de lait. L'agneau doit en outre être tenu dans un lieu bien chaud pour suppléer à la chaleur qu’il aurait reçu de sa mère; sans cela le froid le ferait promptement dépérir et pourrait même occasionner sa mort dans les premiers jours de sa naissance.
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Fig. 8.—Deux dents d’adulte
Fig. 9.—Quatre dents d'adulte .
(12 ou 15 mois).
(20 ou 24 mois).
Pour avoir de beaux agneaux, il faut leur donner un bon soin, Quand ils sont assez vieux pour manger un peu de foni, placez sur un côté de la bergerie, un peu de farine d'avoine et mieux de blé-d'inde dans de petits auges très bas et auxquels les agneaux auront accès, au moyen de petits barreaux en avant. Ils mangeront beaucoup et profiteront en conséquence. Au moment du sevrage il faut leur ménager un pâturage à la fois abondant et sec. Il faut enfin ne rien épargner pour accélérer la croissance des agneaux, car, c’est de la rapidité avec iaquelle ils croissent, sans éprouver d'arrêt dans leur développement, que dépend en très grande partie leur beauté comme animaux adultes, et leur vigueur pour toute la vie, :