‹ Le mouton [microforme]Chapitre 30 sur 52 · CACHEXIE AQUEUSE OU POURRITURE · texte numérisé non relu

CACHEXIE AQUEUSE OU POURRITURE

Tous les cultivateurs savent que cette maladie attaque surtout les troupeaux qui fréquentent des pâturages humides, et qu'elle se caractérise au début par la pâleur de la membrane de l'œil, accompagnée dans les cas extrêmes par un engorgement œdémateux de la gorge, sorte de tumeur d’apparence goîtreuse qui lui a fait donner le nom vulgaire de bouteille. Il importe donc encore plus d'en prévenir l'apparition par un bon régime hygiénique que de se mettre en mesure de la combattre. lorsqu'elle existe.

On évitera certainement la pourriture dans les pâturages insalubres qui la font développer, en ne faisant consommer ces pêturages qu'avec de grandes précautions, en conduisant d’abord les moutons sur des lieux secs ; et, partout, lorsque la saison est humide, en distribuant à la bergerie des aliments toniques, de l’avoine par exemple avant de mettre le troupeau dehors, en ajoutant du sel à la ration et de la ferraille dans leur eau.

$ 3.—MÉTÉORISATION OU BALLONNEMENT.

Le pâturage des moutons sur des champs de trèfle fauchés, il et en général sur les prairies légumineuses, surtout lorsque, après |

la rosée, les plantes ont subi l’action directe du soleil ot que les 4 animaux y ont été conduits étant affamés, produit souvent cet il accident. Le moeille-r moyen de l'éviter est de ne condrire 11 sur Ces pâturages les moutons qu'après qu'ils sont à moitié ras- 1 sasiés par un séjour de quelques instants h

sur un pâturage naturel voisin. Et encore, faut-il ne les faire consommer qu'’avec les plus grandes précautions. Lorsque les moutons sont ballonnés, une ou plusieurs doses d’eau fortement salée, que l'on fait prendre par force au malade et à grandes gorgées, peuvent suffire pour arrêter la marche de l'accident. Arrivée dans la panse, l’eau salée s'oppose à la

. fermentation des aliments qui y sont contenus ; par sa température basse, elle condense les gaz déjà développés à la suite de cette fermentation.

Le plus rapidement efficace de tous les procédés, pour comtattre la météorisation sur un grand nombre d'individus, c'est la ponction de rumen ou de la panse. Celui-là est infaillible. On plonge sans ménagement dans le flanc gauche, vers le centre de la partie supérieure de cette région un instrument spécial appelé trocart, et qui se compose d’une tige effilée et d’un tube ou douille, que la partie tranchante de la tige dépasse un peu vers son extrémité, comme on le voit dans la gravure 22 ci-jointe. Une fois le trocart introduit dans la panse, on retire la tigo; la douille reste dans la plaie et les gaz accumulés dans le rumen s'échappent avec impétuosité et bruit par la lumière du tube. Lorsque les | accidents sont conjurés, on retire le tube. É La petite plaie qui reste se cicatrise ensuite très vite et ne nécessite que des soins de propreté.

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