LA BANK FUR HANDEL UND INDUSTRIE
1. — Le développement propre de la Bank iiir Handel und Industrie.
La Bank fur Handel und Industrie — ou plus l)rièvement la DannsLadter Bank — fut fondée en 1833 à Darmstadt au capital de 2o millions de florins. C'était, a-t-on dit, « l'essai d'acclimatation en Allemagne d'une planle française « (1), autrement dit, les fondateurs s'inspirèrent du Crédit Mobilier des Pereire et voulurent créer une banque, que nécessitait le développement économique du pays, où les industriels puissent et déposer en comptes courants portant intérêts leurs capitaux disponibles et trouver les sommes nécessaires à l'extension de leur activité.
Le capital de la Darmstiidter Bank a subi les modifications suivantes :
18b6 1" millions de marlvs
(1) V. Modcl el i.oeb, op. cil., p. 45.
176 DEUXIEME PARTfE. — CHAPITRE II
1861 26 millions de marks
L'examen des bilans de la Bank fiir Handel und Industrie nous permet de contrôler les principaux faits suivants :
l'' La progresssion de l'activité générale de la banque ne s'affirme guère qu'à partir des années 1870-1871 ; l'ensemble des opérations a diminué durant la période qui précède ces années et la banque a dû consentir à une réduction de son capital-actions.
2° A partir de 1870, nous pouvons constater avec un accroissement de l'activité générale de la banque un certain développement du regulâre Geschàft, coïncidant généralement avec une période de crise ou d'inactivité industrielle (1867-1873). Le développement de cette branche d'affaires est surtout remarquable à partir de 1901 ; il a été singulièrement favorisé par l'absorption de la Bank fur Sûddeutschland et l'alliance avec la Breslauer Discontobank.
3° La distinction des bénéfices en bénéfices provenant des affaires régulières de banque et des bénéfices provenant des titres et des affaires en participation non moins que le chiffre élevé de ces dernières (col. 9 à il de l'actif) montre que la Darmstadter Bank est surtout une banque d'affaires. Rien d'étonnant par conséquent à ce qu'elle ait plus souffert que certaines de ses concurrentes des crises économiques. On remarquera l'irrégularité des bénéfices et les dépressions des années 1857, 1891, 1901.
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4° Il faut noter également dans cet ordre d'idées, T insuffisance des chiffres inscrits aux aniortissrments (col. 12 et 13 du compte Profits et Pertes) en particulier après lu crise 1900-1901 ; la Banque ne donnant pas le chilTrc de ses engagements dans les différentes affaires, on peut douter que les pertes éprouvées par elle soient complètement amorties.
5° Remarquons enfin que les augmentations successives du capital-actions (à partir de 1872) ne s'expliquent point par une augmentation parallèle des dépôts et comptes courants (qui sont loin d'avoir l'importance qu'ils ont dans nos grands établissements de crédit ou même à la Deutsche Bank ; ces chapitres sont composés dans une proportion à peu près égale de dépôts à vue et de comptes à échéance) ; elles sont plutôt la conséquence de l'augmentation dans les crédits accordés — pour une large part à découvert — dans les participations et les affaires en consortium comme aussi dans le chiffre des commandites de banquessecondaires, procédé fort employé àla Darmstildter Bank jusqu'à ces dernières années ; elle ne possédait pas moins en 1902 de H commandites ; ce nombre a diminué ; la banque use aujourd'hui du procédé d'extension par achat ou échange des actions (§ II).
Nous ne remarquons point à la Darmsladter Bank l'orientation nouvelle, signalée d'une façon générale pour les grandes banques, vers les pures affaires de banque, conséquence indirecte des derniers troubles économi(iues. Elle reste hdèle à son ancienne activité : ses participations se sont depuis 10 ans accrue» d'unr façon continue: 46, 8 millions de marks en 189G : 119, 8 millions en I90i, soit près du tiers de l'aclii' total. Priit-rlrc ce caractère
particulier vient-il nuire à la diffusion même de la banque ; les banques d'aiïaires ont peu à gagner d'une extrême décentralisation, et de fait nous la voyons tenir le quatrième rang dans le concert des groupes de banques; de jeunes et ardentes rivales comme la Gommerz und Disconto Bank de Hambourg qui vient de fusionner avec la Berliner Bank la dépasseront bientôt peut-être par le nombre de leurs succursales ou de leurs participations. Mais à d'autres points de vue, l'industrie allemande toute entière doit se féliciter de posséder un tel établissement qui mît toujours à sa disposition le crédit sous ses formes le plus variées. On a pu dire de la Darmstadter Bank qu'elle avait parfaitement mérité son nom de « Banque pour le Commerce et l'Industrie. »