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DRESDNER BANK ET SCHAAFFHAUSENs'cHEK l'.ANKVEREIN 2i5
A. Schaaffhaiisens' cher Bankverein.
Compte Consortial.
1901 1902 1903 1904 millions de inariis
Actions de banque et de Compagnies
d'assurances 3,49 1,01 1,04 0,06
Actions et obligations d'entreprises
de transport 4,42 5,99 6,26 7,80
Actions et obligations d'entreprises
industrielles 11,45 10,48 7,73 5,63
Divers 1,81 0,73 0,69 6,30 (1)
Compte des valeurs propres.
Fonds d'Etat. Obligations foncières
et industrielles 7,12 9,71 9,74 9,04
Valeurs cotées en Bourse 13,10 10,79 10,63 12,30
Valeurs non cotées en Bourse ... 8,2 13,30 12,42 13,22
(1) Dont 4,487,000 marks de fonds d'Elals allemands et obligations foncières.
De l'examen de tous ces chiffres et de tous ces faits ressortent bien nettement les idées principales que nous nous sommes efforcé de mettre en lumière dans la première partie de ce travail.
Mieux que des résultats d'ensemble ou que l'exposition de tendances un peu vagues dans leur généralité même, les bilans particuliers de chacune des grandes banques nous ont révélé l'intime confusion au sein des banques allemandes de ces différentes fonctions que partout ailleurs nous trouvons soigneusement distinguées, — fonctions de banques de dépôt, de banques de crédit, fonctions de banques d'affaires. — Sans doute, les grands établissements berlinois combinent ces fonctions dans une inégale proportion et la Discoutogesellschaft, la Bank fiir Ilandol und Industrie nous sont apparues comme étant suilout des Sociétés financières, la Deutsche Hank et la Dresdner Bank comme étant surtout des établissements de crédit. Mais on a vu aussi en y regardant de plus près, corn ment, en certaines jinnécs, les rôles se trouvaient pour ainsi dire renversés et que certaines de ces banques prenaient parfois brusquement une direction nouvelle toute différente de leur orientation générale
et accoutumée; et ceci nous montre à quel point sont étroits les rapports de ces grands Instituts berlinois et des conditions économiques du pays tout entier. On a dit que de tous les problèmes que soulève l'organisation économique d'un pays, il n'en était guère de plus importants que ceux relatifs au régime de ses banques. Nous voyons comment en Allemagne, celles-ci indiquent le^ moindres variations du marché national, comment elles s'efforcent de les pré.voir ou de s'y adapter, redoublant leur activité pendant les périodes prospères, au contraire se repliant sur elles-mêmes pour laisser passer l'orage. C'est donc à juste titre que nous avons pu ranger au nombre des causes générales du mouvement de concentration et cette façon môme de comprendre et de pratiquer la banque, — et cette union intime de la banque et des autres manifestations de l'aclivité économique que l'examen détaillé des participations industrielles et commerciales des grands établissements est venu singulièrement éclairer.
Ici, les conditions locales, les relations particulières des hommes placés à la tête des grands établissements ont sans doute décidé en partie des sortes particulières d'industries auxquelles allaient s'intéresser les banques. La Deutsche Bank s'est plus spécialement attachée au développement des affaires électriques et du commerce transatlantique, la Discontogesellschaft s'est intéressée aux entreprises de transport, la Dresdner Bank aux industries textiles etchimiques, l'A. Schaaffhausens'cher Bankverein aux mines et aux houillères : la Darmstadter Bank seule ne paraît point s'être spécialisée. Mais l'ensemble des participations industrielles et commerciales des grands établissements embrasse toutes les industries fondamentales de l'économie nationale ; nous en avons vu la somme — qui
pour 1904 ne représente pas moins de 394, 6 millions de marks — croître d'année en annéed'une façon parallèle aux progrès de l'industrie et du commerce allemands. Il s'agit donc bien là d'un fait général dont nous devions dégager les conséquences logiques.
L'action des causes particulières que nous avons signalées n'est pas moins manifeste dans chacun de ces établissements : on a pu noter la nouvelle vigueur qu'a prise h partir de 1896 — loi sur le Dépôt et sur les Bourses — le regiilàre geschâft et l'important accroissement de la plupart des chapitres. L'action de la crise 1900-1901 n'est pas moins évidente à cet égard. Les enseignements qui s'en sont dégagés, danger d'immobilisations trop considérables, nécessité pour développer les opérations de banque ordinaires de s'étendre et de rayonner, ont imprimé à la Discontogesellschaft, voire à la Darmstâdter Bank une direction nouvelle comme aussi bien ils ont fortifié la Deutsche Bank et la Dresdner Bank dans une ligne de conduite que déjà elles prétendaient suivre.
D'autre part nous avons retrouvé plus ou moins utilisés par chacun des grands établissements dans le processus de concentration ces 7noi/p?is dont nous avons donné un tableau général. Te choix dilTérent qu'ont pu faire de ces méthodes les Instituts berlinois s'explique ici encore par des considérations particulières que nous avons signalées au passage. La Discontogesellschaft, société financière et société en commandite par actions n'a décidé de diffuser son activité par rayonnement à travers les provinces que du jour où les nécessités de la concurrence et les conditions économiques de l'Allemagne
l'ont forcée à développer ses opérations de banque pure. Longtemps la Darmstàdter Bank a cru suffisant le procédé des commandiles ; la Dresdner Bank a longtemps pratiqué le mode des absorptions pures et simples. Mais il faut remarquer la tendance qui paraît animer en ces toutes dernières années les grands établissements et les pousse à employer de préférence le mode des participations par achat ou échange d'actions à l'exemple de la Deutsche Bank; nous connaissons les avantages techniques de ce procédé et cette politique n'a sans doute pas peu contribué à assurer la supériorité et la prépondérance actuelles de la Deutsche Bank.
Peut-être aussi verrons-nous se généraliser les communautés d'intérêts contractuelles dont l'alliance Dresdner Bank-A. Schaaffhauseiis'cher Bankverein nous fournit un exemple si précis. Ce que paraissent en etTet chercher avant tout les grandes banques allemandes c'est une diffusion de leur action, un complément de forces qui n'entraîne point de grandes immobilisations et qui leur laisse, comme aussi bien aux banques alliées, une large liberté d'action nécessitée par les conditions économiques mêmes de l'Allemagne, une grande faculté d'adaptation aux besoins régionaux Les Interessengemeinscha ften pdiTSiissent répondre à tous ces desiderata.
Enfin, l'unité des causes du mouvement de concentration dans les banques allemandes qui se révèle dans la multiplicité de ces faits de concentration que nous avons relevés et dont le nombre et l'importance s'accroissent d'année en année — non moins que dans les augmentations du capital propre, que nous avons tenu à détailler, tant pour les grands Instituts que pour les banques secondaires, prouve assez qu'il s'agit bien d'un
mouvement général, « manifestation de lun dos grands courants qui agissent dans les sociétés modernes — le capitalisme » (1) — et qu'on ne saurait trop simplement ramener à l'action de causes toutes individuelles et contingentes.
(1) Bourguin, op. cil p. 180.
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li. — Revues et "périodiques.
En dehors des revues et périodiques qui contiennent les articles déjà signalés, nous donnons l'en uméralion des principaux journaux économiques et financiers qui tiennent d'une façon générale le public au courant des faits de concentration et qui leur ont consacré en ces dernières années un grand nombre de courts articles et de notices.
Der Deutsche OEkonornist, Berlin.
Der Berliner Actionàr.
Bank Archiv. Berlin.
Die Frankfurter Zeitung .
L'Economiste Européen, Paris.
L'Economiste français, Pans.
Le marché financier (A. Raffalovich). Pans.
L'Information.
The Bankers Magazine, Londres.
7 he Economist.
Saling's Bôrsen lahrburh. Leipzig. Verlag. fur Borsen und Finanzlit-
teràtur.
Handbuch der deutschen Aktiengesellschaften [lahrbuch der Deutschen
Borsen), Leipzig.
TABLE DES MATIÈRES
Pages
INTRODUCTION.— Le mouvement de concenlralion dans le commerce de banque : France, An|,'leterre, Ktats-Unis. — Cause gérale.— Formes. — Etude particulière du mouvement de concentration dans les banques allemandes ; division du sujet ; méthode 1-23