‹ Le mouvement litteraire contemporain (volume 2)Chapitre 13 sur 69 · Sur M. Paul Margueritte, cf. p · texte numérisé non relu

Sur M. Paul Margueritte, cf. p

bien il cherche des figures dans les vieilles légendes, ou encore il se contente de feuilleter son âme, tantôt rappelant les souvenirs des jeunes années, comme dans le Livre de mon ami^ tantôt, comme dans le Crime de Sylvestre Bonnard, prêtant d'avance à ses vieux jours une sagesse grave et souriante qui s'épanche complaisamment en savoureux propos. Pour M. Anatole France, les aimables mensonges de l'imagination eurent toujours plus d'attrait que la sèche exactitude des « documents ». La vérité qui se constate ne vaut pas, selon lui, la beauté qui se rêve. Disons mieux, il tient la beauté plus vraie que la vérité même, si, comme le déclare Platon, elle est la vérité dans sa splendeur. Lorsque l'auteur de Thaïs empruntera ses sujets et ses personnages à la vie moderne, il fera des romans très peu naturalistes : le Lys rouge est une œuvre de poète et de virtuose, et, dans V Histoire contemporaine ^ les choses les plus familières ou même les plus triviales ont je ne sais quel tour d'élégance, si bien que l'artiste subtil, le studieux amateur des Attiques et des Alexandrins se révèle jusque dans la description d'une boucherie ou d'une cuisine*.

Le naturalisme n'exerça non plus aucune influence sur M. Pierre Loti. On peut même dire que les traits essentiels de son caractère y sont directement contraires. Deux surtout : d'abord, le goût de l'exotisme; ensuite, une irrépressible subjectivité. Et, par ces deux traits, il se rattache aux romantiques,

Page 1