Le Roman (Vun enfant
ses désirs, de ses tristesses, de ses pressentiments obscurs, de ses furtives réminiscences, de tout ce qui le séduit et le trouble dans son inquiet effort pour ressaisir, comme il dit^Tantérieurdes durées ou pour anticiper sur Tau-delà.
M. Anatole France définit la critique* une espèce de roman : nous pourrions définir ses romans une espèce de critique où il raconte « les aventures de son ûmc ». Sans parler de livres tels que le Jardin d'Bjjicure ou les Opinions de Jérôme Coignard, qui ne rentrent dans aucun genre déterminé, qui n'ont même aucun cadre, ceux qu'il nous donne sous le nom de romans sont tantôt des impressions d'enfance, rappelées au hasard de ses souvenirs, tantôt quelque mince anecdote qui lui sert de prétexte pour tracer l'aimable et maligne figure d'un vieil érudit, tantôt, comme dans les quatre volumes qu'il a réunis sous le titre d'Histoire contemporaine^ une série de chroniques à peine rattachées par un léger fil. Entre toutes ses œuvres, le l^ys rouge a seul la forme d'un roman; mais, si la partie proprement romanesque y est plus étendue que dans les autres, ce qui en fait le principal intérêt, ce sont des épisodes qui n'ont point de rapport avec le sujet même ou de simples conversations qui pourraient se transporter n'importe où.
Maintes qualités du romancier manquent à M. Anatole France. 11 invente peu, et lui-même l'avoue de