‹ Le mouvement litteraire contemporain (volume 2)Chapitre 38 sur 69 · Arlo II, sr. m · texte numérisé non relu

Arlo II, sr. m

•1. Acte 1, se. IV.

s'occupe. * » Lorsque Teissier veut prendre Marie chez lui : « Est-ce que vous ne seriez pas bien aise, » dit-il, « de laisser votre famille dans Tembarras et d'en sortir vous-même? J'aurais ce sentiment-là à votre place *. » Voilà des traits, et je pourrais en citer plusieurs autres, qui nous montrent Fauteur et non les personnages.

N'insistons pas trop sur ces détails. Pour tout le reste, il faut reconnaître la modération de Becque. On doit lui savoir gré de répudier un optimisme «de commande qui faussait jusqu'aux meilleures pièces de ses prédécesseurs; mais on doit le louer non moins de ne pas étaler un pessimisme systématique. Il y a telles comédies de Molière où ne figurent guère que des sots ou des fripons. Ici, sur une quinzaine de personnages, six ou sept méritent notre estime. Georges de Saint-Genis^, que l'auteur pouvait si facilement rendre odieux, est seulement faible. Rosalie, qui n'abandonne pas ses maîtres tombés dans la misère, obtiendrait un prix académique, avec la protection d'un « duc ». Quant aux Vigneron, le père, la mère, le fils et les filles font plutôt honneur à la nature humaine. En vérité nous taxerions Becque d'optimisme, si ses personnages les plus « sympathiques » n'étaient pris dans la réalité familière, s'il n'en avait exclu toute fade idéalisation. Notons d'ailleurs que ses gredins eux-mêmes rendent hommage à la vertu par

!. Acte lU se. VII.

Page 1