‹ Le mouvement litteraire contemporain (volume 2)Chapitre 56 sur 69 · rf., ibid · texte numérisé non relu

rf., ibid

trouvent dans Tassonance un moyen d'enrichir la langue poétique, de la rendre plus apte à traduire la vague et mobile intimité de Tâme humaine?

Enfin les novateurs répudient une précision sèche et catégorique. Verlaine disait :

11 faut aussi que tu n'ailles point Choisir tes mots sans quelque méprise*.

Un pareil précepte est, certes, très dangereux. Mais le changement qui se fait dans la conception même de la poésie explique bien qu'on recherche une langue assez flottante pour rendre ce que le sentiment peut avoir d'indéfini, de voilé, de fugitif. Si, chez tels jeunes poètes qui écrivent improprement, celte impropriété tient à l'ignorance, les plus artistes suivent eux-mêmes la recommandation de Verlaine. Nous ne pouvons noter ici les nombreux tours par lesquels ils donnent souvent à leurs vers un charme subtil d'imprécision. Indiquons-en au moins un, qui ne leur est pas particulier, mais dont ils se servent beaucoup plus fréquemment que les poètes antérieurs. C'est la substitution du terme abstrait au terme concret. Dans les vers suivants de M. Henri de Régnier, par exemple :

.... La forêt résonnante où se dresse La multiplicité verticale des troncs 2.

Ou encore :

Les lointains sont baignés de brumes violettes

Où s*enfonce et se perd la blancheur des chemins 3.

\. Jadis et Naguère^ Art poétique.

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