‹ Le mouvement littéraire contemporainChapitre 25 sur 76 · Cf. p · texte numérisé non relu

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quelques romans plus ambitieux; il restera l'auteur de Sauvageonne et du Mariage de Gérard.

M. René Bazin commença par des récits d'un « idéalisme » tant soit peu fade. On y appréciait la délicatesse du moraliste et l'élégance de l'écrivain. Et c'est bien quelque chose. Mais, sans rien perdre de cette délicatesse et de cette élégance, il nous a donné récemment deux ou trois œuvres plus vigoureuses. Son dernier livre, la Terre qui meurt, l'emporte de beaucoup sur tous les autres par la franche réalité des peintures.

Avec ces trois écrivains, le roman champêtre n'est plus ni une églogue, comme il l'était avec George Sand, ni une satire, comme il le fut avec M. Zola. Il est réaliste au meilleur sens du mot, sans exclusion et sans parti pris. On peut nous peindre les paysans obtus et routiniers, mais on peut aussi nous montrer la sainteté de la tradition, la grandeur des antiques disciplines que maintient la vie rustique. On peut nous peindre les paysans âpres au gain, rudes et secs, mais on peut aussi nous montrer leur endurance, leur labeur opiniâtre, leur frugalité de mœurs. Et enfin l'on peut nous peindre les paysans obscènes et lubriques, mais on peut aussi nous montrer ce que l'amour a chez eux de plus frais et de plus naïf.

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