li n'est pas bien sûr que Malherbe en soit l'auteur
cepte, indique encore pourquoi ils conviennent à la poésie nouvelle :
De la musique avant toute chose;
Et, pour cela, préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air.
Les vers de neuf et de onze syllabes ont par eux-mêmes un caractère d'instabilité, de discordance, et c'est pré- ■ cisément pour cela qu'ils avaient été jusqu'alors d'un ! emploi peu fréquent; mais, si la symétrie du rythme : pair s'accorde fort bien avec un art précis comme celui des parnassiens, elle a quelque chose de convenu et d'artificiel. Au contraire, les mètres impairs écartent, par l'incertitude même de leur démarche, toute idée d'arrangement factice, de rhétorique. Ils semblent d'ailleurs être plus aptes à rendre les sentij ments vagues et troubles, à rythmer cette « chanson grise » qui fut la chanson de Verlaine et de ses disciples.
La rime aussi devait être réformée par les symbolistes. Ils l'affranchirent des règles conventionnelles qui gênaient le poète dans l'expression de sa personnaUté propre, et l'accommodèrent au caractère de la nouvelle poésie.
D'abord, l'ordre des masculines et des féminines devint libre. Il avait fallu, depuis Ronsard et surtout depuis Malherbe, les alterner régulièrement. Et sans doute cette régularité d'alternance peut bien se défendre, en dehors de tout cas particulier, comme avantageuse à l'harmonie des vers. Mais « il n'y a pas de règle générale*, » c'est-à-dire universelle. Pour