Archives de physioL, 1887, X
3. L'automatisme psychologique .Vdivis, 1889. Voir surtout p. 223 et suiy.
ne ressent pas la fatigue, quoiqu'il puisse rester étendu horizontalement pendant une heure. Si au lieu d'imprimer au bras anesthésié une position rigide, l'opérateur lui en imprime un mouvement de va-etvient, le patient le répétera continuellement et inconsciemment. Ce mouvement rythmique peut être compliqué comme l'écriture d'une lettre qui serait aussi à recommencer sans cesse.
L'anesthésie du bras n'étant que psychique, ses mouvements automatiques sont gouvernés par ses relations avec les objets externes. Une paire de ciseaux, placés dans la main anesthésiée, peut être saisie comme d'habitude, et être ouverte et fermée, sans conscience de la part du sujet.
Quoique l'anesthésie soit une condition nécessaire pour les formes les plus prononcées de l'automatisme, on peut cependant produire quelques effets momentanés, par simple distraction. Le sujet étant engagé dans une conversation des plus vives, M. Janet se plaça derrière lui, et lui parlant à voix basse, lui ordonna de faire avec les mains certains mouvements, qui furent immédiatement exécutés, sans sa connaissance. Au lieu d'ordonner les mouvements directement, on peut suggérer une hallucination, comme celle d'un serpent qui se trouverait devant le sujet, qui recule aussitôt, tout en continuant à causer gaiement.
La suggestion posthypnotique offre d'autres exemples d'automatisme. Dans certains cas, l'acte suggéré est exécuté consciemment, le stimulant qui fait agir restant seul inconnu. Dans d'autres cas, la suggestion est exécutée sans conscience du sujet éveillé. Janet
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a obtenu de cette façon des écrits automatiques, suffisamment développés pour constituer un petit billet, et de même des calculs automatiques d'un type simple.
Janet distingue ces formes de réactions automatiques, comme « automatismes partiaux » des conditions dans lesquelles l'automatisme est complet, comme le somnambulisme ou la catalepsie. Dans Tautomatisme complet, la conscience normale manque totalement. Une hallucination ou une idée suggérée, ou une sensation subconsciente peut se charger de l'appareil moteur du corps. La volition, au sens propre du mot, et spécialement la critique consciente, l'inhibition et la proportion de l'expression motrice manquent.
En dehors des actions connues des sujets hypnotisés, les actes d'automatisme total appartiennent à des phénomènes d'ordre strictement pathologique, comme l'épilepsie, l'hystérie, la neurasthénie, l'alcoolisme. Les récits de « fugues » ou « d'automatisme ambulatoire » rendent les histoires plus attrayantes.
Certains automatismes de cette dernière catégorie ne durent que peu d'instants. Ils consistent en de brèves « absences », pendant lesquelles le patient se met brusquement à marcher, ou à vider ses poches, ou à faire toute action incompatible avec les circonstances du moment. Tout d'un coup « il revient à lui-même » ordinairement inconscient de ce qu'il a
I. Me Carthy. Journ. of Nerv. and Ment. Dis. New- York, 1900, XXVIl, i43.
fait*. Il y a d'autres cas dans lesquels le patient erre pendant des jours et des semaines ; il revient à luimême en quelque endroit qui lui est étranger, ignorant la route qu'il a suivie et tout ce qu'il a fait depuis le début de sa fugue ^
Le degré d'automatisme ou d'inconscience varie beaucoup ; il est plus intense chez les épileptiques, qui peuvent se mettre à marcher avec une vitesse remarquable, et continuer ainsi pendant plusieurs jours sans rémission et avec peu de conscience de leurs actions, qui cependant sont suffisamment normales pour préserver le patient d'un internement". Dans ces cas, il n'y a aucun signe d'un motif conscient qui pousse à Tactivité motrice.
Dans les fugues dos hystériques il y a un motif, quelque insuffisant et même ridicMile que ce soit. Comme dans toutes les manifeslations d'hystérie, le champ de conscience est très étroit : l'hystérique est sous l'empire d'une seule idée ou d'une seule terreur. Son attitude peut cependant sembler normale aux étrangers qu'il rencontre dans ses pérégrinations. Lorsqull arrive loin de chez lui, il est ordinairement incapable de se rappeler les événements qui se sont succédé. Dans d'autres cas l'amnésie n'est pas complète ; certains événements reviennent çà et là en mémoire \ Dans d'autres cas encore, les expériences oubliées peuvent être rappelées par hypnotisme, et parfois on peut les rappeler dans la
1. Tissu':, f.cs aliénés \'oyaf;ciirs. Thhsc de hovdcsiux, 1887.
'j, Cabadk. ArckU'es clin, de Bordeaux, iSgS, IV, i45.