‹ Le mouvement scientifique pendant l'annee 1864Chapitre 39 sur 63 · SUR LA PERMÉABILITÉ DU FER · texte numérisé non relu

SUR LA PERMÉABILITÉ DU FER

On appelle cémentation l’opération qui consiste à fabriquer tle l’acier avec du fer, en chauffant celui-ci pendant longtemps au contact de la poussière de charbon.

M. Oailletet a voulu s’assurer que les gaz enfermés dans les caisses de cémentation traversaient les pores du fer et s’accumulaient dans les vides du métal rougi, pour y déterminer la formation d’ampoules plus ou moins nombreuses.

« En cémentant ensemble des lames de fer de nature diverse que fournil l’industrie, on obtient constamment de l’artVr poule fc’est le nom qu’a reçu l’acier recouvert de soufflures). Mais si l’on opère en employant le fer parfaitement doux cl homogènê que l’on obtient en chauffant pendant plusieurs heures à une température élevée de l’acier fondu, on remarque alors que les lames de fer homogène sont redevenues acier, mais sans présenter une seule ampoule il leur surface. Pour transformer en acier les pièces de fer dont les surfaces ne doivent pas être altérées, il faut employer un fer aussi homogène que possible, cl recourir à un procédé rapide de cémentation. Afin d’éviter aussi dans la fabrication' des pièces de forge la production des soufflures, il faudra empêcher la formation des vides dans la matière ébauchée. »

11 existe d’autres circonstances dans les opérations métallurgiques, où l’on peut obtenir des effets non moins remarquables. Ainsi, d’après M. II. Sainte-Claire Deville, le rochago de l’argent et de la lilhargc (occasionné par la dissolution des gaz dans ces matières fondues), si complètement étudié par M. Le Blanc, le dégagement des bulles de gaz inflammable du sein des matières vitreuses, sont des phénomènes qui seront généralisés à coup sùr. La fonte blanche, l’acier, au moment de leur refroidissement, laissent dégager un gaz qui nuit beaucoup à la

LA. FAUNE DES GAULES

perfection des pièces coulées en acier fondu. La fonte grise, ce qui est très-curieux, ne donne rien de semblable. L'origine de ces gaz combustibles, ajoute ce savant, est d’ailleurs facile à trouver dans les foyers de chauffage; les parois des creusets servent par endosmose (mélange à travers les parois) à concentrer, sur les matières qu’ils contiennent, le gaz qui les entoure. Il serait donc fort à désirer que des expériences fussent faites dans les grands ateliers métallurgiques, où les ingénieurs ont à leur disposition des instruments scientifiques qui deviennent les plus précieux quand on sait s’en servir comme l’a si bien montré M. Cailletet.

Paléontologie. — La faune des Gaules.

A l’époque où l’homme vint habiter les Gaules, le renne y vivait avec d’autres animaux inconnus aujourd’hui sur notre sol. Ce résultat de la paléontologie a été confirmé dans ces derniers temps par de nombreuses découvertes. MM. Lartev et Christy, écrivaient en février, une lettre à M. Milne-Ldwards, laquelle fut communiquée par ce dernier savant à l’Académie dans la séance du 29 du même mois. Cette communication est relative aux découvertes faites pendant les cinq dernière mois de l’année passée, dans cette partie du Périgord qui forme aujourd’hui l’arrondissement de Sarlat. Une des grottes de cette région, celle des Eyzics, a montré, dans une brèche recouvrant le sol en plancher continu, un amalgame d’os fragmentés, de cendres, de débris do charbon, d’éclats et de lames de silex taillées sur des plans divers, mais toujours dans des

LA FAUNE DES GAULES

formes détiuies et souvent répétées, avec une association d’autres outils et armes travaillés en os ou en bois de renne. Sur deux plaques de roches sehistoïde, on a discerné des représentations partielles de formes animales gravées en profil. Outre les dépôts ossifères, si nombreux dans l’intérieur des cavernes de ce pays, il y a des accumulations analogues de débris organiques, adossés aux grands escarpements des calcaires crétacés de cette région, et quelquefois simplement abrités par des saillies de rochers. Ces dépôts extérieurs abondent en silex taillés et en ossements concassés d’animaux, cheval, bœuf, bouquetin, rennes, oiseaux, poissons, etc., lesquels ont évidemment servi à l’alimentation des peuplades indigènes, dans cette période ancienne de l’ûge de pierre. Les restes du cerf commun y sont très-rares, aussi bien que ceux du sanglier et du lièvre. Ces savants y ont trouvé quelques dents isolées du cerf gigantesque d’Irlande et des lames détachées de molaires d'éléphant.

A Laugerie-Basse, toujours sur les bords de la Vézère, il y avait probablement une fabrique d'outils en bois de renne, à en juger par l'énorme quantité des restes de cornes de cet animal qui s’y trouvaient accumulées, et qui presque toutes, portent des traces d'un sciuge au moyeu duquel on en détachait les pièces destinées à être mises en œuvre. 11 y avait là des flèches et des harpons barbelés qui se retrouvent dans presque toutes les stations de cet âge, et de plus uue grande variété d’ustensiles dont quelques-uns sont ornés de sculptures élégantes et d’un travail véritablement étonnant, eu égard aux moyens d'exécution que pouvaient avoir ces peuplades dépourvues de l’usage des métaux. On y remarque ces aiguilles en bois de renne, finement appointées par un bout et percées, à l’autre extrémité, d'un trou ou chas destiné à recevoir un fit de na-

LA FAUNE DES GAULES

"lire quelconque. Certains autres outils laisseraient soupçonner leur emploi pour la fabrication des filets. Des Vnls de !oup et de bœuf, perçues dans leurs racines, ont dû servir d'ornement, ainsi que d’autres objets façonnés en pendeloques. C’est encore dans cette localité qu’ont été trouvés des bois de renne qui, malgré leur altération de vétusté, conservent encore, en tout ou en partie, des représentations très-distinctes de formes animales.

I' ■ a un morceau capital où le sentiment de l'art se révélé surtout par l’habileté qu’a mise l'artiste à plier des formes animales, sans trop les violenter, aux nécessités d’une destination usuelle. C’est un- poignard on courte épée en bois de renne, et dont la poignée tout entière imite le corps d’un animal. Une nouvelle preuve de la contemporanéité de l’homme et du renne dans la France centrale et méridionale, se trouve dans des bois assez nombreux de cet animal, à la base desquels on distingue des entailles faites aprèsen avoir détaché la peau. On remarque aussi des coupures ou entailles transverses que l’on voit fréquemment au bas des tendons de nos rennes des cavernes, et qui ont été produites par la section des tendons, opérée, comme le font encore de nos jours les Esquimaux, à l’intention de fendre ces tendons et de les diviser en fils qui servent à coudre des peaux d’animaux et aussi à tresser des cordes d’une grande solidité. 11 n’y a aucune donnée historique ou de chronologie positive sur l'époque où le renne aurait cessé d’habiter l’Kurope tempérée. Cet animal n’a été vu ni clairement décrit par aucun auteur de l’antiquité. César en a parlé seulement par oui-dire et comme existant encore quelque part, dans une forêt dont on n’avait pu atteindre les limites extrêmes, même après une marche de soixante jours.

Les découvertes précédentes ne sont pas les seules, un

Page 1