‹ Le mouvement scientifique pendant l'annee 1864Chapitre 41 sur 63 · HAUTEUR DES NEIGES · texte numérisé non relu

HAUTEUR DES NEIGES

HZ

paraître celles-ci,, depuis la plaine jusqu’à une ligne de niveau, pendant la saison chaude, tandis que, dans la saison froide, elles recouvrent, non-seulement les montagnes, mais encore les vallées et les étendues de plaines plus ou moins grandes. La recherche de la limite des neiges perpétuelles ou des neiges persistantes consiste donc en ceci : déterminer la ligne de démarcation qui limite les neiges, pendant la saison chaude de l’année, dans une localité quelconque. Le problème ainsi généralisé offre de très-grandes difficultés; il n’a pas été résolu. Ce que l’on voit tout d’abord, c’est que la ligne limitant les neiges éternelles s’élève en s’avançant du pôle à l’équateur, et que, pour des latitudes égales, elle est plus basse sur les côtés qu’à l’intérieur des contrées, où il fait plus chaud pendant l’été et où la neige est moins abondante pendant l’hiver. Mais la solution de ce problème, dépendant de conditions particulières et d’observations relatives à différents pays, a conduit à des résultats importants. C’est ce que démontre la dernière communication de M. Renou, concernant la question des neiges persistantes. Nous en ferons le résumé, car elle est de nature à fixer positivement les récents progrès de la météorologie sur celte partie de la température du globe, et à montrer le lien qui unit intimement cette science avec la climatologie.

D’après ce savant, la limite des neiges persistantes est entièrement liée au climat de chaque contrée. C’est un fait de définition, malgré sa simplicité et son indépendance apparente de tout arbitraire. Les contrées équatoriales font, pour ainsi dire, exception ; la limite des neiges y est fixe, à cause de la constance des phénomènes météorologiques. « Quand on va de Puebla à Mexico, par exemple, on est frappé de cette calotte blanche qui couvre

HAUTEUR UES NEIGES. 3l3

le Popocatepell et l’Iztaccihualt ; il ne s’v produit jamais de déplacement bien sensible. Mais, si nous considérons nos pays froids, le phénomène n’est plus aussi simple : en hiver, la neige couvre toutes les pcnies et gagne jusqu’aux plaines les plus basses; au printemps, les pentes inférieures se découvrent les premières, et en été elles fom dent jusqu’à une grande hauteur, qui atteint une certaine limite habituelle en automne; puis l’hiver revient, et les neiges descendent de nouveau; on voit ainsi perpétuellement pendant six mois les neiges descendre, et pendant six mois fondre jusqu’à un certain niveau ; c’est là ce qu’on appelle la limite des neiges perpétuelles ou mieux persistantes. Cette simple considération fait voir que la limite qui nous occupe est en rapport avec'la température de la moitié la plus chaude de l’année, c’est-à-dire avec la température des six mois compris entre le 22 avril et le 22 octobre. * IVoù l’auteur en déduit cette loi : Dans toutes lescontfées de la terre la limite des neiges persistantes est l'attitude à laquelle la moitié la plus chaude de l'année a une température moyenne égale à celle de la glace fondante.

On ne peut pas espérer une vérification rigoureuse do cette loi, avec les observations qui ont été faites jusqu’ici. Klles sont insuffisantes ou défectueuses, et M. Rcnou se borne à constater un accord aussi approximatif que l’état actuel de nos connaissances peut le permettre. En partant des altitudes données par Durocher, comme limite des neiges persistantes, it en conclut la température moyenne de la moitié la plus chaude de l’année. Ainsi, par exemple, dans les Andes, dont l’altitude est 4795 mètres, la température moyenne est 27, 4°. Pour l’Himalaya, altitude 3936 mètres, la température moyenne serait 25°. I.a côte sud-ouest du Spilzbcrg, ayant 7S n de latitude, aurait O de température au niveau de la mer,

Page 1