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Le mouvement théologique du XIIe siècle

Le simple exposé des circonstances d'où est sorti ce volume apprendra aux lecteurs ce qu'ils peuvent s'attendre à trouver dans ces pages et ce qu'il leur est inutile d'y chercher. Engagé depuis quelque temps déjà dans des recherches sur l'histoire des sacrements au xif siècle, l'auteur a dû s'occuper des problèmes de crilique littéraire qui encombraient les abords de son sujet; en même temps, pour répondre aux exigences de l'enseignement, il lui fallait donner quelques aperçus d'ensemble sur la littérature dogmatique. Exposés synthétiques ou recherches de détail, ces travaux trouvèrent accueil dans un certain nombre de revues, de langue et de publicité fort diverses. Des juges bienveillants ayant estimé qu'il y aurait avantage à les réunir en volume, l'auteur crut devoir céder à leurs invitations répétées, sans trop examiner les titres qui pouvaient justifier cette encourageante appréciation.

Parmi ces articles, il a choisi ceux qui avaient pour objet les grands événements de l'histoire littéraire de la théologie au xii® siècle : période de transition, si l'on veut, mais période plus féconde et plus mouvementée qu'on n'est porté d'ordinaire à le croire, et qui, par

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suite, appelle, de plus d'un point de vue, l'attention du théologien : à ce moment, la pensée occidentale, réduite encore à ses seules forces, se livre à un travail de réflexion et de codification duquel dépendra, en grande partie, la théologie du xiii® siècle. Plus tard, après l'entrée en scène de la métaphysique d'Aristote, c'est encore aux idées et aux formules du xii° siècle qu'il faut hahituellement revenir, pour saisir les termes des problèmes abordés par les grands docteurs de la théologie.

L'exposé de ces essais de systématisation s'entremêlera forcément, dans ces pages, de recherches critiques et littéraires; dans un domaine dont le défrichement méthodique est à peine commencé, celles-ci paraissent indispensables. Un certain nombre de remarques auront pour but de montrer la répercussion des faits d'ordre littéraire sur le développement de la dogmatique. Mais l'histoire proprement dite des idées, la plus intéressante assurément, surtout quand il s'agit d'idées rehgieuses, n'est pas encore directement abordée dans ce volume. Les études et les recherches qu'il contient pourront se prolonger quelque jour, dans de nouvelles séries de travaux consacrés aux questions doctrinales, aussi bien qu'aux problèmes littéraires, en attendant que les matériaux rassemblés et analysés permettent un essai de synthèse du mouvement théologique du XI f siècle.

Dans la complexité des questions débattues., l'auteur ne s'attend pas à rallier toutes les opinions à la sienne. Au moins a-t-il tenu à mettre sous les yeux du lecteur les témoignages sur lesquels il s'appuie. De là, la grande place faite aux notes : celles-ci en appellent régulièrement aux auteurs de l'époque; elles les font parler en témoins du moment et reproduisent comme un écho des mouvements

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