‹ Le mouvement théologique du XIIe siècleChapitre 96 sur 228 · Ms. du même fonds, lat. 17501, fol. 34'"', etc · texte numérisé non relu

Ms. du même fonds, lat. 17501, fol. 34'"', etc

8. Chapitre de Montpellier en 1265 -, voir Reichert [Jeta capitu- Lorum ^'cneralium^ t. I, p. 129, 1. 28-29 ? ^^"'^ les Monumenla nrdinis Praedicatorum, t. III, Rome' et Stuttgart, 1898-, Felder, Geschichte der mssenschafiliclien Studien ini Franziskanerorden, Fri bourg, 1904, p. 329-546.

prend place à côté du « Biblicus'^ », au point d'exciter l'indignation du maussade Roger Bacon-. Pour des siècles, il alimente désormais les leçons des Bachalarii à l'Université de Paris et aux autres centres ihéologiques de l'Occident.

Ce qui montre, entre autres, cette utilisation continuelle des Sentences, c'est qu'avant le milieu du xiv*^ siècle, le collège de la Sorbonne à Paris, en a reçu en cadeau cinquante exemplaires à l'usage de ses étudiants ^.

Vincent de Beauvais et ses copistes ne manquent pas de le relateret, longtemps avanteux, l'anonyme de Laon etAlbéric des Trois- Fontaines avaient fait déjà constater cette vogue*. Le nombre de ces commentaires, dont la grande partie est inédite, atteint plusieurs centaines ; on peut en juger par les chiffres que donnent deux bibliographies des siècles passés. Rien que pour l'Angleterre, Pits en compte au moins cent soixante-trois^, et Quétifet Echard, les plus exacts et les plus consciencieux des bibliographes anciens, au dire d'Hauréau, donnent les noms de deux cent cinquante dominicains'^ qui ont commenté les Sentences. Ces listes sont loin d'être complètes; les dépôts de manuscrits permettraient de les grossir considérablement. Thomistes, Scotistes, Occamistes, Augustiniens, tous les docteurs commentent, chacun

1. Denifle, Quel livre servait de hase à l'enseignement des maîtres en théologie? dans ia. Revue Thomiste^ t. II, 1894, p. i5t.

2. Plainte exprimée dans VOpus minus^ édit. cite'e, dans les Rer. Brit. Script. j t. XV, p. 8285 ou dans Denifi-e-Chatelan, Chartularium, t. I, n. 419, p. 473-474 5 Felder, op. cit., p. 534.

3. Delisi:e, Cabinet des manuscrits^ Paris, 1881, t. III, p. 23-25, liste de i338.

4. « Qui librum Sententiarum et glossas psalterii et epistolarum Pauli, que omnia nunc in scholis publiée leguntur, et multis catholicorum patrum dictis utiliter compilavit et ordinavit » [Memoriale omnium temporum; MGH. SS. t. XXIV p. i58; extrait du Spcculuin hisiorlale^ XXXIX, 1); Jacques de Voragine (MGH, ibid., p. 171); voir aussi, ibid.^ p. 219; Chronicon universale anonjmi Laundunensis^ a. ii63,e'dit.CARTELLiERi,Paris et Leipzig, 1909, p. 7 ; Albéric, Cronicaa. II 56 : « Qui tria fecit opuscula egregia, videlicet librum Senten tiarum, quod est opus excellentissimum... » (MGH. SS. t. XXIII, p. 843).

5. De illus tribus angliae Scripioiibus (t. I, le seul paru, des Relationes historicae de rébus anglicis)^ Paris, 16 19, p. 947-952.

6. Scriptores Ordinis Praedicatorum, Paris, 1721, t. II, p.gSi-gSa.

à sa façon, le livre du Lombard. Au xve siècle, l'ouvrage de Capreolus, entrepris apro tutela S. T/iomae », suit l'ordre des matières du livre des Sentences^ pour défendre contre ses adversaires l'auteur de la Somme thèologiqiie ^ . [1 faut attendre la fin du xv^ siècle, avant d'assister à une substitution de saint Thomas au Maître des Sentences. En dehors des centres dominicains, il est commenté par les docteurs de l'ordre, aux universités de Fribourg, de Rostock, etc. C'est à Pavie, puis à Rome en iSoj, que s'achève le premier commentaire de la première partie de la Somme de saint Thomas : ilestdû au cardinal Cajetan, Thomas de Vio, appelé par LudovicSforza, en i497> ^c Padoueà Pavie, pour y enseigner saint Thomas-^. Ce premier volume parut à Venise en iSoS^; Cologne, avec le Dominicain Kollin, fournit en i5i2 \2l Prima seciindae^. Et comme si tous les pays de l'Occident voulaient contribuer à l'entrée en scène définitive du Docteur Angélique, c'est en France, à l'instigation de Jean Major, natif de la Grande-Bretagne, et jadis nominaliste, que le bruxellois Crockaert fournit le premier commentaire de la Secunda secundae ; son élève, l'espagnol François Victoria, sera chargé de l'imprimer en 1 5 1 2 , à Paris ^. Cela n'arrête pas les éditions du Liber Sententiarum; le xv® siècle en connaît au moins dix-neuf parmi les incunahula de la typographie ^, et une liste bibliographique, incomplète, due à VHistoire litté" roire, cite pour le siècle suivant quatre éditions ou réim-

1. Defensiones theologiae divi Tliomae Aquinatis (édit. Paban etPÈ- GUEs, 7 vol., Tours, 1900- 1908).

2. Mandonnet, article Cajetan (Thomas de Vio), dans le Dictionnaire de théologie catholique, t. II, p. i3i4, 1827, etc.

3. Commentarii in primam partent Summae iheologicae S. Thomaede Aqiiino^ Venise, i5o8.

4. Scholastica commentaria, subtilissima... in primam secundae angeliciS. Thoniae Aquinatis, Cologne [Qiientel)^ i5i2.

5. Secundam secundae S. Thomae a F. Petro Crockaert de Bruxellis recensitam ac illustratani typis edi curavit..., Paris (Chevallon), i5i2. Surtout ceci, voir F'.hrle, Die pàpstliche Encyclika vom i Aiigust 1879 und die Restauration der christlichen Philosophie, dans les Stimmen aus Maria-Laach^ t. XVIII, 1880, p. 889-390.

6. Hain, Repertoriumbibliographicum,w, ioi83-i0200, etW. A.CopuïGER, Supplément to Hain' s Repertorium bibliographicum, Londres, 1898, part. II, n. 3635.

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pressions à Venise, quatre à Baie, huit à Louvain, quatre à Cologne, trente et une à Paris, six à Lyon, etc.; c'était beaucoup « faire gémir les presses », comme disent les Bénédictins^. Quelques commentaires du Magister Sententiarum continueront encore à se produire, comme ceux de Dominique Soto en iDo^, plus tard ceux d'Estiusen i6i5, ceux de Mastrius en t655, ou d'autres Scotistes au xviii^ siècle^.

L'ouvrage du célèbre Ripalda (-J- 1648), le seul jésuite peutêtre qui eût écrit sur les Sentences y eut plusieurs éditions; la préface nous dit la vogue du Magister encore à ce moment; les examens pour les bénéfices ecclésiastiques comportaient le développement d'une des distinctiones de l'ouvrage et c'est à la demande des étudiants de Salamanque que Ripalda composa son livre 3.

Toutefois dès lors, le règne de saint Thomas est définitif; les grands docteurs Dominicains, les Carmes, les Jésuites, les Sorbonnistes fournissent des commentaires dont quelques-uns font époque, et des souverains comme Philippe II fondent des chaires universitaires pour expliquer le Docteur Angélique *. Mais l'œuvre de Pierre Lombard n'en reste pas moins dans le passé théologique à la base des grandes constructions qui font la gloire delà dogmatique catholique. L'on ne s'étonne pas, en entrant avec Dante dans les séjours célestes^, de voir saint Thomas présenter avec fierté celui dont il avait si bien commenté la pensée : à côté de

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