‹ Le moyen äge et la renaissance, histoire et description des moeurs et usages, du commerce et de l'industrie, des sciences, des arts, des littératures et des beaux-arts en Europe. Direction littéraire de Paul Lacroix, direction artistiques de Ferdinand Séré. Dessins fac-similé (volume 3)Chapitre 26 sur 68 · CD — CT · texte numérisé non relu

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LE MOYEN-AGE ET LA RENAISSANCE. MANUSCRITS

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N* 37 fXy/'Siic/ej CHANTS ROYAUX. r^/*/'y 1*40 ^i/f'Jyff/^; Romand' OLIVIER de CASTILLE: Lettres (kfome,,i#*^;

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II, n'entre p;is dans noire i)Ian de remonter h loricine de Tart d'orner Ii33 les Manuscrits de Miniatures, ('et ail . aïKiiiel nous sommes re(le\al)les de quelques eliel's-d'œuvre de dessin et de peinture, est aussi aneien que l'idée de réunir en un corps, de matières et de formes variées, sous le nom de livre, des traditions verbales, des chroniques, des discours sur toute sorte de sujets. Nous nous Lornerons donc ;i duc (|ue, pendant toute la durée du Moyen Aij;e, il Cul dun u;-a^e plus ou moins lialiitiicl. cl à signaler ses principales phases de perl'ci lioimement ou de décadence, dans les diverses contiées de l'Kurope, et plus spécialement en France.

, On doit faire remarquer dahord qu'on possède encore d( s Miniatures

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Beaux-Aris. MINIATURES DES MANUSCRITS. Fol î

de nianiiscrils, qui apparlionnonl au Iroisiènie ou au qualriônio siècle de noire ère , c'esl-à-dire au ronuuenceuient luèuie du Mov(>n Age. Elles existent dans un livre, dès longtemps célèbre parmi les savants pour laulorité de son texte : c'est le Viigile, iu-'i° carré, de la Bibliothèque du Vatican , qui nous a conseivé un exemple de peintures de cette ancienneté et de ce mérite. Ces peintures, en grand nondjre , très-reconunandables par leur exécution, ont été publiées par lilluslre cardinal iMaj. à Rome. (PI. n° I.)

Mais la France peut revendiquer l'origine d"un autre manuscrit latin, également orné de peintures et non moins célèbre que le précédent . quoique moins ancien d'un siècle environ. Son texte contient aussi les œuvres du poète de Manloue. Longtemps avant que ce précieux volume ne traversât les Alpes pour être offert en hommage au chef de la chrétienté, il était un des plus beaux ornements de la bibliothècpie de l'abbaye Saint- Denis en France. Ses peintures , connue celles ilu Virgile du quatrième siècle, sont évidennuent des copies de plus anciens modèles: telle est, du moins, l'opinion des maîtres de la science, opinion confirmée par l'exécution des dessins, par la forme des temples, des édifices, des vaisseaux bii-èmes, des bonnets phrygiens et autres costumes ou objets d'un usage vulgaire, qui V sont représentés. Nous avons reproduit une miniature tirée de ce Manuscrit ([)lanche u° 1 bis). Ainsi donc, ces deux Virgile peuvent lieux seuls constater l'état de la peinture dans les manuscrits, dès l'origine du Moyen Age.

Il serait diflicile d'indiquer des livres h Miniatures du sixième ou du septième siècle, dont l'exécution pût être attribuée à des artistes français : tout au plus, pourrait-on signaler des lettres majuscules, ornées de quel (jues traits de plume, d;ms un précieux mamiscrit sur papyrus conteuani les œuvres de saint Augustin (sixième siècle), et dans d'autres sur vélin, coinuie le Giégoire de Tours et le saint Prosper du septième siècle ; mais ce sont plutôt des enjolivements calligraphi(|ucs. (Voyez l'article Manuscrits, Exemples n" 15, 16, 17.)

Au huitième siècle , au contraire, les ornements se mulliplienl déjà, et quelques peintures assez élégantes peuvent être indupiées. Si leur exécution est remarquable et le dessin correct, on peut naturclleuienl en conclure (pie l'artiste était contemporain de Charlemagne. C'est h ce règne, en effet, (|u'il faut rapporter une renaissance momentanée dans les arts en France, comme aussi la réforme de l'écritui'e latine qui était devenue illisible : à la fin du huiliè-me siècle et au conunencement du neuvième, la peinture et l'écriture cherchèrent de nouveau à se régler sur les beaux nuxli'les de l'antiquité. (Voyez la Itordure de cette page, tirée d'un Evangéliaire du huitième siècle, appartenant à la Bibliothèque de Vienne.)

Ainsi, le manuscrit de la Biblioihèque Nationale, S. L. 626, constate la

Miniatures des Manuscrits. PI. I.

Rivaud et Racinet. del. A. Bisson et Coltird. exo.

m ou IV' siècle. — Miniature extraite du VIRGILE da la Bibliothèque Valiosne, 4 Rome.

F. SERE, OIREXlT

LE MOVEN AliE ET LA RENAISSANCE

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Hivaud del.

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vm. Ad IX' SIKCLES. - AVANT (IIAKLEMAGNR. Majuscules pointes, l,r(?is des ms<. s. |. r,2il, \ F. 281 SljO. S706 el Î769.

F. SERE OIREXIT.

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IL MOYEN-AGE ET LA RENAISSANCE

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Miniatures des Manuscrits. PI. Ul b".

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LE MOYCN-AGC FT lA RENAISSANt:E.

INIATUREIS.PL.IV

KelIcrKovenlitK

IX ' Sitdc DAVID jouant de la harpe .Minialiirc de la Bihli Ira^nicnts lires de divers ' ss de la mm

ET LÀ RENÂISSÂNCi:.

■cadence de l'art du dessin et celle de la peinture avant Charleniatjne ; il en est de même des volumes numérotés A. V. 2S1, 2110, 2700 et 2709. On ne

peut imaginer des ornements plus lourds, plus disgracieux, ni un dessin plus incorrect. (PI. n" II.) Il était donc bien temps que la salutaire influence exercée jiar l'illustre monarque se manifeslàt dans les arts connue dans les lettres. Le premier manuscrit qui p:iraît constater ce progrès, serait le Sacramenlaire de Cellone (S. G. n" 103), dont les peintures allégoriques, pleines dinlérèt, sont dignes dune étude spéciale pour les amateurs de la synd)olique clii'élienne : notre planclielll reproduit diverses peinlures tirées de ce Sacramenlaire. In magnifique Évangéliaire, orné de peintures, que la tradition dit avoir appartenu à Charlemagne. serait un nouveau et plus positif léinoiguage delà lenaissancedes arts du dessin : ce volume est aujourd luii conservé à la hibliollicquedu Louvre. (IM. m bis.) Puis, viendraient, pour le neuvième siècle, dans l'ordre des temps et (lu mérite d'exécution : r l'Évangc'liaire, donné par Louis le Débonnaiie à l'abbaye Saint-Médard deSoissons (S. L. 080), dans lequel on remarque des tètes d'un très-beau type, des ornements d une grande finesse, et le style byzantin dans toute sa pureté (nous en avons tiré les bordures n°' 5 et 01; 2° l'Lvangéliaire de l'euipcreur Lolliaiie (.\. F. n° 200\ dont l'élégante ornementaliou l'emporte sur la correction des |)einturcs représentant les évangélisles : néanmoins, le portrait de l'empereur est très-iinement exécuté; 3' un autre Evangéliaire de la même époque (S. L. n" 089) : les peintures sont d'un coloris moins beau et l'exécution générale est moins soignée que celle du volume^ précédent, mais on doit y remarquer la l'orme des si('ges sur lesquels sont assis les ('-vangélistes, et le genre de boîte dans la<pu'lle des livres soiil eul'ermés; 4" la bible de Metz (A. F. n° 1) : on y trouve des peintures de la ]ilus grande dimension connue pour cette époque ; ces tableaux se font remar(|uei' encore par des personnages beureusement groupés et pai' la beauté des draperies, mais on doit avouer que le biillanl des couleurs l'emporte sui' la correction du dessin; les personnages nus laissent beaucoup ii (b'sirer; le lyi)e des tètes est ])eu varié : ce n'est pourtant pas le même artiste qui a exécuté toutes ces [)eintures. et il est facile (le leconiiaitre, dans le nond^re, une main moins liabileque celle qui a jteint les principaux sujets. Une de ces Miniatures excite un iiU('ièt loiil sp('( ial : c'est David au milieu des six pidpbèles; ce roi des Juifs, représenté nue harpe à la main, n est autre (|u'un Apollon anli(pie. autour (bi(piel se trouvent [icrsonnifies la Prudence, le (Courage, la .lustice. etc. voyez notre |ilan(lie IV l't la boidurc n" 3). On reniai (piera. de plus, dans ces peintin'es. la l'orme des ('dilices. des bai(pies. des si(''ges, etc. I.i' poitiiiil de rein|ieiiiir Lolliaire recevant llioumiage de cette Bible, est une grande et belle conqtosition (pii termine glorieusement le volume; .^"' enfin deux Hibles (n" 2 et 3, A. F.), cl im Livre le Prières 'n° 11.'>2\ qui ont ;qi|)arteini à ("Jiailes le Chauve. Les deux

Si =

i LE MOYEN AGE

r)il)Ies se recommandenl par la riche ornemcnlalion des lettres capilales. <lii genre dit Caroline-Saxonne, et le Livre de Prières , par un l)eau portrait du roi Charles le Chauve , et [)ar quelques autres peintures et lettres ornées : l'exécution de ce dernier volume est bien moins satisfaisante que celle des Bibles et de lÉvangéliaire de Lothaire; les draperies y sont, en effet, moins habilement disposées; du reste, ces peintures sont aujourd'hui un jieu altérées. Après ces manuscrits hors ligne pour la beauté de leurs sujets peints, on peut cependant encore citer deux livres très-remarquables par la finesse et la facilité de leurs dessins au trait, la pose et les draperies des pcisonnages, rappelant entièrement celles des statues antiques: ce sont unTérence. conservé à la Bibliothèque Nationale, sous le IV "899 (Voyez l'article Théâtre, Planche I), et un Lectionnaire de la cathédrale de Melz, duquel nous avons tiré la bordure de cette page.

Pour r Allemagne, l'état de l'art du miniaturiste au neuvième siècle est constaté par les sujets peints dans In Paraphrase des Evangiles, en langue Ihéotisque, de la Bil)liothèque Impériale de Vienne, et il est facile de juger ^'V^^ qu'en cette partie de l'Europe, cet art était resté dans l'enfance, ou bien qu'il avait dès lors dégénéré sous tous les rapports. (PI. n" V.) Il-en fut à peu près ainsi de l'art anglo-saxon à la même époque; cependant quatre sujets au trait, bien finement exécutés dans le Pontifical n" 9i.3 de la Bibliothèque Nationale, sont là comme une heureuse et rare exception.

Mais si l'on veut se rendre compte des traditions réelles de l'art antique en Europe au neuvième siècle, il faut étudier les manuscrits de la Grèce chrétienne. Il en existe quelques-uns de premier ordre, à la Bibliothèque Nationale. Nous citerons, avant tous les autres, les Commentaires de Grégoire de Nazianze (Gr. n° 510). format grand in-folio, orné d'un nombre prodigieux de peintures. (Pl.n'VI.) C'est l'art antique avec tous ses moyens a]i|)liqu('s à la représentation des sujets chrétiens. Les tèles des personnages sont dune admirable expression et du type le plus beau. Les tons de ces Miniatures sont chauds et bien veloutés, l'entente des draperies est parlaite. De riches costumes d'empereur et d'impératrice, de grand-prêtre, de chevalier grec chrétien, de simples soldats ou d'hommes du peuple, en fout un très-utile et très-intéressant sujet d'étude. On y voit aussi repri'senlés, des vaisseaux, des maisons, des palais, des trônes, des lits. des vases , des candélabres , des autels , et tous les ornements, passés de yl l'usage de la société pa'ienne aux chrétiens du Bas-Empire. Malheureusement , ces peintures sont exécutées sur un vélin préalablement enduit "1 d'une pâle mince très-friable, et celte pâle ayant éclaté, les couleurs i ont été enlevées dans un grand nond)re de tableaux. On a donc aui jourd'lmi à regretter la dégradation et l'état déplorable d'un des plus

Miniatures, PI. V.

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