‹ Le moyen de parvenir [microforme]Chapitre 5 sur 6 · TS D · texte numérisé non relu

TS D

La première histoire concerne Aristide B cicault, le fondateur et l'unique propriétair( ces vastes magasins connus dans le mo entier sous le nom de “ Bon Marché”. :

Aristide Boucicault avait reçu une ho instruction primaire, qu'il avait comp} durant ses heures de loisir par l'étude des naissances indispensa comptabilité, etc. A quinze ans il entra un petit magasin de me commis, etil ne tarda pas à par #on intelligence, son exactitude, son our le commerce et fa parfaite urbanité.

que les jeunes gens de son âge végétaient leg magasins avec des gages dérisoires, $ trons l’employaient tantôt pour aller ache fabrique, tantôt comme vendeur voyage quelques années il eut acquis à fond tou connaissances de son métier, et en même il avait économisé quelques milliers de Avec ce double capital, il g'agsocia à

@he homme de son âge et à vingt ans ces x travailleurs ouvrirent à leur compte un deste magasin, place des Victoires, à Paris. La petite maison prosréra. Les deux asso- 6m étaient également honnêtes, également traleurs, également instruits dans leur état, tout leur promettait un bel avenir, lorslüne catastrophe imprévue et impossible à févoir vint brusquement jeter le désarroi dans 18 affaires.

C'était la faillite qui se dressait devant eux

LSäns doute ils auraient pu obtenir du temps “dés facilités en demandant le bénéfice du méordat, attendu que la catastrophe ne leur

dé) pas imputable et qu’ils en avaient été les

iübentes victimes ; mais cela répugnait à

activité, à leur droiture. Ils liquidèrent,

idirent leur mobilier, leur montre, tout ce avait une valeur marchande, et payèrent dau dernier sou. Puis ils se séparèrent,

Mains vides, mais le cœur content. Ils

t fait leur devoir et leur courage, leur

flänce en eux n'avaient rien perdu de la

@milité première.

métide Boucicault allait avoir vingt-deux

0 de temps après cet accident il se pré- #dans la plus importante maison de noués de Paris. C'était, à cette énoque, le &é St-Thomas ”, dirigé par M. Manoury, avait pour clientèle la noblesse du fau- ÆSt-Ger main.

Me. gd

Lo =

__ Monsieur, dit Aristide Boucicault en aboë dant M. Manoury, j'ai appris que vous che chiez un employé expérimen |

T1 y avait de quoi, en effet. Le jeune Bou cault, nous l'avons dit, n'avait pas vingt-del ans et n’en paraissait guère que vingt. L’emps qu’il gollicitait était celui d'un homme d’i mûr, rompu aux affaires et appelé à suppl le maître de l'établissement. oir un adok cent, un inconnu 8e présenter pour obtenir emploi, sans Un mot de recommandaii même, cela était, on en conviendra, de nat!

à étonner le chef de la maison. |

Mais, jeune homme, dit alors M. Man!

ry, vous ne gavez donc pas quelle place vl demandez ? |

__ gi fait, monsieur, c'est justement Pi que je !e gaig que je me guis hâté. Vous :

besoin d'un gecond vous-MÊme, d’un ad) qui fasse les achats, établisse les prix de rev et les prix de vente, qui gurveille la Con bilité et la correspondance, vous voule homme, enfin, qui soit votre doublure et

offrez à cet homme un traitement e 2

francs par an. Je le sais, et je viens

frir.

M. Manoury suffoquait.

— Mais enfin, monsieur, dit-il avec ut d'humeur, outre que je ne vous connai lement, j'ai besoin d’un homme et non

enfant.

Par

= C’est parfait, monsieur, reprit Boucicault c le plus grand calme, vous avez raison ju’ici, mais veuillez m'écouter cinq minutes ant.

: Eh bien, je vous écoute, fit M. Manoury, osé à en finir au plutôt.

: Vous ne me connaissez pas actuellement, s avant la fin de la journée, si vous le vouien, vous me connaîtrez à fond. Je connais Métier dans ses plus minutieux détails, je WiS actif, honnête, travailleur, ambitieux, et é à parvenir par tous les moyens honorasans me laisser rebuter par l'adversité, jours prêt à recommencer. En attendant évous ayez vérifié mon affirmation, vous jUvez tenir ceci pour acquis. Votre second Best beaucoup moins sérieux. Vous me rehez ma jeunesse... hélas! c’est un défaut je me corrige tous les jours. En somme, Ju voulez un homme de confiance, et vous I@fChez cet homme. Eh bien, sans sotte mofe je viens et je vous dis: me voilà. Pourme refuseriez-vous la chance de parvenir bn vous privant de mes loyaux services ?

Jétais en concurrence avec un homme connu jus, je comprendrais que moi, inconnu, je se céder le pas. Maïs vous cherchez un Hiénant, examinez au moins si je puis en Hplir l'office, et, après examen prononcez- 18, mais pas avant.

+ Manoury rêvait.

“Tenez, monsieur, reprit Boucicault, pre- "os informations et essayez-moi. Pendant

gix mois je vous gervirai avec le petit trai ment de 200 francs par mois, car je n’ai pas gou vaillant. Au bout de ce temps vous au!

pu vous rendre compte si je puis occuper!

poste important que je sollicite et, alors, &il puis vous satisfaire vous m'en donnere” ï avantages après men avoir imposé les charfl Moi ou un autre inconnu, qu'est-ce que (| peut vous faire ?

__ Vous avez raison, après tout, fit M.

noury. Vous me plaisez avec votre aRsUTraIl Je vais me renseigner sur votre compte, et les renseignements que j'obtiendrai confirm ceux que vous me faites pressentir, je u promets de vous réserver l'emploi... |

Quelques jours après, Aristide Boucica entrait au ‘ Petit St-Thomas » en qualité de recteur et M. Munoury ne Ces£a de se félic de l'avoir attaché à sa maison. |

Au bout de douze ans, Aristide Boucica qui n'avait prélevé sur s0n traitement qu gomme nécessaire à a subsistance, s’établi coin de la rue de Sèvres et de la rue du Dès le début, ce petit magasin n'était des que par une Aemi-douzaine de commis.

à petit, la nouvelle maison, qui portait | enseigne ‘ Au Bon Marché”, empiéta &l voisinage, louant les boutiques voisines à sure qu'elles étaient libres, et en peu de t le “ Bon Marché” fut connu de tout E Bref, depuis vingt ans, le ‘* Bon Marché une des plus puissantes et des plus r maisons du monde, et nous në croyon

y ait un seul de nos lecteurs et surtout de trices qui ignorent son existence.

fais nous n'avons pas besoin d'aller cher- #üos exemples au-delà des mers. Jetons ax autour de nous, et nous trouverons Immes de mérite qui, dans toutes les es de l’industrie humaine, ont conquis mières places grâce à leur énergie, à leur te, à leur science de la vie et à leur

Ds, au hasard, des noms connus de tous Megteurs :

iddison, le grand Edison, l’homme merveille PQui la postérité n’aura jamais assez d’ai- Ætransformer en statues ni assez de puisg vocale pour jeter aux générations sa reconnaïssante; Edison est sorti des profondes du peuple. Ila commencé | métier de gagne-petit, vendant des ix sur les trains de chemins de fer. Le 1 jour péniblement gagné, il dérobait à quelques heures de repos qu’il consa-

8 à étude. Ce génie embryonnaire entree telëWavenir ; il sentait que le XIXe siècle t PAfipas complet avec la vapeur et le téléhé ’Méélectrique ; il avait la notion qu’il man- 8 1i4B anneau à la chaîne que forme incesons feat l’activité humaine, et que l'absence

de ce chaînon limiterait aux découvertes quises les nobles ambitions de l’homme a que ses besoins. Visionnaire raisonnable raisonnant, il s'imposa la tâche de doter l manité des merveilleux outils qu’elle pos aujourd'hui, et c'est à l'électricité, cette p sance formidable, alors presque inconnu incoercible, qu'il arracha des bienfaits dont peut presque dire que nous sommes AaCCal Que l’on scrute la vie de cet homme del on ne trouvera que labeur, étude, persévé ce, esprit de suite et opiniâtreté. La fort la considération universelle et la gloire et impérissable ont couronné la carrière d son, et la reconnaissance des hommes | assuré, de son vivant, limmortalité.

Prenons maintenant parmi les Canadie Qui ne connaît, dans toute l’Amériqu Nord, M. Zéphirin Paquet, de Québec ?

M. Z. Paquet est à la tête d'un magas nouveautés de premier ordre et d’une fo considérable. Fa façon d'opérer, l’ord règne dans sa maison, l’'urbanité de ses 1 de commis des deux sexes sont réputés comme le plus parfait modèle d’une ad tration idéale. Cette position éminente Paquet l’a conquise par des efforts soute il ne la doit qu’à sa persévérance, à -son ordre, à sa sagacité. Tout jeune, cet énergique était voué à la pauvreté sin misère. Au lieu de gémir inutilement gort qui l'avait fait naître dans une cha

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éhta de s'élever dans l'échelle sociale, ne re- @fant qu'aux moyens réguliers et honnêtes | parvenir à son but. Le succès récompen- 8 efforts. Petit à petit, lentement mais sû- Bnt, par son travail acharné il recueillit le de ses efforts, et, après avoir, comme Edidemandé sa eubsistance à un négoce des {m8 humbles, il est parvenu à la fortune tout @rçant l'estime et l'admiration de ses conmens. Bacore un qui a mis en pratique les vertus 18 ous avons signalées comme élément inasable du succès.

ons à présent à Montréal. Ici, nous Bons allonger une liste compacte de noms

Hädiens-français. Nous nous bornerons à . UE: MM. Trefflé Berthiaume et J. M. Fortier. premier n’était, au début de sa carrière, simple ouvrier typographe. Il est vrai tait un ouvrier modèle, tant par ses qua- Hprofessionnelles que par sa conduite, son MB d'ordre et sa noble ambition de parvenir.

feMlait monter dans une sphère supérieure, ment, à sa primitive origine et surtout y ises enfants. Grâce à ses qualités solides, Ptravail, à sa volonté, à sa probité inaltéil a réussi au-delà même de ce qu'il amait. M. Trefflé Berthiaume est aujour- Mine puissance. Propriétaire de La Presse, nal canadien-français le plus répandu et MB écouté du Dominion, il use avec sa-

ft modération de son formidable pouvoir

et jouit en paix de la légitime fortune qu’il do à son intelligence et à ga persévérance. Il aujourd’hui conseiller législatif et peut ai mettre au service de la classe ouvrière, à | quelle il se fait gloire d'appartenir, la dou Sifluence de son journal et de sa position lé lative. |

Quant à M. J. M. Fortier, tout le mondes ue c’est également grâce à son travail et ࣠qualités solides et sérieuses qu'il doit sa haï gituation commerciale. T1 est un frappi exemple de ce que peuvent la volonté, la ?

gévérance et la patience mises au service di louable ambition.

Et si nous quittons le domaine industriel commercial pour examiner le domaine pol que, que d'hommes sortis des rangs ne îr vons-nous pas à la tête de la brillante pléi qui conduit notre payé vers des destinées tantes.

Prenons sir Wilfrid Laurier, le premier nistre du Canada, l’orateur parfait, le pen complet, le chef respecté, le diplomate plei tact et de finesse qui a fait l'admiration, dernier, des deux plus puissantes nation ropéennes : l'Angleterre et la France.

Gir Wilfrid Laurier, lui aussi, est 807 peuple. Lui aussi ne doit son élévation travail, qu’à la volonté, qu'à la persévér qu’à la loyauté. Alors que Se contemp ge ruaient à la curée des places ou s’effor de déchiqueter les lambeaux du mantea la fortune laisse traîner BUT les chemin

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